Et ses disciples lui demandèrent
Maître, qui donc a péché, lui ou ses parents, pour qu'il naquît aveugle*?
il. Jésus répondit : Ce n'est ni lui ni ses parents : il est né ainsi, afin que la puissance de Dieu soit manifestée en sa personne.
18. Il faut, pendant qu'il est jour, que j'accomplisse les œuvres de celui qui m'a envoyé : car vient la nuit, où personne ne peut agir*.
19. Tandis que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde*.
seur de Jésus-Christ chez les morts comme il l'avait été chez les vivants, comme le disent plusieurs saints docteurs.
* f 12. Pourquoi parlent-ils de cinquante ans plutôt que de quarante? C'est que cinquante ans formaient pour les Juifs une époque mémorable, celle du Jubilé. C'est donc comme sMIs disaient au Sauveur : Vous n'avez pas même yu un Jubilé, et vous auriez vu des siècles?
' f 14. Les grands travaux que l'on faisait au temple leur mettaient, en quelque sorte, des pierres sous leurs mains.
^ y 16* Dieu punit quelquefois le péché par dos afflictions temporelles ; mais le péché n'est ])as toujours la cause immédiate des maui que nous souCTrons en cette vie : ils peuvent nous être envoyés de Dieu pour puritieret perfectionner notre vertu.
* f 18. Le jour, c'est le temps d? cette vie; la nuit, c*est celle du tombeau. ^ fi9. Sous-entendu, par conséquent je dois éclairer les yeux.
Ilapc cnm âiiÎM<!t, expvit in terrain, fecit 'atain ex tpalo, et linivit latom taper oculo» ejoi.
Et diiil eî : Yade, 1«v« In natatoria SUoe (qnod inlerpretalnr Miaaos).
Abiit ercb, etlarit, et tenil Tîdens.
Itaqne Ticini et qui ▼iderant eom prias, qaia mendicos eral, dioebant :
Monne hic est qai sedebat et mendîcabat ? Alii dioebant : quia hic eil.
Alii anlem : Neqnaqokm, sed iimilis est ei.
llle ver6 dicebat, Qoia egosum.
Dicébant erg6 ei t Qnomodè apcrli sont tibi ocoli.
Respondit : llle bomo
Î|ui dicitar Je»as, lalam ècit, et onstt ocalos nieos, et dixit miht ; Vade ad nalaloria Siloe ; et laTa. Et abii , et lati, et tideo*
Et dtxenint ei t Vb\ est ille? Ait : Nascio.
20. A ces mots, il mouilla la terre de sa salive , fit un peu de boue dont il toucha les yeux de l'aveugle,
2t1 . Et lui dit : Allez, et lavez-vous à la fontaine de Siloé (qui veut dire du Messie *). Et il y alla, se lava, et revint.
22. De sorte que ses voisins et ceux qui l'avaient vu auparavant demander l'aumône disaient : N'est-ce pas celui qui était toujours assis à mendier ? Les uns répondaient : Oui, c'est lui.
23. D'autres disaient : Non, c'est quelqu'un qui lui ressemble. Mais lui leur di« sait .'C'est bien moi.
2i. Ils lui répliquaient : Gomment donc vos yeux se sont-ils ouverts?
25. Il répondait : Cet homme qu'on appelle Jésus a fait de la boue, Ta mise sur mes yeux, et m'a dit : Allez à la fontaine de Siloé , et lavez-vous. J'y suis allé, je me suis lavé, et je vois.
26. Us lui dirent : Où est-il? Il répondit : Je ne le sais pas.
* t SI* Aujourd'hui la fontaine du Messie, oe sont les eaux de la pénitence sacra* mcntelle,où TÉglise, au nom de Jésus-Christ, nous ordonne d'aller chercher ia gué« rison de nos infirmités spirituelles.
1. Qui de vous me reprendra de péché? — Les plus violents ennemis de Jcsus-Clirist n^ont jamais oséatlaquer sa personne. Celse, Julien, Volusien avouent ses miracles ^ et Porphyre raconte que les oracles même des païens l'appelaient un homme illustre par sa piété. Tibère
avait voulu le mettre au rang des dieux; selon Lampridius, Adrien lui avait élevé des temples , et Alexandre Sévère le révérait avec les images des âmes saintes, entre Orphée et Abraham. Pline a rendu un illustre témoignage à Tinnocence des premiers chrétiens, qui suivaient de près les exemples du Rédempteur. Il n'y a point de philosophe de Tantiquilé à qui Ton n'ait reproché quelque vice; les patriarches même ont eu leurs faiblesses. Le Christ seul est sans tache : c'est la plus brillante copie de cette beauté souveraine qui réside sur le trône des cieux. Pur et sacré comme le tabernacle du Seigneur, ne respirant que l'amour de Dieu et des hommes» infiniment supérieur à la vaine gloire du monde, il poursuivait^ à travers les douleurs, la grande affaire de notre salut, forçant les hommes, par l'ascendant de ses vertus, à embrasser sa doctrine, et à imiter sa vie, qu'ils étaient contraints d'admirer. Son caractère était aimable, ouvert et tendre; sa charité, sans bornes. L'apôtre nous en donne une idée en deux mots : // allait faisant le bien. Sa résignation à la volonté de Dieu éclate dans tous les moments de sa vie; il aimait, il connaissait l'amitié : l'homme qu'il tira du tombeau, Lazare, était son ami; ce fut pour le grand sentiment de la vie qu'il fit son plus grand miracle. L'amour de la patrie trouva chez lui un modèle. Sa tolérance ne fut pas moins remarquable quand ses disciples le prièrent de faire descendre le feu sur un village de Samaritains qui lui avait refusé Thospitalité ; il répondit avec indignation: Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes ! (De Chatbaubriand.)
1. Et si je vous dis la eérité, pourquoi ne pas me croire T — Vous ne croyez point à Jésus-Christ^ vous refusez opiniâtrement de voir en lui un Dieu , le dominateur de l'univers; vous vous obstinez à n'y voir qu'un homme. Quelle est dans cette hypothèse votre manière de raisonner à l'égard des hommes 7 Lorsque vous en voyez , fidèles en tout à la vérité, que jamais l'on ne surprit à mentir, quelles que puissent être nos préventions à leur égard, nous sommes forcés à les croire, si nous n'avons point renoncé à tout bon sens. Il n'en est pas ainsi de ceux à qui nous avons à reprocher quelques mensonges : ils ont beau dire vrai, nous sommes en défiance alors même qu'il leur arrive de ne pas mentir. Appliquons cette règle à Jésus-Christ. 11 a fait bien des prédictions dont l'accomplissement était réservé à l'avenir. S'il en est une seule sur quoi vous le trouviez en défaut, nous vous permettons de n^en croire aucune. Mais s'il n^en est pas une seule qui ne sesoitvérifiée à la lettre, ne vous opiniâtrez plus dans votre incrédulité, sur des
&its plus éclatants que la lumière du soleil. (S. Jean-Chrtsostôvb.) II. 13
iU LÀ TIE DE N . S. 1É6US-CHEIST. ni. lx.
1 • Qui 44 Veut tm reprendra 4e péehi ? — Si jamais homme a pu faire un pareil défi , at jamais sage a pa dire avec cette noble confiance et arec cette hauteur que donne la Tertu : Qui me reprendra de péché? c^esl sans centredit rHomme-Dîeu , la Traie lumière disrail ^ ce juste par excellence, dont chaque parole était une leçon , et chaque action un exemple. Cependant la calomnie et la méchanceté ne respectèrent passa vertu. Toujours en butte aux traits des Pharisiens et au déchat* nement de rorgoeilleuse Synagogue, ses plus nobles adions n*eurent que des contradicteurs; d'amères railleries furent le prix de ses démarches les plus saintes : sa touchante indépendance, on rappelait relAchement ; son zèle infatigable^ on le traitait d'obstination; il n''y eut pas jusqu'à ses œuvres miraculeuses que la prévention ne se fît gloire de flétri r, ou que Penvie ne prit plaisir à méconnaître. Et maintenant, quelle vertu osera se promettre plus de justice , ou attendre plus de ménagement? Si c'est ainsi qu'a éte traite le maître^ que sera-ce donc des serviteurs? Et si la source, autant que le modèle de toute saintete, ne fut point à Pabri de profanes censures, qui peut se flatter désormais d^échapper à la malignité des discours, ainsi qu'à la contradiction des jugements du monde? Aussi telle a toujours été la destinée triste ou glorieusedes gens de bien, de voir sans cesse la satire s'attacher i leurs pas, comme Tinsecte qui cherche de préférence les fruits les plus parfaits; d'être contraints de se justifier^ quand ils devaient nV voir que des louanges à recueillir: parce que le monde a toujours condamné ce qui ne lui ressemble pas. (De Boulogne.)
6. Si quelqu'un garde ma parole , il ne sera point soumis à la mort pour toujours. — 11 y a deux sortes de mort, comme il y a deux sortes de vie. La mort du corps est inévitable. Où irez-vous pour ne point mourir? Quel moyen emploierez-vous pour vous soustraire à une loi qui n'excepte personne, pas même le Fils de Dieu? Cependant, ne craignons point cette première mort; elle n'est point éternelle ; tous les hommes sortiront de ses bras au grand réveil de la résurrection. Mais craignons la seconde, par laquelle le corps et Tâme peuvent être précipites dans la Géhenne éternelle; et quand te Sauveur nous offre de nous affranchir de ce mal immense et sans remède, empressonsnous d'obéir à sa voix. (Sau^t Jean-Chetsostôhe.)
16. Ses disciples lui firent cette question : Mattrey qui éone u péché, lui ou ses parents, pour quHl naquit aveugle? — Ils croyaient qu'il n'y avait point d'incommodités ni de maladies qui ne fussent des
CB. u. LÀ YIE DE N. S. ^SITS^IHEIST. iU
punitions de qnelqœ péché. Jési» donc^ TOidant les détromper, leur déclare qu'encore que Dieu afBige souvent les péclieurs par des maladiesy il ne laisse pas d'en envoyer de fâcheuses à d'autres qui sont innocents. Non, répondit-il^ Ton ne doit attribuer rincommodité que souffre cet homme depuis si longtemps ni à ses péchés ni à ceux de son père et de sa mère. C'est le Créateur qui^ en lui donnant la vie, n'a pas voulu lui donner l'usage des yeux; mais ne croyez pas que c'a été sans dessein : il a prétendu en tirer sa gloire; et c'est par moi qu'il veut aujourd'hui faire éclater sa toute-puissance.
(Saiht Jfan-Chrtsostôvi)
18. Il faut, pendant qu'il est jour, que f accomplisse les œuvres de celui qui m'a envoyé : car vient la nuit^ pendant laquelle on ne peut plus agir. — Le temps est précieux, mais on n'en connaît pas le prix; on le connaîtra quand il n'y aura plus lieu d'en profiter. Nos amis nous le demandent comme si ce n'était rien, et nous le donnons de même. Souvent il nous est à charge; nous ne savons qu'en faire, et nous en sommes embarrassés. Un jour viendra qu'un quart d'heure nous paraîtra plus estimable et plus désirable que toutes les fortunes de l'univers. Dieu, libéral et magnifique dans tout le reste, nous apprend, par la sage économie de sa providence, combien nous devrions être circonspects sur le bon usage du temps, puisqu'il ne nous en donne jamais deux instants ensemble, et qu'il ne nous accorde le second qu'en retirant le premier, et qu'en retenant le troisième dans sa main avec une entière incertitude si nous l'aurons. Le temps nous est donné pour ménager rélernité, et l'éternité ne sera pas trop longue pour regretter la perte du temps, si nous en avons abusé. (Fénelon.)
25. Un homme qu^on appelle Jésus a fait de la boue, l'a mise sur mes yeuXy et m'a dit : Allez à la fontaine de Siloéy et lavez-vous. — La source de Siloé est située au sud de la montagne du temple; elle a une sorte de fiux et de reflux : car, au dire des Arabes, elle coule pendant trois heures, puis se dessèche, et coule de nouveau. C'est probablement à cause de cela que les Juifs croyaient qu'elle communiquait avec la mer, comme on le croyait aussi pour la source d'Âréthuse, en Sicile, et pour plusieurs autres sources remarquables. C'était dans l'eau de Siloé que se lavaient généralement ceux qui avaient contracté quelque souillure légale. L'aveugle alla se laver et revint voyant. Les anciens attribuaient à la salive de l'homme, surtout quand il était à jeun, une vertu médicale, particulièrement pour les yeux. Le Talmud défend de frotter même un seul œil, le jour du sabbat, avec la salive d'un homme à jeun.
fée LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. CH. u»
Une symbolique merveilleuse ressort de chaque page de TÉvangile. Ici, par exemple, les Juifs deviennent aveugles en refusant de croire en Jésùs-Cbrist, taudis qu^au même moment Taveugle recouvre la vue, et devient croyant. (Le D' Sepp.)
ÉLÉVATION
Vous nous dites, Seigneur, qu'il faut accomplir Tceuvre de notre salut, pendant quUl est jour, parce qu'il passe comme Pombre, et que quand vient la nuit» qui n'a point de réveil ici-bas, personne ne peut plus agir. Pour que nos pas incertains n'aillent pas s'égarer loin du chemin qui mène à la vie, vous prenez soin d'ajouter: Je suis la lumière du monde, celui qui me suit ne marche point dans les ténèbres; si quelqu'un garde ma parole, il ne sera point soumis à la mort pour toujours. Mon Sauveur, pourrions-nous encore douter de votre amour pour nous? Non-seulement vous voulez que nous arrivions à voire royaume, mais vous nous éclairez la voie, vous]nous conduisez pas à pas marchant avec nous pour nous aider dans la lutte journalière que nous avons à soutenir contre nos ennemis extérieurs et contre nous* mêmes. Avec un tel auxiliaire, qui n'entrerait résolument dans la lice, puisque sans combat il ne saurait y avoir de victoire? D'autres ont triomphé avant nous, ils ont atteint le terme où nous aspirons; nous avons les mêmes armes, nous avons les mêmes secours, pourquoi n^aurions-nous pas le même courage et la même espérance? Si le nombre des vaisseaux qui fait naufrage est grand» songeons qu^après tout, le nombre de ceux qui arrivent heureusement au port n'est pas si
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