‹ La vie de n. s. Jésus-ChristChapitre 50 sur 141 · Et son maître, irrité, le livra aux · texte numérisé non relu

Et son maître, irrité, le livra aux

^ f iZ, Par cette parole Jésus-Christ nous fait comprendre que nous ne devofis jamais désespérer, quelles que soient nos obligations envers la justice divine.

^ f 14. Moins décent francs.

* y 15. 11 se sert des mêmes paroles qui ont suffi pour fléchir Thomme puissant, auquel il était dû plus de quaranle-six millions.

us LÀ VIE DE N. S. JÉSUS-CHEIST. CH. lt*

qooadu<qQ6 redderet exécuteuFS, jusQu'à 06 Qu'il pavât toute sa

dette.

Sic ei Pater mens g*. Aînsi VOUS traitcFa mon Père ce-

caele»lis faciel Tobis , si

qursqo7trri'*.«rd!; leste lui-même*, si chacun de vous ne par-

MTMirn. donne à son frère du fond de son cœur.

*f^i. IciJôsus-Cbrist nedit plus vo(r0 Père qui est dans les cieux : ceux qui refusent de pardonner ne sont plus dignes d'avoir Dieu pour Père. (Saimt Jeau-Cmbisost^b.)

1. Si Pun de vos frères vous a offensé j allez et reprenez-le en par^ ticulieTy entre vous et lui. — Ici le Fils de Dieu n^ordonne plus seulement à celai qui a péché contre son frère d'aller négocier sa réconciliation, fût-ce pendant le temps du saci*ifice; il veut que celui-li même qui a reçu Tinjure aille trouver celui qui la lui a faite ; il veut que, si Tauteur de Toffense manque & son devoir, Toffensé prenne Tinitiative, parle le premier, non d'une manière indifférente, mais avec un désir sincère de l'aider à réparer sa faute. Jésus-Christ ne dit pas^ Faites-lui de grands reproches, punissez4e^ vengez-vous vous-même; mais seulement : reprenez-le. Comme la colère Taveugle, ou que la confusion de sa faute est pour lui comme une ivresse qui le retient dans un assoupissement mortel, vous qui êles sain, allez trouver ce malade, et par une remontrance douce et secrète^ facilitez-lui le moyen de se guérir, car c'est ce que Jésus-Christ demande par ce mot, reprenez-le, c'est-à-dire, représentez-lui sa faute, faites-lui comprendre ie mal quMI vous a fait. SMl ne vous écoute point, retournez-y avec un ou deux témoins, afin qu'U soit bien étabU que, de votre côté, yous avez fait ce que vous deviez faire, et que votre adversaire comprenne qu'en refusant de se rendre, son opiniâtreté se trouve sans excuse. S'il persiste encore, averUssez-en ceux qui président dans TÉglise, non pour appeler sur lui des châtiments, mais pour que de plus puissants que vous s'appliquent à rétablir entre vous etlui l'harmonie de la charité fraternelle. Ce mot), reprenez-le ^ est donc principalement dans riptérêl de celui qui a péché. Après que la colère Ta porté à faire ou à dire des choses impertinentes et déraisonnables, Jésus-Christ veut qu'on les lui rappelle : comme ou raconte à ceux qui se sont enivrés les extravagances et les folies que les vapeurs du vin leur ont fait dire. (Saint Jean-Cbrtsostôue.)

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3. iS'j7 f/éctmte point V Eglise, quHl soit peur vous comme un païen et fm publicain, — Poarqnoi nous renvoyer à TÉglise? Dreu ne pouvaftil pas nous éclairer par lui-même el rendre son Écriture si pleine e* si daire^ qu'il n'y restât aucun doatet Superbe raisonneur! N'entendez-Tous pas qœ Dieu a voola faire des humbles? Votre maladie, c'est Torguell; votre remède sera Thumiliié. Votre orgueil vous révolte contre Dieu^ rhamilité doit être votre véritable sacrifice. Et pourquoi a-t-îl répdodu dans son Écriture ces ténèbres mystérieuses, sinoo pour vous renvoyer à Tautorité de TÉglise, où l'esprit de la tradition, qui est celui du Saint-Esprit; décide tout? fgnorea-vous^ vous qui vous pliaignez de l'obscurité des Écritures, que sa trop grande lumière vous éblouirait plus que ses ténèbres ne vous confondent ? N'avez-vous pas vu ks.tei(s demauder à Jésus qu'il s'expliquât ? et Jésus» quand il Fa voulu^ nes^est-il pas expliqué de sorte qu'il n'y avait plus d'ambiguitc dans ses discours? Qu'en est-il arrivé ? les Juifs en ont-ils été moins incrédules? Point du tout : la lumière même les a éblouis ; plus elle a été manifeste, plus ils se sont révoltés contre elle ; et^ si on le veut entendre, la lumière a été plus obscure et plus ténébreuse pour leurs yeux malades que les ténèbres mêmes. Enfin, et par-dessus toutes choses, vous avez besoin de croire que ceux qui croient doivent tout à Dieu; qu'ils sont, comme dit le Sauveur, enseignés de Dieu, qui leur parle intérieurement. Ne raisonnez donc plus : humiliez-vous.

(BOSSCET.)

3. S*il ri" écoute point f Église, qu'il soit pour vous comme un païen et un publicain. — L'Église, cette cité mystique de Dieu, a des portes ou* vertes sur tous les côtés pour marquer qu'elle appelle tous les peuples. Pour elle, il n'y a ni Grecs, ni Barbares, ni Juifs, ni Gentils ; elle admet le Scythe et le Romain, le Perse et le Macédonien, ceux qui accourent de rorientetde l'occident, des bords du septentrion et des champs du midi. Le saint ministère de l'enseignement et de la doctrine, l'empire et le sacerdoce universels lui appartiennent. Elle a pour citoyens des rois et des empereurs; ses héros sont les martyrs et les saints; son invincible milice se compose de ces hommes forts qui ont terrassé en eux tous les appétits de la chair, et leurs folles concupiscences. Dieu préside invisiblement à ses austères assemblées et à ses Ircs-sainfs conciles. Lorsque ses ponlifes parlent à la terre, leur parole infaillible a déjà été écrite dans le ciel par Dieu lui-même. Cette Église, établie dans le monde sans fondements humains, après avoir tiré ce monde d'un abîme de corruption, Ta tiré.de la nuit de la barbarie. Toujours elle a combattu les combats du Seigneur, et, maltraitée

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dans tous, de lous, elle est sortie victorieuse. Les hérétiques nient sa doctrine; elle triomphe des hérésies ; toutes les passions humaines se révoltent contre son empire ; elle triomphe de toutes les passions humaines; le paganisme livre contre elle son dernier combat, le paganisme succombe à ses pieds ; rois et empereurs la persécutent, la férocité de leurs bourreaux est vaincue parla constance de ses martyrs. Elle ne combat que pour sa sainte liberté, et le monde lui donne Tempire. (Donoso Cortès.)

3. SU n'écoute point F Église, qu'il soit pour vous comme un païen et un ptf6/tcatfi. — Mais combien de sociétés prennent le litre d'Église? — Pouvez-vous vous y tromper? ne voyez-vous pas que celle qui a toujours été, celle qui demeure toujours sur sa base, celle que Ton ne saurait accuser de s'être séparée d'un autre corps, et dont les autres corps se sont séparés, portant sur leur front le caractère de leur nouveauté; ne voyez-vous pas encore un coup que c^'st elle seule qui est l'Église? Soutenez-vous donc. Vous ne pouvez ? j'en vois la cause • vous voulez juger par vous-même ; vous voulez faire votre règle de votre jugement; vous voulez être plus savant et plus éclairé que les autres; vous vous croyez ravili en suivant le chemin battu, les voies communes; vous voulez être auteur, inventeur, vous élever au-dessus des autres par la singularité de vos sentiments; en un mot, vous voulez ou vous faire un nom parmi les hommes, ou vous admirer vousmême en secret comme un homme extraordinaire. Aveugle, conducteur d'aveugles, en quel abune vous allez vous précipiter, avec tous ceux qui vous suivront! Si vous étiez tout à fait aveugle, vous trouveriez quelque excuse dans votre ignorance. Hais vous dites. Nous voyons, nous entendons tout, elle secret de l'Écriture nous est révélé : votre péché demeure en vous. (Bosslkt.)

i. Je vous le dis en vérité^ tout ce que vous lierez sur la terre sera lié aussi dans le ciel; et tout ce que vous délierez sur la terre sera aussi délié dans le ciel. — Comme nous l'avons déjà dit, ces paroles lier et délier, placées en opposition dans le sens flguré, signiflent, avant tout, défendre et permettre, commander avec le droit d'être obéi, faire des lois qui obligent en conscience. Elles signiflent aussi, sans doute, remettre les péchés ou les retenir, ce que les docteurs de TEglise appellent lier ou délier les consciences. Hais Jésus-Cbrist, ayant fait de cette puissance qui s'exerce dans le secret, comme un article séparé, en instituant le sacrement de pénitence, nous donne lui-

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même à comprendre quMl s'agit ici plus spécialement du pouvoir de juridiction dans son Eglise. Or le chef des apôtres avait déjà reçu cette puissance en même temps que les clefs du royaume des cieux. Ce n'est donc pas à lui que s'adresse ici la parole du Sauveur. Et quand le Fils de Dieu parle ainsi aux autres apôtres^ prétend-il les égaler à leur ctiefî II serait ahcr.rdc de le croire. Il leur déclare seulement que le pouvoir de juridiction passera de son vicaire dans euxmêmes^ dans la mesure dont ils auront besoin pour leur apostolat. Pierre et ses successeurs légitimes sur le siège de Rome^ auront donc pour eux-mêmes, avant tout , et aussi grande que peuvent l'exiger les intérêts généraux et particuliers de l'Eglise^ la puissance de lier et de délier; d'écarter, de renverser^ de briser même, les obstacles qui s'opposeraient à la gloire de Dieu, au maintien ou à la propagation de l'Eglise, et au salut des fidèles; en outre, ce sont eux qui communiqueront, dans la mesure nécessaire, cette puissance à ceux qui veillent avec eux à la garde du troupeau de Jésus-Christ, soit pris séparément, soit réunis en concile. Ils la leur communiqueront, pour ainsi dire, habituellement, par le fait de leur union avec eux, comme l'arbre com« munique de sa sève aux branches qui lui sont attachées; de sorte que le seul fait de la séparation d'avec le chef de l'Eglise tarit à l'instant même cette puissance dans celui qui la possédait, et la rend impossible dans le schisme et dans l'hérésie. Le vicaire de Jésus-Christ peut donc dire aux anges de toutes les églises, dans un sens plus restreint sans doute, mais néanmoins très-réel, ce que Jésus-Christ lui-même disait à ses apôtres : a Je suis la vigne; vous êtes les sarments; unis à moi, vous porterez beaucoup de fruit; mais, sans moi, vous ne pouvez rien faire, i» (B.)

6. Partout où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis avec eux et au milieu (Teux.^iésns-Chnst se sert maintenant d'un autre moyen pour étoufTer toute querelle et toute inimitié entre les chrétiens. Il n'use plus de menaces pour les porter à la charité : il les y excite par la considération des avantages qui doivent résulter pour eux de leur union parfaite. Après avoir montré, d'un côté, les châtiments réservés aux esprits opiniâtres, il fait entrevoir de l'autre combien il sera magnifique dans ses récompenses envers ceux qui garderont fidèlement les préceptes de la charité : puisque, déjà sur la terre, ils obtiendront de lui tout ce qu'ils lui demanderont, et qu'il sera lui-même au milieu d'eux. Mais ces réunions si pures, si saintes et si avantageuses, où les trouver ? Quoi de plus rare parmi nous que ce beau

spectacle, dont autrefois les païens eux-mêmes étaient ravis? On se u. 10

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réunit encore, mais peut-on dire que ce soit au nom de Jésus-Christ? Ceux-ci aiment parce qu^on les aime ; ceux-là, parce qu'on les honore; les autres, parce qu^on leur est utile, ou pour des motifs semblables. Âh! ce n'est pas ainsi que Tapôtre saint Paul aimait ses amis; les voyant tous en Jésus-Christ, sa charité peureux tenait de Vamour ardent quMl avait pour Jésus-Christ lui-métne. Hais on ne s'aime plus de celte sorte; et je ne veux que vos cœurs pour témoins de ce que je dis. Presque toutes les amitiés ne sont établies que sur des intérêts d'un ordre inférieur. Or, Tamitié qui n'est fondée que sur des avantages humains et passagers, ne saurait être ni ardente, ni perpétuelle» Elle s'évanouit à la moindre occasion, au moindre oubli, à la moindre jalousie, parce qu'elle n'est pas fondée sur celui qui seul a la puissance de réunir les cœurs et de les resserrer à jamais dans les liens d'une charité toute divine. (Saint Jean-Chrysostôve.)

7. Seigneur, si mon frère vient à m* offenser, combien de fois faut-it que je lui pardonne ? esUce sept fois?--- En faisant à Jésus cette question, sain l Pierre entrevoyait sa pensée, mais il ne la découvrait pas tout entière. Vous me commandez, lui dit-il, de pardonner à celui qui m'aura offensé; mais vous ne me dites pas combien de fois je dois le faire. S'il m'offense tous les jours, est-ce tous les jours ou jusqu'à un certain terme que vous me commandez de le supporter? Vous avez mis de» bornes à la patience envers celui qui demeure opiniâtre et qui ne se repent pas; vous dites à son sujet qu'après avoir épuisé inutilement tous les moyens de le corriger, on doit le regarder comme un païen et un publicain; mais vous ne marquez rien de semblable pour celui qui reconnaît sa faute, et vous ne marquez pas combien de fois il faut user ainsi d'indulgence, a Est-ce sept fois? » Peut-être qu'en prononçant cette parole, Pierre s'est cru magnifique en générosité; écoutez la réponse du divin Maître : Je ne vous dis pas seulement jusqu'à sept fois, mais jusqu'à septante fois sept fois. C'est-à-dire un nombre indéfini, un nombre sans nombre. Jésus-Christ veut que nous pardonnions toujours au repentir, sans mettre jamais de bornes à notre douceur, ni à notre générosité. (Saint JEAN-CaRYSOSTÔMs.)

10. LorsquHl eut commencé, on lui en présenta un qui lui devait disr mille talents. — D'où vient cette énorme différence entre les deux sommes indiquées ici par Jésus Christ : entre dix mille talents et cent deniers? C'est que les offenses commises contre Dieu sont infiniment plus considérables, soit par leur gravité, soit même par leur nombre^ que celles que l'on commet à l'égard du prochain. Dans ce dernier

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cas, l'injure ne s^adresse qu*à une créature faible comme nous, et qui a comme nous ses imperfections, ses torts, ses misères ; tandis que, dans le premier, c'est la réYolte de la créature contre son Créateur, de celai qui a tout reçu contre celui qui lui a tout donné, d'un esclave des plus viles passions contre le Très-Haut^ le Tout-Puissant, le Souverain Maître du ciel et de la terre. Non-seulement on offense un Dieu si grand, mais encore on l'offense sous ses yeux, sans tenir compte de sa majesté redoutable. La présence d'un homme suffit pour arrêter un coupable, le couvrir de honte, le confondre; et Ton porte Timpudeur et Taudace jusqu'à tout faire et tout dire en présence de Dieu 1 Et qui sont ceux qui agissent ainsi ? Ce sont des hommes qu'il a comblés de ses bienfaits, enrichis de ses faveurs, et pour le salut desquels il a donné jusqu'à son Fils unique... Pensons continuellement à ces dix mille talents dont nous sommes redevables envers la justice divine; et puisque Jésus-Christ nous indique le moyen de nous acquitter de cette dette énorme, ne faisons plus difficulté de remettre à nos frères le peu qu'ils nous doivent. (Saint Jeam-Chrysostôme.)

16. Maù V autre ne voulut rien entendre ; et s'en allant, il le fit mettre en prison jusqu'à ce qu'il payât sa dette. — U n'eut pas même de respect pour les paroles dont il venait de se servir pour demander miséricorde, et qui lui avaient obtenu la remise de dix mille taleuts. Il ne reconnut plus ce port bienheureux où il avait trouvé un refuge ; et cette même prière dont il venait d'user, ne rappela point en sa mémoire l'immense bonté de son maître. Sacniautéet son avarice effacérententuitoutsouvenirettoutsentimentd'humanité. Il se jette comme une bête féroce snr cet homme qui lui est redevable d'une somme insignifiante. Barbare, que faites-vous? Ne voyez-vous donc pas combien vous allez irriter contre vous .votre maître, et que par là vous le forcerez, malgré toute sa bonté, à rétracter la parole de miséricorde qu'il vient de prononcer en votre faveur? Mais cette finie dure et impitoyable ne veut rien entendre; il ne se souvient plus, le malheureux ! de l'état où il se trouvait une heure auparavant, et il accable son compagnon pour quelques deniers qui lui sont dus. Si une action si noire offensa les hommes, et leur parut insupporLible, jugez vous-mêmes quelle indignation elle dut provoquer de la part de Dieu qui avait remis une dette bien autrement considérable, précisément afin d'inspirer la miséricorde. (Saiht . Jean-Chrvsostôiie.)

19. Ne devais-tu pas avoir toi-même pitié de ton compagnon P — Jamais reproche ne fut plus convaincant, ni jamais aussi cbâliinent ne fut

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plus juste. Pour peu que nous ayons de lumière et de droiture naturelle, il n'y a personne qui ne sente toute la force de Tun, et qui n'approuve toute la rigueur de Tautre. Car que pouvait répondre ce serviteur impitoyable, et si dur à se faire payer sans délai une somme de cent deniers^ lors même que son maître, touché pour lui de compassion et ayant égard à sa misère, venait de lui remettre jusqu'à dixmille talents? Si donc, irrité d'une telle conduite, le maître ne diffère pas à punir ce misérable; s'il le traite comme ce malheureux a traité son débiteur, et s'il le fait enfermer dans une obscure prison, c'est un arrêt dont l'équité se présente d'abord à l'esprit et dont la raison est évidente. Or Jésus- Christ nous déclare que son Père céleste agira ainsi envers nous, si nous ne pratiquons pas à l'égard du prochain la même charité que ce Dieu de miséricorde a tant de fois exercée en notre faveur, et qu'il exerce encore tous les jours. (Bourdaloub.)

ÉLÉVATION

Mon Sauveur, quelle admirable et touchante bonté vous révélez à l'homme en lui imposant l'obligation de la prière! Vous le connaissez mieux qu'il ne se connaît lui-même; vous savez qu'étranger et voyageur en ce monde, il a besoin de guide pour conduire ses pas, de lumière pour éclairer ses démarches, et vous lui montrez ce guide et cette lumière qui ne se trouvent qu'en vous. Seigneur. Le véritable chrétien seul peut dire quelle consolation inonde son âme, quand il franchit le seuil des temples, que vous remplissez de votre sainte présence; il sent que là est son seul lieu de repos sur la terre étrangère, quand, se dégageant complètement des vaines inquiétudes du temps, il élève sa pensée jusqu'à vous. La foi vous découvre à lui; un sentiment intime vous révèle à son cœur, et sa prière, constante et persévérante, monte jusqu'à la patrie où vous l'attendez. Comment, Seigneur, dans cette communion habituelle avec vous, s'inspiranl de votre esprit, voulant vivre de votre vie, laisserait- il les passions mauvaises faire de lui leur esclave? Comment pourrait-il refuser le pardon à ceux qui l'ont offensé, n'être pas plein de miséricorde pour ceux dont il croit avoir à se plaindre? Seigneur, faites-nous aimer la prière, car sans cette douce familiarité avec vous, notre âme n'a plus ni sentiment ni vie; apprenez-nous à vous prier, et que ce soit toujours avec foi, humilité et conQance que nous nous présentions aux pieds des autels pour invoquer sur nous votre saint nom.

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