‹ La vie de n. s. Jésus-ChristChapitre 95 sur 141 · CH. LXIX · texte numérisé non relu

CH. LXIX

Et ccspenint simal omiMs eicuaare. Primas dixit ei Villam emi, et nec«S9e habao eiire, et ▼idere illam ; rogo te i hftbe me eiouetwii»

El alter dixit : Joga boom emi qoioqne , et eo probare ilU : rogo te, hobe me escuMinm.

Et alSas âixît : Uxorem daii, et ide6 noB poisum.

reoire*

^ Et reruRnu lernu aon* tiaril hsc domino rao.

Tnnc iratospaler famîlias, diait aeno mo : Eu citb in plaleas et vicos civîuti-, et pauperes,.ac (icbiles, et ckcos, et claxkdos inlrodac hbc.

Et ail ferras : Domine, facium eikt al impcrâsli,.

et ailfaac locoa est.

Et ail dominos servo !

Esi in vias et sepes, et compelle intrare, ai Implealar domas mca.

Dico antem Tobi» , qnbd nemo'virorom illoram qui vocati sant , guatabil cœaam meam*

23. Et tous se mirent à s'excuser. Le premier dit au serviteur : Je viens d'acheter une maison de campagne , et il faut que j'aille la voir; je vous prie de m'excuser..

24. Un autre dit à son tour : J'ai acheté cinq paires de bœufs, et je vais les essayer; je vous prie de m'excuser.

25. Enfin un troisième : Je viens deprendre une épouse; ainsi, je ne puis y aller.

26. Le serviteur, étant revenu, rapporta à son mattre ce qui s'était passé.

27. Alors le père de famille, irrité, dit à son serviteur : Allez vite dans les places et dans les rues de la ville , et amenez ici les pauvres et les infirmes,, et les aveugles et les boiteux.

28. Et le serviteur lui dit : Seigneur, il a été fait comme vous l'avez commandé, et il y a encore de la place.

29 • Et le mattre dit au serviteur : Allez dans les chemins et le long des haies, et forcez d'entrer ^, afin que ma maison soit remplie.

30. Car, je vous le dis, aucun de ceux qui avaient été invités ne goûtera de mon festin*.

* f 29. Les hommes veulent quelquefois être forcés, et une douce yioTence prépare les esprits à écouter ; mais il faut en ceci toute la prudence et toute la modération d'une charité éclairée et vraiment chrétienne. (Bossukt.)

*fZO. Aucun est mis ici pour désigner un petit nombre, un nombre insignifiant en comparaison de Timmcnse multitude de ceux qui étaient invités.

S9S LA VIE DE N. 8. lÉSUS-CHRIST. en. lxix.

13. Quand tous serez convié aux noces^ etc. ^Pourquoi Jésus-Clirist parle-t-il ici de noces plutôt que de dire en général : Quand tous serez invité à un festin? Cest pour désigner d^avance une assemblée où la recommandation quUl va faire deviendra^ non-seulement sage et utile, comme dans toutes les autres réunions, mais encore d^une importance extrême; il indique le festin nuptial auquel seront conviés tous les chrétiens^ la grande assemblée de son Église. C^est surtout à ces noces mystérieuses de TÂgneau divin quMI faut bien se garder d'envahir les premières places, comme le faisaient les Pharisiens. Quels que soient votre rang dans le monde, votre âge, vos talents, les services même que vous pouvez avoir rendus dans l'assemblée sainte^ vous ne devez choisir, de vous-même, que la dernière place : nous ignorons si parmi les invités le divin Maître n'aperçoit pas un plus digne que uous, ou parce qu'il est plus humble, ou parce qu'en moins d'années il a parcouru une plus longue carrière^ ou parce que Dieu lui a accordé avant le temps, comme au jeune Daniel, Thonneur de la vieillesse ; ou bien encore, peut-être, parce que notre mérite ne serait grand qu'à nos propres yeux. Allez donc prendre la dernière place sans établir aucune comparaison entre vous et ceux qui pourraient vous être préférés. El s'il arrive que l'on vous invite à monter plus haut, dites avec le Psalmiste : Je suis pauvre , et dans les travaux dès ma jeunesse; et quand je vois qu'on m'élève, je me sens humilié et confus. (Eric.)

H. Faites place à mlui-ci> ^ Ce n'est pas seulement dans les festins, maie encore dans toutes les carrières de la vie, que Ton ambitionne et que l'on assiège les premières places, sans autre titre, souvent, qu'un orgueil aveugle ou une convoitise effrénée. De là ce désordre que déplorait TEspril-Saint lui-même par ces paroles d'une effrayante vérité : a La course n'est point pour Tagilité, ni la guerre pour la bravoure, ni le pain pour la sagesse, ni les richesses pour la droiture, ni la faveur pour l'habileté : c'est l'occasion et le hasard qui décident de tout, et cela en plein jour, sub sole, au vu et au su de tout le monde. » A combien d'entre nous le souverain Maître ne pourrait-il pas dire, faites place à celui-ci, da huic locumf S'il ne confond point aujourd'hui notre orgueil, gardons-nous bien de nous en prévaloir : quiconque s'élève sera abaissé, dans un temps ou dans un autre. Dieu est patient parce qu'il est éternel et que nous ne saurions nous soustraire à sa justice suprême. Craignons donc, craignons toujours, quelle que soit notre

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élévation^ d'être réduits bientôt à descendre honteusement à la dernière place. (B.)

15. Mon ami y montez plus haut. — Bienheureux les humbles qui^ contents de leur condition^ savent s'y contenir et y borner leurs désirs! Ils possèdent tout à la fois et le cœur de Dieu et le cœur des hommes. Ce n'est pas qu'ils ne puissent monter aux plus hauts rangs : carPhumilité ne demeure pas toujours dans les ténèbres^ et Jésus- Christ aujourd'hui nous fait entendre que souvent dès cette vie même elle sera exaltée ; mais ce n'est point elle qui cherche à s'avancer et à paraître^ parce que de son choix, et suivant le conseil du Fils de Dieu, elle ne demande ni no prend que la dernière place ; parce que, pour la résoudre à en occuper une autre, il faut l'appeler^ il faut la presser, il faut lui faire une espèce de violence; parce qu'en changeant d'état, elle ne change ni de sentiments ni de conduite; que, pour être élevée, elle n'en est ni moins soumise à Dieu, ni moins charitable envers le prochain , ni moins détachée d'elle-même : que les honneurs, bien loin de la flatter, lui sont à charge, et qu'au lieu d'en tirer une fausse gloire, elle les tourne à sa confusion; qu'elle n'emploie jamais plus volontiers le pouvoir dont elle est revêtue que lorsqu'il s'agit d'obliger, de soulager, de faire du bien. Fût-elle au comble de la grandeur, non-seulement on l'y voit sans peine, mais il n'est personne qui ne lui applaudisse, qui ne lui donne son suffrage, qui ne la vénère et ne la connaisse. (Bourdaloce.)

16. Quiconque s'élève sera abaissé^ et quiconque s^abaisse sera élevé. — Puisque nous aimons tant l'élévation, cherchons-la où elle est; cherchons celle qui durera toujours. 0 l'admirable ambition que celle de régner éternellement avec le Fils de Dieu, et d'être assis à jamais sur un même trône avec lui ! Mais quelle ambition, quelle jalousie d'enfant, que de s'empresser pour avoir des noms parmi les hommes, pour parvenir à une réputation encore moins solide que la fumée, qui est le jouet du vent! Faut-il se donner tant de peines pour avoir quelques gens qui se disent nos amis sans l'être, et pour se soutenir de vaines apparences! Aspirons à la véritable grandeur; elle ne se trouve qu'en s'abaissant sur la terre. Dieu confond le superbe dès cette vie; il lui attire l'envie, la critique et la calomnie; il lui cause mille traverses, et, enfln, il l'humiliera éternellement 1 et l'humble qui se cache, qui veut être oublié, qui craint d'être recherché du monde, jsera, dès cette vie, respecté pour n'avoir pas voulu l'être, et une éter-

t94 LÀ TIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. CH. Lxn.

•elle g^loire sera la récompense de son mépris pour la gloire fausse et méprisable. (Fénelon.)

16. Quiconque s'élève sera (Aaissé^ et quiconque s'abaisse s^raéievé. — QueUe que soit la sagessse qui brille en vous, craignes toujours d'avoir une trop hante idée de vous-même ; et n'allez pas^ dans an orgueil insensé, vous fier trop sur vos propres forces^ ni mépriser ceux que vous Toyez à quelque degré au-dessous de vous. Tremblez devant Dieu ; que vos yeux osent à peine regarder le ciel. L'orgueil précipite l'homme au* la teire; l'espérance et rburariHté relèvent dans les deux. Si le démon funeste de l'orgueil chercbe à voos séduire ; s'il tente de pénétrer dans votre âme, souvenez-vous alors et de votre naissance et de ce que vous deviendrez quand la mort vous aura frappé : car le berceau et la tombe sont oomme deux rochers où les flots de l'orgueil ne peuvent manquer de v^lr expirer leur rage inutile.

(SaIMT GrBGOOIB SB NAZIAKZfi.)

16. Quiconque s'abaisse s^ra élevé. —Non-seulement il sera grand devant Dieu, mais encore il goûtera le bonheur, même dès cette vie. Car quoi de plus agréable <iue Thomme humUe, e)t*en naènie temps quoi de plus beuineuxt Dm Imulduciely IMen arrête «or tai ses regards de complaisance ; et le plus souvent, svr la ieame, tes lioiiiiiies lui dé-cernent d^eux-mêmes la gloire qu^xl ne dMrchaît point Vénéré comme un père, aimé comme un frère, il est partout lVxb)et de TattenUon la plus bienveillante et des soins les plus affectueux. Embrassons donc l'humilité y si nous voulons devenir non-seulement grands dans le ciely mais encore en «ce monde. (Sâxsw isàH-CuxsosTÔvE.)

21, -Um àimme fit un *granû isouper^ tet il y tomia itetucûvp ée mùnde. — €e( /»nme, c'est Dieu le Père .: car en tisant tes paraboles de rÉvangile, il faut quitter les images terrestres et s'étemr jusqa^à Tordre surnaturel pour (an découvrir toute la sfgnificafckuL Dieu donc, k créateur de Tunivers, te maître de la g'krire, fit mn grani seuper^ c'est-à-4iFe ordoraw sur toute la terre lune fête gënérate, ipour oélébrer l^ottomte admirable de la sagesse et de la charité du CluisL il Appelle oeite ifëte un souper, paiiœ que^c^st sur ia fin desstàoks que te Christ a babillé >parmi neus, >est mort |X)ur nous et bous a proposé «a chair pmr être la nourriture de «os âmes« £i il f canvéaA^meûupde monée^ savoir -: toute la multitude des luifs. El qui doae^ me dii«cvous id fêlait loelui que le Pèreia enDoyi, éi querÉvaogile appeUe auflâ 90» semimr f iésus-Cbrist lui-même : quoiqu'il fût Dieu par

CH.txix. lA VIE DE N. S. JÉSaS^CURIST. 295

naliire, et égal en tout à Dieu son Père, il s'est abaissé, il 8*est anéanti jusqu'à prendre la forme d'un servitetir, nous dit l'Âpôtre ; et dès lors on peut, sans blasphème, lui en donner ici le nom. Ce divin Serviteur alla donc dire aux conviés que tout était prêt. Vous vous demandez à vous-mêmes quels étaient ces mets qui attendaient les conviés. Mais dans un souper qui doit procurer à l'homme pécheur, esclave sur la terre et sujet à la mort, le bonheur véritable, pouvons-nous supposer d'autres mets que la rémission des péchés, la communication de l'Esprit-Saint, la grâce de l'adoption divine, le royaume céleste, et toutes faveurs de cette nature? C'est à ces biens spirituels que le Christ, notre Maître, a invité tous les hommes par les oracles de l'Évangile, en commençant par Israël. Et tous se mirent à s'excuser. Tous, comme d'un commun accord, je dis tous les Juifs, méprisèrent l'appel que Dieu daignait leur faire. Pourquoi ? Parce que le sentiment de leur dignité première les ayant abandonnés ainsi que le désir de rentrer dans rim« mortalité bienheureuse, ils s'étaient abandonnés, les uns à l'orgueil Ae la vie, les autres à ses travaux et à ses calculs, et presque tous à ses jouissances animales et matérielles. Les Juifs donc, je dis les sacrifica* teurs, les Pharisiens, les docteursde la loi, tous ceux, en un mot, qui passaient pour les heureux de la terre, aveuglés par l'incrédulité, refusèrent de prendre part au festin. Allez vile dans les places et dans les rues de la ville, dit alors le Père céleste. Et enfin, appelés par Jésus-Christ lui-même ou par ses apôtres, plusieurs des pauvres, des infirmes, des aveugles, des boiteux, de ceux que les Pharisiens considéraient comme des maudits, entrèrent dans la salle du festin; mais il s'en fallait qu'elle fût remplie. Allez dans les chemins et le long des haies^ ajouta la Bonté divine. C'est-à-dire qu'après avoir fait entrer dans son Église les hommes de bonne volonté qu'ils avaient pu trouver en Israël, Dieu se tourna vers la gentilité, et lui proposa, par ses apôtres, la faveur que les Juifs avaient refusée. Les nations, égarées dans les sentiers de Terreur et fatalement retenues dans ces voies funestes par des barrières infranchissables qui s'élevaient de l'un et de l'autre côté et se prolongeaient autant que le chemin lui-même, ne fermèrent point Toreille à Toffre salutaire qui leur était faite. Non*sealement le Seigneur les appelait , mais il avait dit à ses serviteurs : Ne vous bornez pas à une simple invitation, comme dans la Judée, mais forcez d^entrer. U fallait, pour déterminer ces peuples tant de fois victimes de l'erreur^ des mensonges de leurs passions et des séductions de l'esprit infernal, quelque chose de plus fort qu'une vocation ordinaire ; il fallait leur faire une sainte violence ; approcher de leurs lèvres, en quelque sorte, le

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calice divin»' et leur dire : Goûtez et voyez combien le Seigneur est doux, généreux et magnifique envers ceux qui viennent à lui.

(TiTEy évèque de Bostres.) 21. Un homme fit un grand souper auquel il invita beaucoup demonde. — Ce festin , selon la plus commune interprétation des Pères , qu'est-ce autre cliose que la divine Eucharistie T et n*est-ce pas ainsi que l'Église parait l'entendre, puisqu'elle a choisi cette parabole pour l'appliquer à l'adorable sacrement de nos autels? C'est un grand repas, un grand festin : grand par Texcellence et la qualité de la viande sacrée et du saint breuvage qui y sont servis, car c'est le corps même et le sang de Jésus-Christ; grand par le nombre de ceux qui s'y trouvent conviés : ce sont tous les hommes, du moins tous les fidèles ; grand par la dignité de leurs personnes et la sainteté de leursdispositions, puisqu'ils n'y doivent venir qu'en état de grftce ; grand par le lieu où il est préparé, c'est toute l'Église ; grand par sa durée, il ne finira qu'avec le monde; enfin^ grand par sa signification, parce qu'il contient une vérité dont les mystères de l'ancienne loi n'ont été que la figure et que l'ombre. Vous êtes tous appelés à cette table du Seigneur, et c'est pour vous Tannoncer de sa part qu'il vous envoie continuellement ses prédicateurs.

(BOLRDALOLE.)

23. Et tous se mirent à s'excuser. Le premier dit : Tai acheté une maison de campagne. — C'est ainsi que l'on s'excuse, pour l'ordinaire, de son éloignement de la communion. A l'exemple des conviés de l'Évangile, on dit : J'ai un bien àcultiver età faire valoir; j'ai un ménage à conduire et une maison à régler; je suis dans un trafic, dans un cours d'afl'aires qui m'occupe tout entier; et le moyen avec cela de fréquenter le sacrement de Jésus-Christ et d'y apporter la préparation convenable? Dès que j'y veux penser, l'ennui me saisit, et mon esprit malgré moi me porte ailleurs. J'en conviens, mon cher auditeur; mais comment ces soins temporels , comment ces embarras et ces mouvements du monde vous inspirent-ils le dégoût de la communion, si ce n'est pas le relâchement de vie où ils vous font tomber ? Dans cette dissipation perpétuelle où l'on vit, on oublie aisément Dieu et tout ce \m a rapport au culte de Dieu ; on n'est attentif qu'aux choses du jnonde , qu^aux vanités du monde , qu'aux divertissements du monde, qu'aux intérêts du monde, qu'à toutes les scènes différentes qui se passent dans le monde, et à la part qu'on y peut avoir ; on n'est touché que de cela, on en est rempli et possédé. Or, comme le cœur, livré à un objet, devient indifi'érent pour tous les autres, on perd peu à peu toutes les bonnes dispositions où l'on était a l'égard de la piclé; ou ne s'affec-

ai. ïxix. LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. 297

tionnc plus aux exercices du christianisme; on n'a plus qu'une foilanguissante , qu'une espérance incertaine , qu'une charité lâche et tiède, et c'est alors que l'on conçoit de l'éloignement pour lacom-munion. (Bourdaloue.)

23-24-25. Le premier dit au serviteur : Tai acheté une maison de campagne y et il faut que faille la voir: je vous prie de m^ excuser. Un autre dit à son tour : J'ai acheté cinq paires de bœufs , et je vais les essayer ; je vous prie de m^ excuser. Enfin un troisième : Je viens de prendre une épouse ; ainsi y je ne puis y aller. — En^ réfléchissant; nous trouverons que ce sont encore aujourd'hui ces mêmes raisons qui empêchent que l'on se rende à l'invitation de Jésus-Christ. Désirer voir une métairie que l'on vient d'acheter, qu'est-ce autre chose que l'amour de la domination et du commandement? Car^ dans cette métairie, il y aura des hommes auxquels on imposera sa volonté, et qui devront obéir; et c'est là ce qui séduit. Or, ne sont-ce pas d'abord les orgueilleux qui dédaignent de se rendre au festin mystérieux dont parle le Sauveur ? Ne devinez-vous pas de vous-mêmes ce que signifient les cinq paires de bœufs que l'on veut éprouver? Ceux qui allèguent cette raison sont des hommes éloignés de la foi, attachés aux biens de la terre et uniquement occupés de leurs sens corporels; qui ne croient qu'à ce qui charme les yeux, à ce qui enchante les oreilles^ à ce qui flalte le goût, à ce qui réjouit l'odorat, et à ce qui procure au toucher des jouissancesdélicates^Aussivoyons-nousencoreaujourd'huileshommes sensuels dire à leur tour : Je ne puis y aller; je vous prie de m'excuser. Pour nous, chrétiens, que ce ne soient pas ces cinq paires de bœufs qui nous retiennent et qui nous empêchent de nous présenter au festin de Jésus-Christ. Cherchons, non pas ce qui charme les yeux, mais ce qui éclaire notre foi; non pas ce qui séduit les oreilles, mais ce qui nous instruit de la science du salut; non pas ce qui flatte le goût, mais ce qui nourrit le cœur; non pas ce qui réjouit l'odorat, mais ce qui nous attire vers le souverain bien ; non pas ce qui procure au toucher une jouissance passagère , mais ce qui nous assure le bonheur de l'éternité. Quant à celui qui allègue pour prétexte le mariage qu'il vient de contracter, vous devinez sans peine que c'est Tesclave des voluptés charnelles. 0 vous qui n'aimez pas en Dieu et pour Dieu, mais qui n'aimez que d'un amour terrestre , quand donc aurez- vous des ailes comme la colombe? quand donc prendrez-vous votre essor vers cette région meilleure, où l'on trouve des jouissances plus vraies,

2M LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. en. l\ix

des délices plus pures, un repos plus parfait, un bonheur plus inal^ (érable? Quoi! pour ua moment de voluplé charnelle, tous renoncerez aux délices ineffables et éternelles de la maison de Dieu?

(Saint Augustin.)

ÉLÉVATION

Comment, Seigneur, pourrions-nous encore nous élever dans notre esprit, quand nous voyons le soin que vous prenez de nous prémunir contre les séductions et les illusions de Torgueil qui a fait tomber les anges, et qui a précipité l'homme sur la terre dont jusque-là il n'avait senti ni les épines ni les ronces? Gomment se relever d'une chute dont les suites ont été si funestes, et s'élever jusqu'au ciel? Ahl Seigneur^ il n'y a qu'une voie, celle de rhumilité, mais de cette humilité véritable qui fait reconnaître à l'homme que tout don vient de Dieu , et rengage sincèrement à imiter notre Sauveur descendu du ciel pour vivre au sein de la plus profonde humilité. 11 faut donc souvent nous répéter à nous-mêmes pour ne plus nous égarer dans les chemins tortueux de l'orgueilt que Dieu résiste aux superbes, qu'il donne sa grâce aux humbles; que celui qui s'élève sera abaissé, et que celui qui s'abaisse sera exalté* Vous nous offrez, mon Sauveur, un moyen sûr d'entrer dans ce sentier du salut; vous nous invitez au banquet céleste danslequel, humilié et anéanti, vous vous offrez vous-même comme aliment à nos ftmes. Nous irons à vous , Seigneur, pour apprendre la vraie humilité; si jusqu'à ce jour nous nous sommes excusés, sous les prétextes les plus frivoles, de répondre à votre pressante invitation, mieux éclairéssur nos véritables intérêts, nous ne laisserons pas prendre à d'autres la place que vous nous aviez accordée. Puissions-nous, après vous avoir suivi dans vos abaissements, vous suivre aussi un jour dans votre gloire 1

ŒAPITRE LXX.

118* Vena de Bélhabara à Jëi-osalem poor la fête de la Dédicace, Jésus déclare de nomreaa qn'ïl est le Fils de Diea, et quU! dUpo&e de la paiaiance divine ; les Juifs ▼ealent le mettre k morU— 19-22. Jésu retourne h Bélhabara saivi d*uiie grande foule de peuple. Porter ea croii, courage elprudeooe nécessaires (ren le 15 décembre, troisième annie de la vie publique du Sauveur) •

'Facta «antaatem Kn- Crnia in Jerosolymis : et hieois erat.

Et ambulabat Jésus in templo, in porlicu Salomonis.

Circnmdederant erg6 eitm Judsi, et dicebant ei : Qoôusqne animam nostram toUis? Si la es Christns, die aobis palan.

Respondit eis Jésus :

Loquor Tob'is , et non creclitis. Opéra qne ego faicio in Bomine Palrii roei, baec testimonium perhibent de me.

Sed Tos non credltis, qttia non «atis ex or>bDS meis.

Luc, XIY, 25-35; Jean» X, 22-42.

1 . Or, on célébrait à Jérusalem la Dédicace; et c'était l'hiver*.

2. Et Jésus marchait dans le temple, sous le portique de Salomon.

3. Et les Juifs l'entourèrent, ellui dirent : Jusques à quand nous tiendrez-vous en suspens? Si vous êtes le Christ, dites-le-nous ouvertement 2.

4. Jésus leur répondit : Je vous le dis, et vous ne croyez point. Les œuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi *.

5. Mais vous ne croyez point, parce que vous n'êtes pas de mes brebis*.

I ^ f . Il y eut chez les Juifs beaucoup de dédicaœs. Moïse dédia le tabernacle qu'il avait coQstruit dans le désert; SalomoQ dédia solennellement le temple qu'il avait érigé au Seigneur ; les Israélites, au retour de la captivité de Babylone, dédièrent le nouveau teropl«; les Machabées firent uoo seconde fois la dédicace de Tautel ei du temple profanés par Àntiochiis; Hérado, qui avait reconstruit te temple, en fit célébrer la dédicace le Jour de son avènement k la couronne, il est probable (|ue c'est de ranniversaire de cette dernière dédicace qu'il ti'agU ici ; cette Tète le célébrait, seloo toute probabilité, aprte le IS décenibre.

* f ^ Leur ioteftiion est encore d'obtenir de Jésus une parole qu'ils pûsmi Incriminer devant le peuple, et déoenœr an snoiiédrin : teur oondnite dumnt te passion du Sauveur le prouve surabondamment : m U s'est fait passer pour te Fils de Dieii,i»<:riatent-ils pour arracber au gouverneur roamrn une sentence de mort.

' ^ 4» Comme s'il disait •* Toas avez pour le43ffoire un donbte motif : ma paroto et mes œuvres.

^ t ^* Sous-entondu : Votce orgueil et votre incrédulité, dont Je sais te cause, vous eu empêchent.

soo

Ove» mew Tocem meam aodiunli et ego cogDocco eas, el Mqoantnr me.

El ego f iUm dernam ào t'a ; et non peribont in clernnm , el non rapiel eas quiaquam de mana meâ.

Pater meiu qood dédit floilii , majaa omnibna est ; el nemo potest raperede mana Patrî» mai.

Ego et Paler nncm •iimiis.

Soslnlerant ergè lapies Jodei, ut lapidarent «m.

Respondil cia Jesos :

Huila bona opéra ostendi Tobis ex Paire meo : proplcr quod eorom opus me lapidati»?

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