‹ La vie de n. s. Jésus-ChristChapitre 60 sur 141 · Et Jésus s'en alla sur la montagne des Oliviers · texte numérisé non relu

Et Jésus s'en alla sur la montagne des Oliviers

* 1 82. C'était déclarer timidement que Jésus leur avait paru comme étant audessus de rhumanité.

^ f 23. Vous qui devriez , en dépit de tout , prendre les Intérêts des chefs des nations.

> f 24. Quel malheur pour an pays, lorsque l'on peut ainsi défier de trouver un vcâtigc de foi dans les régions de la science, dans le séjour de la Justice , et dans le sanctuaire de Dieu 1

* y 28. On voit bien que la haine les aveugle : le prophète Nahum était Galiléen de naissance, quoique originatre de la tribu de Siméon ; Jonas était de la tribu de Zabulon, dans la Galilée ; on croit que Malachie en était aussi. D'un autre côté, ils ne pouvaient pas ignorer que Jésus était né à Bethléem.

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3. Mais celui-ci, nous savons d'où il est; tandis que quand le Christ viendra, personne ne saura le lieu de son origine. — Voilà le grand prétexte que rincrédulité des Juifs opposait à la doctrine et au ministère de Jésus-Christ : des doutes sur la vérité de sa mission ; voilà aussi le prétexte presque le plus universel dont on se sert tous les jours dans le monde pour s'autoriser dans une vie toute criminelle. Tout est pleiu aujourd'hui de ces pécheui^ qui nous disent froidement qu'ils se convertiraient s'ils étaient bien sûrs que tout ce que nous leur disons de la religion fût véritable; que peut-être il n'y a rien après cette vie; qu'ils ont des doutes et des difficultés sur nos mystères^ auxquels ils ne trouvent point de réponse qui les satisfasse; qu*au fond tout paraît assez incertain; et qu'avant de s'embarquer à suivre toutes les maximes sévères de l'Évangile ^ il faudrait être bien assuré que nos peines ne seront pas perdues. Mais ce ne sont là que des prétextes : la plupart de ceux qui se disent incrédules ne le sont pas ; et presque tous les pécheurs qui nous vantent^ qui nous allèguent sans cesse leurs doutes, comme le seul obstacle à leur conversion, ne doutent point. De tous les prétextes dont on se sert pour ne pas changer de vie, celui des doutes sur la religion , qui est devenu le plus commun, est le moins vrai et le moins sincère. (Hassillon.)

13. Si quelqu'un a soif y quHl vienne àmoiet qu'il se désaltère. — Pendant les huit jours que durait la fête des Tentes, ou la scénopégie, un prêtre choisi pour cela, allait chaque jour, après l'office du matin, à la fontaine de Siloé puiser dans un vase d'or trois mesures d'eau; puis, partant de là en grande cérémonie, il passait par la porte de l'eau, par laquelle Jésus-Christ fit aussi son entrée triomphale. Là il était reçu &u son des trompettes, et retournait au temple. Il montait à l'autel, et versait l'eau du vase d'or dans un vaisseau d'argent qui était à l'est , tandis qu'à l'ouest était une coupe d'argent où il y avait du vin. Il versait de l'eau dans le vin et du vin dans l'eau, et offrait ainsi des libations au Seigneur. Pendant ce temps-là le peuple assemblé chantait ces paroles du prophète Isaîe : Vous puiserez avec joie de l'eau aux sources du Sauveur. Cette cérémonie devait rappeler aux Juifs l'eau miraculeuse que Dieu leur avait donnée dans le désert et les bénédictions de la pluie du ciel; mais surtout, comme le déclare le Talmud, l'effusion de l'Esprit-Saint, qui devait avoir lieu au temps du Messie. Les libations de vin se rapportaient à la vendange qui venait de se terminer. Ces usages frappèrent même les païens, qui, trompés par une certaine analogie crurent y reconnaître les fêtes de leur Bacchus : c'est probablement

f n itoyuit arriver la processiui du prêtre arec Feaa sainfe^ <]» le Saaveiir dii au peuple ; a Qne celui qoi a aotf rieoiie à moi^ 9 se déclar xant ainsi la souroe do salut dont isue araifc parlé. (Le 9* Ssfp.)

17-lS. i'ff-inr ja^ r# CHriât doit tmir 4$ la GûKU$? rÉcnlHre m diMIeparquê (fe$t de la race de Bamdy el delà petite ville de Bethléem^ -*-Dieu cacbe souvent ses mystères d'une manière étonnante. Cétait im des embarras de eeux qui avaient de la peine i reconnaître Jésus* Christ, qu'il paraissait Galilées^ et que Nazareth était sa patrie. Le Christ doft-il venir de Galilée? L'Écriture ne nous apprend-eUe pas, disent-ils^ qu'il doit naître du sang de David, et même de la bourgade de Bethléem, où David demeurait? Et Nathanaêl, cet homme sans ford, et ce vrai Israélite, ne fut-il pas lui-même dans cet embarras, quand en lui dit : Nous avons trouvé le Messie : c'est Jésus de Nazareth , fils de Joseph. Quoi , répHqua-t-il , peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth? N^est-ce pas Bethléem, la tribu de Jada, qui nous doit donner ce Christ que vous m'annoncez? Quoique Jésus-Christ pût dès lors leur découvrir le lieu de sa naissance, nous ne lisons pas qull Part fait Dieu veut que ses mystères soient cherchés. Approfondissez hnmblement : ne vous opiniâtrez pas à rejeter Jésus-Christ, sous prétexte qu'un des caractères de sa naissance n'est pas encore éclairci. Si vous cherchez bien , vous trouverez que ce Jésus, conçu à Nazareth , et nourri dans cette ville comme dans son pays, par une secrète conduite de ïà divine sagesse, est venu naître à Bethléem. Ainsi ce qui faisait la difficulté se tourne en preuve pour les humbles : et Dieu avait préparé cette solution de Pénigme, premièrement par le témoignage des bergers, mais dans la suite d'une manière plus éclatante à Pavéuement des mages dans Jérusalem. (Bossubt.)

21^ Et les gardes retournèrent vers ks Pontifes et les Pharisiens^ qni leur dirent: Pourquoi ne ravez-vous point amené? — Les archers retournèrent, dii FÉvangile, et les Pharisiens leur dirent : Pourquoi ne Pavez-vous pas amené? ils témoignaient plus de forcées s'en retour^ nantque s'ils fussent demeurés près de lui; leur action en faisait les prédicateurs de la parole de Jésus-Christ Us ne disent point : Nous n'avons pu amener cet homme à cause du peuple qui l'écoute comnEie on prophète; ils répondent : Jamais homme n'a parlé comme lui* Incapables de dissimulation, îk rendent hautement hommage à ce qu'ils ont entendu. Cependant, ils n'ont pu assister à de bien longs discours : c'en est assez de quelques instants passés près de lui, pour concevoir de

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«a sagesse la plus frtndie et la plus vive admiratioii, et £tre en droit de reprocker aux Pharisiens leur injustice envers un homme quils •aoraieiKt dâ être les premiers à venir entendre^ plutôt que de Je ^néaaiee. (Saikt JjLàn-GflBirsosTÔiiBj

22. 4mnmi homme n'a parU comme cet homme . — QuMt doctrine est plus suUime et moins fàstnense qee la sienne? On sent qnUl n'a pas beson de s^élever pour atteindre i la hauteur «les plus grands mystèves , et , qu'engendré dans la splendeor des BMniBo jl voit sans étsanemâit les profondeurs de Dieu. Que son langage est différent même de celui des prophètes 1 Ceux-ci sont piea^pie toujours dans Tentiioiisiasme, parce que les vérités qu'une visioB céleste leur «léoouvre sont pour eux d'admirables nouveiaitéSy aitdessus de leurs expressions comme au-dessus de leurs peoaéesL La noble simplicité des discours les plus sublimes de Jésos-^Christ nous fait juger, au contraire^ qu'il est né dans le sein des merveilles dont il nous entretient, et qu'il est véritablement le Fils pour qui il n'y a rien de caché dans la maison de son Père. Aussi connaissait-il à fond tous les ravages que le péché a faits dans l'homme ; et il renferme conséquemment, dans quelques maximes courte^ mais décisives, la morale la plus propre à les réparer. Non, je ne veux point d'autre maître que Jésus-C^rêt: quand le ciel ne m'ordon» nerait pas de l'écouter, mes seuls besoins m'amèneraient à lai. Où trouver ailleurs qu'à son école les ressources qui me sont nécessaires? Que tous les sages, que tous les docteurs se taisent devant lui t n a lui seul les paroles de la vie éternelle. Je vois en lui un auguste mélange de grandeur et de bonté qui m'humilie et qui m'enlève, qui m'étonne et qui me rassure : s'il a Tautorité du Fils unique de Dieu^ il est le plus doux des enfants des hommes. (Lbgoz.)

22. Jamais homme n'a parlé comme cet homme. — Consultez tous les oracles de la raison, et voyez si vous y trouverez rien qui ressemble au langage de Jésus-Christ, rien qui approche de tous ces dogmes amis du cœur, avec lesquels il n'y a de malheureux que ceux qui veulent l'être. Consultez tous les registres de la sagesse humaine , et voyez si vous y trouverez quelqu'un qui ait dit. Bienheureux les pauvres, bienheureux ceux qui pleurent, bienheureux ceux qui souffrent; quelqu'un qui ait parlé de la soif des biens étemels, seule consolation parmi tous les biens périssables; quelqu'un qui ait présenté les afûictiens comme des châtiments d'une main paternelle ; quelqu'un qui ait

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eu la sublime idée de faire tourner au profit de rhomme les malheurs même de sa condition; quelqu^un enfin qui ait jamais imaginé ce système admirable de la résignation y qui rend Thomme à la fois si humble et si fort, et qui, par un charme nouveau dont Jésus-€hrist nous a seul découvert le secret^ nous fait trouver notre bonheur dans notre malheur même. Ah! je me tourne donc vers la loi de mon divin Maître : elle est bonne comme son cœur^ elle est douce comme son nom. Si cette loi sainte n'eût occupé toute ma pensée^ puis-je dire avec le prophète^ cent fois j'aurais manqué de courage parmi les peines et les chagrins dont est semée ma triste vie, et peut-être aurais-je péri au jour de mon affliction ; mais j'ai médité ses saintes ordonnances , et ses paroles toutes divines sont tombées sur mon cœur, ainsi qu'une douce rosée tombe sur Therbe languissante ; et mon cœur soulagé a senti à Tinsfant qu'il ne peut y avoir de véritables peines là où régnent 4a paiXj l'amour et Tespérance. (De Boulogne.)

22. Jamais homme n*a parlé comme cet homme. ^Jésas-Chvisti^Tle, et tout à coup disparaissent ces vastes ombres qui couvraient toute la morale, et le problème du monde entier trouve son dénoûment, et toute la chaîne de nos devoirs se déroule à nos yeux avec autant de clarté que de certitude; il parle, et à sa voix tout m'est appris, ce quMl faut faire , ce qu'il faut éviter; tout ce que Dieu est par rapport à moi , et tout ce que je suis par rapport à lui ; tout ce que l'homme se doit à lui-même, et tout ce que les hommes se doivent entre eux. Et à qui Tapprend-il? aux enfants comme aux vieillards, aux faibles comme aux forts , aux plus petits esprits ainsi qu'aux plus puissants génies » à tous les âges comme à tous les étals. Et comment Tapprend-il? sans discussion et sans étude; avec lui on est savant dès le premier jour. Quel est donc cet enseignement qui répond à tout, qui supplée atout, et qui embrasse tout? Cieux et terre, écoutez; votre maître va vous .rapprendre : Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de tout votre esprit et de toutes vos forces, et votre prochain comme vous-même. Belle et grande parole ! Et que ferai-je donc maintenant? faut-il ici la commenter ou l'adorer, l'expliquer ou me prosterner devant elle? (De Boulogne.)

22. Jamais homme ri a parlé comme cet homme. — Et c'est un Juif qui disait cela I Quel terrible arrêt contre les chrétiens infidèles ! il m'est impossible à chaque verset de ce discours de ne pas entendre un Dieu, et j'en suis aussi sûr que si je l'avais entendu en personne. C'est alors

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que je m^écrie : Que la religion est belle 1 elle est belle comme le ciel^ dont elle est descendue; elle est grande comme le Dieu dont elle est émanée; elle est douce comme le cœur de Jésus-Christ qui nous Va apportée. J'ai besoin de songer au péché originel pour concevoir que les hommes aient pu se méprendre et résister à ce langage. Mais avec Torgueil et la corruption qui en est la suite^ tout s^explique : Uorgueil explique renfer, comme Tamour explique le ciel. (La Harpe.)

24. Parmi les princes des pritresj ou parmi les Pharisiens^ en est-il un seul qui ait cru en lui ? — En examinant tous les signes qui ont brillé successivement depuis la naissance jusqu'à la mort du Seigneur, considérons aussi quelle dut être dans certains Juifs la dureté de leur cœur, pour ne le reconnaître ni à la lumière des prophéliesi ni à l'éclat des miracles ! Car les éléments insensibles ont attesté la présence de leur Créateur. Ainsi les cieux, comme le langage humain permet de le dire, Tout reconnu pour Dieu, lorsqu'ils firent paraître un astre nouveau ; la mer l'a reconnu, lorsqu'elle s'afiermit sous ses pieds ; la terre a rendu le même témoignage par le tremblement dont elle fut agitée; lorsqu'il mourut; le soleil aussi^ quand il refusa sa lumière au monde; les pierres et les rochers proclamèrent sa divinité , en se fendant à son dernier cri ; l'enfer lui-même se hâta de lui obéir, en rendant les morts qu'il avait engloutis dans ses entrailles. Mais les Juifs, plus insensibles que la matière inerte, ne le reconnaissent point encore ; leurs cœurs, plus durs que des rochers, ont résisté jusqu'aujourd'hui^ n'ont pas encore été brisés par la pénitence. Ce qui met le comble à leur crime, et ce qui ^rend leur condamnation plus terrible, c'est que celui qu'ils méprisent à sa naissance, ils savaient depuis longtemps qu'il devait naître ; ils connaissaient même le lieu où il devait faire son entrée dans le monde. Cette connaissance que leur avaient donnée les prophètes^ devient pour eux un surcroît de perversité qui aggrave leur châtiment; et pour nous, un irrécusable témoignage de l'appui de notre foi. (Saint Grégoire, pape.)

26-27. Alors Pun d'entre euXj Nicodême^ le même qui était venu à Jésus pendant la nuit , leur dit : Est-ce que notre loi permet de condamner un homme sans auparavant Vavoir entendu ? — Nicodème parvint ainsi cette fois, par la considération dont il jouissait, à empêcher Texécution des desseins criminels qu'avaient formés les Pharisiens contre le Sauveur. Par cette démarche éclatante, il se proclamait publiquement le disciple de Jésus dont il n'avait été jusque-là le partisan qu'en

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secret. Ghacan retourna doDc eo sa maison : car aTOC le joar finissait la fête des Taliemacles. Vais Jésus se retira sur la montagne ées Oliviers. Il n'y avait que le Sauveur qiû n'eût point d'abri au mlliea des dangers dont il était menacé, et il passait tontes les nuits en plein air. Le mont des Oliviers s'élevait à une demi-lieue de Jérusalem, an milieu de la plaine de Gédron, avec ses bois de citronniers, de grenadiers, de figuiers et de palmiers. De son sommet on voyait Jérusalem, Hébron et tous les pays au sud et au nord. Du temps du second temple, entre le mont des Oliviers et lemissean de Gédron, était un petit bois d'oliviers, nommé Getlisémani et le village de Betphagé. Là, sur la montagne^ le Sauveur passait ses nuits k genoux en prières : car pour lui, il vivait toujours sous des tentes, n'ayant point on reposer sa t&le.

(LeD'SB».)

ÉLÉVATION

Gomment s'élonner, mon Sanveur, de vous voir méconnu, oublié, outragé même par tant de chrétiens que vous avez prévenus de vos grftces les plus abondantes, auxquels de bonne heure votre doctrine a été révélée, quand nous voyons ce peuple ingrat et aveugle, appelé du beau nom de peuple de Dieu, cette nation la plus favorisée de toutes celles qui ont passé sur la terre, vous prodiguer l'outrage et l'injure î C'est au milieu d'elle que tous aviez pris naissance, vous parcouriez les villes et les bourgs d'Israël en faisant le bien, toutes les misères étaient soulagées ou guéries, des renseignements nouveaux et divins portaient la lumière dans les âmes des petits et des simples ; seuls^ les docteurs, les puissants, les sages, que condamnait votre doctrine, proféraient contre vous des menaces de mort ; et cette foule timide, bien qu'entraînée par le charme de Totre parole, de votre douceur, do votre compassion, restait muette devant eux et n'osait publier tes pro» diges dont chacun de vos pas était marqué. Seigneur^ nous ne vous voyons pas, mais nous savons, nous croyons que vous êtes an milieu de nous; nous avons pour nous éclairer la lumière de votre parole, cette parole qui donne la sagesse et Tintelligence à ceux qui ont le cœur droit. Gardez-vous d'imiter le coupable aveuglement des docteurs d'Israël dont votre Évangile sera la condamnation ; qu'il soit réellement pour nous la bonne nouvelle qui soit la règle de notre vie^ et nous conduise au port du salut.

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