‹ La vie de n. s. Jésus-ChristChapitre 57 sur 141 · CH. LVI · texte numérisé non relu

CH. LVI

Tobis legem, et n«mo ei ▼obi» facil legem.

Qoid me qii«prilis interficere? Respondit turhê et dhil : Dvmoniam hobes : qnu te qocrit inlerficere ?

ftespondil Jesas et dix il eis : Unom opas feci, et omnes miramioû

Proplerek Mojves de* dit Tobis circumcisioneiD (non qa-a ex Moj«e est, sed ex patribus], et in Mibbato circomcidilis kominem.

Si circQincisîonem ac« cipil liooio in sabbato, Ht non rokatur les Mojsi : mîhi indigna* mini, quia tolnm bominein sanom feci in sabbato?

Noiîte jadicare sccnnddm faciein, »ed ju^tam jadiciam jodicare.

Cependant celte loi nul de vous ne l'accomplit*.

31 . Pourquoi cherchez-vous à me mettre à mort? Le peuple répondit ; Vous êtes possédé du démon ; qui cherche à vous faire mourir?

32. Jésus leur répondit : J*ai fait une œuvre, et c'est pour vous tous un sujet d*étonnement *.

33 . Cependant Moïse vous ayant ordonné la circoncision (non qu'elle soit de Moïse, mais des patriarches) , vous opérez la circoncision, même le jour du sabbat.

34. Or, si un homme peut recevoir la circoncision, sans que la loi de Moïse soit violée, pourquoi vous indigner contre moi de ce que j'ai guéri un homme le jour du sabbat ?

35. Ne jugez pas sur l'apparence, mais faites que votre jugement soit juste*.

< f ôO. Comme s'il disait : A voir la colère que vous montrez pour une prétendue violation de la loi, on dirait que vous en êtes les zélés observateurs ; cependant c'est tout le contraire qui arrive : personne de vous n'accomplit cette loi; et la mort n'est que pour moi !

* f 32. C'est-è-ciire : vous êtes étonnés et indignés qu'an jour de sabbat j'ai guéri an paralytique à la piscine des brebis. Il y avait déjà dix-huit mois que Jésus avait opéré ce miracle ; mais depuis il n'était pas venu à Jérusalem, et les Pharisiens avaient profité de ce temps pour envenimer de plus en plus la haine du peuple: c'est pourquoi ils sont aussi émus que s'il s'agissait d'un événement récemment arrivé.

> f 35. En ne vous livrant point à la précipitation, mais en vous environnant de toutes les précautions que la justice et le simple bon sens exigent.

3. Si VOUS faites ces œuvres^ montrezHous au monde. — Quel est Thomme qui n'a point entendu, de la bouche de ceux qui Tenvironnent, ces paroles inconsidérées que l'on adressait au Sauveur lui-même? Tai-

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$ez-vous, amis dangereux. Vous voulez que je fasse du bruit dans le monde^ que je sois dans une place regardée^ en un mot qu'on parle de moi? Quoi donc? afin que je dise comme faisait ce conquérant parmi les trafaux immenses que lui causaient ses conquêtes : Que de maux pour faire parier les Athéniens^ pour faire parler des hommes que je méprise^ en détail» et que je commence à estimer quand ils s'assemblent pour faire du bruit de ce que je fais! Hélas ! encore une fois^ ce que je fais est peu de chose, s^il y faut ce tumultueux concours des hommes, et cet assemblage de bizarres jugements pour y donner du prix. Il ne faut point yous ensevelir avec ce mérite, et ces autres distinctions de votre personne. Faites paraître vos talents; car pourquoi les enterrer et les enfouir? De quels talents me parlez-vous, et à qui voulez-vous que je les fasse paraître? Aux hommes? Est-ce là un digne objet de mes vœux? Que devient donc cette sentence de saint Paul, Si je plaisais encore aux hommeSy je ne serais pas serviteur de Jésus- Christ? Hais encore, à quels hommes voulez-vous que je paraisse? Aux hommes vains, et pleins d'eux-mêmes, ou aux hommes vertueux et pleins de Dieu? Les premiers méritent-ils qu'on cherche à leur plaire? Si les derniers méritent qu'on leur plaise, ils méritent jncore plus qu'on les imite. Eteignons donc avec eux tout désir de plaire à d'autres qu'à Dieu. Vous voulez que je montre mes talents. Quels talents? Estce la véritable et solide vertu qui n'est autre que la piété? Irai-je donc, avec l'hypocrite, sonner de la trompette devant moi ? Prierai-je dans les carrefours, dans les coins des rues, afin qu'on me voie? Déflgurerai-je mon visage, et ferai-je paraître mon jeûne par une triste pâleur? Oublierai-je en un mot cette sentence de Jésus-Christ : Prenez garde : A quoi, mon Sauveur? A ne point faire de péché; à ne scandaliser point votre prochain. Ce n'est pas ce qu'il veut dire en ce lieu : prenez garde à un plus grand mal que le péché même, prenez garde de ne pas faire votre justice devant les hommes pour en être vu, autrement vous n'aurez point de récompense de votre Père céleste. Ces vertus qu'on veut montrer sont dévalues et fausses vertus; on aimeà cacherles véritables» car on y cherche son propre devoir, et non pas l'approbation d'autrui; la vérité, et non l'apparence ; la satisfaction de la conscience, et non des applaudissements ; à être parfait et heureux, et non pas à le paraître aux autres. Celui à qui il ne suffit pas d'être parfait et heureux, ne sait ce que c'est que perfection et félicité. Ces vertus, ces rares talents que vous voulez que je montre, sont donc ceux que le monde prise, l'esprit l'agrément, le savoir, l'éloquence si vous le voulez, la sagesse du gouvernement, l'adresse de manier les esprits, c'est-à-dire le phis souvent,

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l'adresse de tromper ks hommes, de les mener par leurs passions, par leurs intérêts; de les amuser par des espérances. Hélas! est-ce poor cda que je suis fait? Que je suis donc peu de chose 1 que ces talents sont Yîls» et de peu de poids! Est-ce la peine de me charger du soin des autres, de mendier leur estime, d'écouter leurs importuns discours? de flatter leurs passions? de les satisfaire quelquefois? de les tromper le plus souvent? Car c^est là ce qu'on appelle gouverner les hommes, c'est ce qu^on appelle la supériorité du génie : puissance, autorité, crédit; et pour cela^ je me chargerais devant les hommes de soins infinis, de mille chagrins envers moi-même, et devant Dieu d^un compte terrible ! Qui le voudrait faire, s'il n^était trompé par les opinions humaines? Ou qui voudrait étaler ces vains talents, sUI considérait quMIs ne sont rien que l'appas de la vanité, la nourriture de Pamour-propre, la matière des feux éternels? Ah! que ma vie soit cachée pour n'être point sujette à ces illusions. Ha vie est cachée; laissez-moi décroître aux yeux du monde, comme aux miens; que je connaisse le peu que je suis, puisque je n'ai que ce seul moyen de me corriger de mes vices. Les yeux ouverts sur moi-même, sur mes péchés et sur mes défauts, en un mot sur mon indignité ; je jouirai soos les yeux de Dieu de la justice que me fait le monde, de me blâmer, de me décrier, de me déchirer, s^il veut, de me mépriser, de m'oublier, s^il l'aime mieux de la sorte, et de me tenir pour indifférent, pour un rien à son égard ; et plût à Dieu, car je pourrais espérer par là de devenir quelque chose devant Dieu. (Bosscet.)

13. Seigneur, voulez-vous que nous commandions au feu du ciel de descendre et de les consumera — C'était dans cette contrée qu'Élie avait appelé le feu du ciel sur les soldats du roi Ochosias, lorsque celui-ci envoya des députés consulter les oracles des dieux à Accaron , dans la terre des Philistins. Et b^est pour cela que la pensée vint aux apôtres de le faire tomber de nouveau sur ceux qui refusaient de recevoir leur maître. C'est à partir de ce moment que Notre-Seigneur Jésus-Christ donna à Jacques et à Jean le nom de Boanerges, c'est-à-dire fils du tonnerre. C'était eux qu'il avait envoyés devant lui pour annoncer son arrivée. Il n'y avait point d^hôtellerie dans ce lieu; mais Notre-Seigneur voulait seulement où loger pour une nuit. Saint Luc distingue très-bien les maisons particulières, cataluma, des hôtelleries où Ton recevait les étrangers, comme il y en avait dans le désert de Jéricho, sur la route de Jérusalem. Les voyageurs en Oi*ient portent ordinairement avec eux de quoi manger, et de& tentes de cuir pour s'établir

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en plein air lorsqu'ils ne peuyent trouver de logement Telle était Tau-

cienne coutume^ au rapport de Denis d'Halicarnasse , et c^est encore 1

ce que Ton fait aujourd'hui. Hais Notre-Seigneur ne portait pas même

d'argent avec lui. (Le D' Sepp.)

14-15. Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes; le Fils de Vhomtne n'est point venu pour perdre les dmeSy mais pour les sauver» — Quand Jésus-Christ reprit ses disciples de ce qu'ils voulaient faire tomber le feu du ciol sur ceux qui avaient refusé de le recevoir, il nous apprit par cet exemple à ne pas toujours user de châtiments et de rigueur contre ceux qui ont péché; car la douceur est souvent plus utile, et pour le pasteur, afin d'exercer sa patience , et pour le pécheur, afin de le porter à se corriger. En effets nous voyons les Samaritains, sur qui le Seigneur empêcha le feu du ciel de tomber, être des premiers à embrasser la foi. (Saint Ahbroise.)

14-1 5. Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes; le Fils de Vhomnie n^est point venu pour perdre les dmeSy mais pour les sauver. — Après avoir passé trente années dans Pobscurité de la retraite, Jésus-Christ enfin se montra au monde pour y prêcher son Évangile, et voilà ce que nous appelons sa vie agissante. 11 eut à traiter avec toutes sortes de personnes j et c'est là sans doute qu'il trouva de quoi exercer sa charité. Car cette vertu est plus nécessaire qu'aucune autre pour converser avec les hommes, et sans elle il n'y a point de société qui puisse subsister. Or la charité de Jésus-Christ, dans le cours de sa prédication, fut surtout une charité douce, et cette douceur parut en tout : dans SCS manières, dans sa retenue^ dans sa modération inaltérable. Que n'eut-il point à endurer de la part d'un peuple grossier et incrédule, à qui il annonçait ses divines vérités? Avec quelle condescendance il ménageait tant d'esprits opposés et s'y accommodait-il pour les persuader et pour les gagner 1 Combien de rebuts n'essuya-t-il pas sans se plaindre; combien de résistances et de contradictions! Qu'était-ce que ses apôtres? De pauvres pêcheurs, des hommes sans éducation, sans étude ^ sans intelligence. Que ne lui en coûta-t-il point pour les former! Souvent ils ne comprenaient pas ce qu'il leur disait, et pour se faire mieux entendre à eux, il leur répétait plusieurs fois les mêmes choses, et les leur expliquait tout de nouveau. Souvent ils avaient ensemble des contestations et des disputes, et il s'employait a les apaiser, vivant avec eux malgré le dégoût qu'ils devaient lui causer;

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se communiquant à eux^ el bien loin de se tenir pour importuné de leur présence, voulant sans cesse les avoir près de lui. (Bourdaloue.)

18. Etj $^ adressant à fin autre ^ Jésus lui dit : Suivez-moi. — La création est comme un centre. Dieu en est, sous un point de vue, la circonférence, et, sous un autre, le cenfre. Comme centre, il attire; comme circonférence, il contient... Tout obéit à cette attraction irrésistible !.. Voilà pourquoi, saisi d^étonnement, et comme transporté de lui-même, en voyant toutes les choses en Dieu et Dieu dans toutes les choses, et Thomme voulant fuir, sans savoir comment, tantôt le centre qui rattire, tantôt la circonférence qui le contient i saint Augustin , le plus beau des génies et le plus grand des docteurs, homme en qui sincarna Fesprit de l'Église, le saint consumé d'amour, tira de son cœur, comme un sanglot sublime, cette expression : Pauvre mortel, tu veux fuir Dieu ? jette-toi dans ses bras I » Jamais bouche humaine n'a prononcé une parole si pleine d'amour sublime et de sublime tendresse 1 On ne peut considérer comme peu importante la liberté de choisir entre se perdre ou se sauver, puisque ces mille voies qui vont à Dieu, terme nécessaire des choses, se réduisent toutes à deux : Tenfer et le paradis. — L'enfer en fuyant Dieu , le paradis en suivant Jésus-Christ qui est la voie, la vérité, la vie. (Donoso Cortâs.)

21. Quiconque met la main à la charrue et regarde en arrière, n'est pas propre au royaume de Dieu. — Gomment, dit saint Chrysostôme expliquant ce passage de saint Luc, comment un homme inconstant et léger serait-il propre pour le royaume de Dieu, puisqu'il ne Test pas même pour le monde, ni pour les afTaires et le commerce du monde? Que pense-t-on dans le monde d'un esprit volage et changeant? Qui se confie en lui? Qui fait fond sur lui? et de quoi le croit-on capable? Or, ajoute saint Chrysostôme, si le monde même, malgré son inconstance naturelle, est néanmoins le premier à condamner Tinconstance de ceux qui suivent ses lois, comment Dieu s'accommoderat-il de la nôtre ? Et d'ailleurs, conclut le même Père, si nous ne sommes pas propres au royaume de Dieu, que sert-il de l'être pour toute autre chose? Eussions-nous les plus rares talents, les plus sublimes, les plus éminentes quaUlés : avec toutes les qualités et tous les talcnls, que sommes-nous devant Dieu , si nous ne sommes pas en état d'entrer dans sa gloire et de le posséder lui-même î Ce n'est qu'en persévérant qu'on s'attache à lui, et ce n'est qu'en s'atlachant à lui qu'on

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se reflid digne de lui et digne de la couronne qu^il nous promet * Yoiià le titre le plus légitime pour y prétendre et pour Tobtenir.

(BOCRDALOUE.)

2i. Quiconque met la ouim à la charme tt regarde en ûrriire n^est pas propre au royaume de Dieu. — Quand on dit qu'nn homme n'est pas propre aux sciences, à Tépée, à la robe, cela veut dire qu'il a apporté en naissant des défauts incompatibles avec les fonctions de ces états; et yoilàce que dît Jésus>Christ de Fâme inconstante par rapport an saluL Un impudique peut être touché : et David fit pénitence de 'Son adultère; un impie peut être frappé de Dieu et sentir le poids de la majesté qu'il UTait blasphémée, et Manassès dans les chaînes adore le vrai Dieu dont il avait renversé les autels; un publicain peut renoncer à ses injustices : et Zachée, api*ès avoir restitué ce qu'il avait ravi, répand libéralement son bien dans le sein des pauvres; une prostituée aux j^sîrs et aux passions les plus honteuses, peut être tout d'up coup édairée : et la pécheresse, aux pieds de Jésus- Christ, pleure des péchés que son amour efface encore plus heureuaement que ses larmes. Mais un Achab qui, averti par Elle, tantôt se couvre de cendre et de cilice, puis retourne à ses idoles, et revient encore au prophète et aux enfants de Dieu; mais cette reine dlsraêl qui, dans son affliction, parait respecter la majesté du Dieu véritable, eu la personne de son prophète, et, de retour à Samarie, sacrifie à ses veaux d^or comme auparavant : ab ! on ne lit nulle part quMls aient fait pénitence; et les livres saints nous les représentent partout hais de Dieu. (Hassillon.)

28. Si quelqu^un veut faire la volonté de celui qui m* a envoyé j il saura d'oà vient ma doctrine, si elle est de Dieu, ou si je la tire de moi-mime. — On a déjà trouvé la vérité quand on la cherche de bonne foi. Il ne faut pour la trouver ni creuser dans les abîmes ni s'élever au-dessus des airs ; il ne faut que l'écouter au-dedans de nous-mêmes. Un cœur innocent et docile entend d^abord sa voix ; les doutes et les recherches de l'orgueil , loin de la rapprocher de nous, ferment les yeux à sa lumière : elle aveugle les sages et les juges orgueilleux de ses mystères, et ne se communiqnc qu'à ceux qui se font gloire d'en être les disciples. La soumission est la source des liunières : plus on veut raisonner , plus on s'égare ; plus on doute , plus Dieu permet que les doutes augmentent : la raison, une fois sortie de la règle, ne trouve plus rien qui l'arrête; plus elle avance, plus elle se creuse de précipices. Aussi l'hérésie , d'abord timide dans sa naissance^ vatou-

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jours crorâsani, et ne garde plus de mesures dans ses progrès. Elle n'en Toulait d'abord^ parmi nous, qu'aux abus qu'elle prétendait remarquer dans le culte ; elle a depuis attaqué le culte lui-même. Elle prétendait que nous dégradions Jésus-Christ de sa qualité de médialeur; elle a enfanté des disciples qui Font dégradée de sa divinité et de sa naissance éternelle. Elle voulait réformer la religion , elle a fini par les approuver toutes, ou, pour mieux dire, par n'en plus connaître aucune, tandis qu'elle s'applique avec simplicité et docilité à faire la volonté de Dien, elle reconnaît toujours dans les enseignements du Sauveur Fexpression des desseins du Père céleste sur chacun des membres de sa famille adoplive. (Massillon.)

35. Ne jugez pas s^^r rapparencef mais faites que votre jugement soit juste. — Sî nous devons être si réservés dans nos jugements lorsqu'il s'agit de péchés scandaleux^ quelle doit être notre retenue dans les choses cachées et douteuses! A quoi pensons-nous donc, de nous déchirer mutuellement par tant de soupçons injustes? Hélas! que le genre humain est malheureusement curieux! chacun veut voir ce qui est caché, et juger des intentions. Cette humeur curieuse et précipitée fait que ce qu'on ne voit pas, on le devine; et comme nous ne voulons jamais nous tromper, le soupçon devient bientôt une certitude, et nous appelons conviction ce qui n'est tout au plus qu'une conjecture. Hais c'est l'invention de notre esprit, à laquelle nous applaudissons et que nous accroissons sans mesure. Que si, parmi ces soupçons, notre colère s*élève , nous ne voulons plus l'apaiser, parce que nul ne trouve sa colère injuste. Ainsi , l'inquiétude nous prend , et, par cette inquiétude nourrie par nos défiances, souvent nous nous battons contre une ombre, ou plutôt Tombre nous fait attaquer le corps. Nous frappons de peur d'être prévenus, nous vengeons une offense qui n'est pas encore. Voyez le progrès de l'injustice dans ses jugements. Vous me dites : Mais si j'agis autrement Je serai la dupe publique, trompé tous les jours mille et mille fois. Et moi je vous réponds à mon tour : Eh quoi! ne craignez-vous pas d'être si malheureusement ingénieux à vous jouer de Tlionneur et de la réputation de vos semblables? J'aime beaucoup mieux être trompé que de vivre éternellement dans la défiance, fille de la lâchclé, et mère de la dissension. La prudence m'enseigne à ne pas précipiter mon jugement; l'humanité m'ordonne de présumer plutôt le bien que le mal; et la vérité même m'avertit de ne m'abandonner pas témérairement à condamner les coupables^

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de peur que, sans y penser, je ne flétrisse les innoœnts par une condamnation injuste. (Bossijet.)

ÉLÉVATION

Mon Sauveur, il n^est pas une de vos paroles, pas une de vos actions qui ne soient pour nous un enseignement précieux. Connaissant les desseins perfides de vos ennemis, tous refusez de tous rendre à la fête des Tabernacles , parce que Pheure de votre sacrifice n^était pas encore venue, et que vous ne vouliez pas qu^aucune des douleurs et des humiliations qui devaient nous ouvrir rentrée du ciel vous fût épargnée. Vous ne demandez pas de nous , Seigneur, que nous allions au-devant des souffrances et de la contradiction : c^est le privilège d'un petit nombre d^élus; vous voulez que nous envisagions et que nous acceptions avec fermeté et résolution Fépreuve qui doit nous purifier et nous rendre forts; vous voulez, quand , résolus à marcher à votre suite, nous sommes entrés dans la voie de Fhumilité et de la mortification, que nous ne regardions pas en arrière pour reposer encore une fois notre cœur sur les objets qui pourraient le rattacher au inonde et à ses joies d'un moment. Moïse conduisit le peuple choisi à travers la solitude et les privations du désert jusqu^à la terre de la promesse; combien. Seigneur, n^êtes-vous pas plus puissant pour nous soutenir dans les fatigues et les découragements du pèlerinage dont le terme est votre royaume! Vous nous avez promis votre appui, mon Sauveur; sur la foi de cette promesse, nous avancerons avec courage dans la carrière laborieuse de la Croix , nous souvenant que

moins nous nous serons ménagés, plus notre Dieu nous ménagera. Amen.

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