Vous jugez selon la chair; moi, je ne juge personne
1 6. Et si je juge, mon jugement est vrai, parce que je ne suis pas seul : avec moi est mon Père, qui m'a envoyé.
47. Il est écrit dans votre loi que le témoignage de deux personnes est vrai.
48. Or je rends témoignage de moimême; et mon Père, qui m'a envoyé, rend, lui aussi, témoignage de moi .
4 9. Et ils lui disaient : Où est votre Père? Jésus répondit : Vous ne connaissez ni moi, ni mon Père ; si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père*.
l'expie par la pénitence. Telle est l'obligatioD qui reste à ceux qui ne reviennent à Dieu qu*avec la contrition imparfaite.
' y 13. C'était un axiome de droit chez les Juifs, qu'un homme ne devait pas être cru lorsqu'il parlait seul pour lui-même; mais nous allons voir que cet axiome ne s'appliquait pas à Notre-Seigneur Jésus-Christ.
* ^l" 14. C'est-à-dire^ passe que Ton exige plusieurs témoins dans les affaires civiles ou criminelles; mais le prophète et le thaumaturge, et surtout un Dieu, ne sont pas soumis à cette loi : il y a des choses qu'eux seuls peuvent savoir. Ainsi, moi, dit Notre-Seigneur, je suis le seul qui sache d'où je viens, et où je vais; et il serait absurde de demander d'autre témoignage que le mien, puisque personne ne peut rien dire à ce sujets ni vous ni d'autres.
* ^l" 15. Cest-à-dire : Je n'exerce point le pouvoir que J'ai de vous joger tous : avant de vous citer à mon tribunal, je suis venu pour vous offrir la miséricorde.
^ ^l" 19. Si vous me connaissiez, vous sauriez que je suis le Fils de Dieu; or, un fils suppose un père ; vous sauriez donc qu'il y a Dieu le Pore, comme Dieu le Fils.
174 LA TIE DE N. 8. JÉSUS-CHRIST. CB. iTin.
Hœc verba locnio. esi 20. Jésus dît SCS paioles , enseignant
Jwus iii ^azophjlMÎo, ^
^r.ppreSli «L? ^^^^ '^ parvis où était le trésor du temple, SwâejSr^^" ~** et personne ne mît la main sur lui, parce
que son heure* n'était pas encore venue.
' 1^ Kl. L'heure ^Hl avatt cboiûe po«r le livrer ««x oaiiDS de ses ennemis, d
devenir leur victime.
2. El voilà qne î^ Serilm et les Pharisiens lui amènent tme femme surprise en adultère. — Ils s'étaieot dit entre eux: On le croit véndi* qoe, on voit en lui une grande douceur, et c'est là ce qui lui concilie Taffeclion de la multitude. Prenons-le par une question de justice, conduisons-lui cette femme surprise en adultère, et rappelons-lui œ que prescrit la loi concernant cette pécheresse. S'il ordonne qu'elle soit lapidée , il per4 ea ré|^utatian de douceur, et par là il s'aliène le peuple; si, comme il arrivera sans aucun doute, pour conserver cette réputation de douceur qui le rend populaire, il prononce qu'elle doit être mise en liberté, nous avons prise sur lui, et nous le traduisons ommie ennemi, et de la loi y et de Moïse, et 4e Dieu même, et nom obtenons qu'il soit lapidé, lui aussi..« C'est donc un double piège qu'ils viennent tendre, afin que Jésus-Christ succombe , quelle que soit sa réponse. Ils ne se doutent pas que c'est eux-mêmes qui vont être pris dans ce filet si artiflcieusement préparé. Que répond le Seigneur Jésus? Il ne dit pas que cette femme ne doit pas être lapidée; et en même temps il est bien loin de prononcer qu'elle doit l'être. Que répond- il donc? Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette la première pierre. 0 réponse digne de la sagesse d'un Dieu ! Voyez- vous comme il les refoule en eux-mêmes? Ne semble4-il pas leur dire; Voilà bien une criminelle : j'en conviens; mais vous-mêmes, qui êlesvous? que ne vois-je pas au-delà de ces murailles blanchies! Et pour* quoi cette femme serait-elle la seule punie, puisqu'elle n'est point la seule coupable? En outre, n'est-il pas de toute convenance qu^tine loi juste soilexécutée |)ar des hommes justes eux-mêmes} Je ne suis plus étonné maintenant de voir ces hommes, si sélés en apparence, se retirer prudemment les uns après les autres. {SAim Augttstin.)
5. Us disaient cela pour lut tendra tm piège, ^ftn 4e trouver prise contre lui. — Etonnons-nous devant Dieu , que Fon ait pu être scan-
ca. i.Tifi. LA YIE DE If. 8. JÉSOS-CHEIST. i75
dalisé en noire Sauveur, et que Ton ait pousse FaTeuglement jusqu^à lui tendre des pièges et à coospii^r sa mort. Ses miracles ne devaienfib pas faire taire les bouches les plus médisantes? Une mission si bien altesiée derait^tte être jamùs contestée? Encore sMl eàt fait des miracles qui A'eussenl de ries sef n ^e peur faire éclater son pou- Toir, peut-être auraitron pu dkre qu^il y vrait de Tarobition dans ces grands ocnrrages. Mais je tous ai montré que tous ses miracles ont pris leur naissanoe dans une tendre compassion de nos maux^ et jamais il n'a fait un pas que pour le bien de ce peuple ingrat. Faisons néanmoins qu'une noire entie ait encore pu se persuader quMI se servait du don de Dieu pour s'acquérir du crédit : qu'aTait-on à dire contre sa simpUcitéf LVt-on ¥u a la porte des grands pour mendier leur bveurl S^esl-il intrigué dans les affaires du monde? Â-t-il flatté rambilion et l'arrogance des princes? Au contraire^ n'at-il pas mené une vie non-seulemefit coinmrune et privée , mais très* abjecte et très-basse , marchant en toute simplicité, vivant et conversant avec les pauvres , souffrant toujours Tin justice sans jamais se plaindre? Uest vrai qu'il était méprisé, mais il ne se souciait point des honneurs; pauvre , mais il ne demandait point des richesses, bien qu'il n'eut pas seulement un gîte assuré pour reposer sa tête. Pouvaitil s'acquitter plus dignement de sa charge de prédicateur) U allaH enseignant la parole de vie éternelle, que Dieu Lui avait mise à la bouche. Il n'enflait pas son discours par de superbes pensées, ou par le faste d'une éloquence mondaine; mais il le remplissait dUme doctrine céleste, de vérités divines, qui donnaient aux âmes une nourriture solide, et allaîent jusqu'à la racine de nos maladies. Tantôt il attirait les peuples par la douceur, tantôt il les reprenait sans les épargner, jusqu'à les appeler les enfants du diable; leur prêchant les oracles divins, non point avec les lâches condescendances des Scribes et des Pharisiens, mais avec empire et autorité, avec une liberté et une assurance dignes des vérités étemelles qu'il nous venait annoncer. Que pouvmt-on trouver à dire en une vie si réglée? Ne devait-on pas admirer ce courage également inflexible aux biens et aux maux; cette égalité de mœurs qui le faisait vivre avec tout le monde sans rigueur et sans flatteries, sans lâcheté et sans arrogance ; cette pureté d'intention qui lui faisait toujours regarder les intérêts de son Père? Et néanmoins, dit-il, il faut que je donne du scandale; et pour faire voir h difflculté qu'il y a de n'être point offensé de sa vie, ci Heureux celui, dilril, qui n^est point scandalisé en moiU (Bossuet.)
i7C LA YIE DE N. S. JESUS-CHRIST. CH. ltiii.
7. Que celui d^entre vous qui est sans péché lui Jette la première pierre. — - Tant que l'on ne s'est pas corrigé soi-même^ c'est une présomption odieuse de vouloir corriger les autres. Morale que le difin Maître enseignait dans la pratique^ lorsqu'il trouvait mauvais qua les Pliarisiens entreprissent d'accuser devant lui cette femme surprise en adultère, et qu'ils s'ingérassent à en poursuivre la punition. Pourquoi cela? demande saint Jérôme. Le crime de cette femme n'élait-il pas connu et avéré? la loi de Moïse n'ordonnait-elle pas qu'elle fût lapidée? II est vrai; mais il paraissait indigne à Jésus -Christ que des hommes aussi criminels que les Pharisiens, et qui^ remplis d'une fausse idée de leur sainteté , ne pensaient à rien moins qu'à punir dans eux* mêmes ce qu'ils condamnaient avec tant de sévérité dans le prochain, s'érigeassent en censeurs publics, témoignassent tant d'ardeur pour l'observation de la loi, se fissent parties contre les pécheurs : voilà ce que le Sauveur du monde ne pouvait supporter; et c'est pourquoi il leur répondit, que celui d'entre eux qui se trouvait sans péché, jetât donc la première pierre : leur marquant ainsi qu'il n'y avait que celuilà seul à qui il fût permis de le faire, et que les autres avaient assez dans leurs propres scandales de quoi s'occuper, pour ne pas tourner toutes leurs pensées et tout leur zèle contre les scandales d'autrui. Argument plausible et convaincant, dont ces sages du judaïsme se sentirent si vivement pressés, que, selon le rapport de Tévangéiiste, ils se retirèrent sans rien dire, les vieillards les premiers.
(BOURDALOUE
10-11. Alors Jésus f se relevant , lui dit : Personne ne vous Ort-il condamnée? Elle répondit : Personne^ Seigneur. Jésus lui dit : Et moî, je ne vous condamnerai pas non plus; allez^ et ne péchez plus à V avenir. — II y a quelque mystère caché dans cette conduite du Sauveur des âmes, et il en faut aujourd'hui chercher le secret. Les Juifs lui amènent avec grand tumulte cette misérable adultère, et le font l'arbitre de son supplice. Cette femme que nous vous présentons, disent-ils, a été sur* prise en adultère; Moïse nous a commandé de lapider les coupables de ce crime; mais vous, maître, qu'ordonnez-vous? Ainsi parlent les Pharisiens. Mais Jésus qui , lisant dans le fond des cœurs , voyait qu'ils étaient poussés, non point par le zèle de la justice, qui craint la contagion des mauvais exemples, mais par l'impatience d'un zèle amer, ou par Torgueil fastueux d'une piété affectée, Jésus ne rougit ni devant Dieu ni devant les hommes de prendre en main la défense de cette impudique. Celui de vous qui est innocent, qu'il jette, dit-il, la pre-
en. LTiii. LA VIE DE N. 8. JÉSUS-CHRIST. I7T
mière pierre. Us se retirent confus , et je ne i^ois plus^ dit saint Au« gusiin^ que le médecin avec la malade , la grande et extrême misère avec la grande et extrême miséricorde. Celte pauvre femme étonnée^ après avoir échappé des mains des coupables qui avaient eu honte de la condamner, se croyait perdue sans ressource^ ayant devant ses yeux la justice même et se voyant appelée à son tribunal y lorsque Jésus , toujours miséricordieux^ toujours facile, toujours indulgent, non par la conscience d'aucun péché, mais par une bonté infinie^ rassura son àme tremblante par ces paroles que la douceur même a dictées : Nul, dit-il, ne t'a condamnée, et je ne te condamnerai pas non plus que les autres : de même que s'il eût dit : Si la malice t'a pu épargner, pourquoi craindrais-tu l'innocence? Je suis un Dieu patient, qui pardonne volontiers les iniquités; j'en veux aux choses et non aux personnes, et je supporte les péchés afin de sauver les pécheurs ; va donc, et seulement ne pèche plus. (Bossuet.)
12. Et Jésus s'adressa de nouveau au peuple y disant ; Je suis la lumière du monde; qui me suit ne marche point dans les ténèbreSy mais il axtra la lumière de vie. — Hier le Sauveur annonçait au peuple qu'il était le fleuve de vie, qui seul peut étancher la soif de tous les mortels ; car c'était le jour des libations. Aujourd'hui il déclare qu'il est la lumière du monde. Quelle chose avait pu lui fournir cette image? Le huitième jour de la fête des Tabernacles se terminait par une illumination dans le temple, dont le reflet éclairait les cours et le devant des maisons de la partie occidentale de la ville , où étaient dressées les tentes, ce qui ajoutait à la solennité. Au chant des hymnes et des psaumes, au son des flûtes et des instruments, des lévites, placés sur les quinze degrés du grand escalier d'où l'on descendait du portique des Juifs dans le vestibule des femmes, exécutaient le grand chant avec des cithares, des harpes, des cymbales et des trompettes. Les hommes les plus considérables, portant à la main des flambeaux, dansaient une €orte de danse savante et sacrée , à laquelle les vieillards eux-mêmes et les religieux aimaient à prendre part. On examinait avec curiosité la direction que prenait la fumée de leurs flambeaux , et l'on croyait y voir une indication relativement aux pluies qui devaient tomber l'année suivante. La fête était passée lorsque Jésus parla au peuple; mais dans le vestibule des femmes, où il enseignait cette fois, on voyait encore les cinquante candélabres dorés, hauts de cinquante coudées, qui avaient servi à l'illumination , et qui en rappelaient l'éclat à tous les assistants. Ils donnèrent occasion à Nôtre-Seigneur de se proposer au