LES APOTRES, PAUL. ÜO
Christ dans le règne de sa divinité. Il a vu le temple, qui est l’univers, animé et resplendissant de sa majesté; ce qu’il exprime lorsqu’il dit que toutes choses ont été faites par lui, et que rien de ce qui a été fait n’a été fait sans lui, et que sa lumière éclaire tout homme venant en ce monde. Il a vu les mystères de son humanité remplissant son temple, c’est-à-dire son Église : « Et le Verbe a été fait chair, et nous avons vu sa gloire comme Fils unique du Père, plein de grâce et de vérité. » Ainsi la vision d’Isaïe contient toute la matière de l'évangile de Jean. Que ce barbare, cet illettré, poursuit saint Jean Chrysostôme, parle ainsi et dise ce que personne parmi les hommes n’avait entendu jamais, voilà déjà un grand miracle; mais une preuve plus forte de l’inspiration divine, c’est que tous, dans tous les siècles, comprennent les vérités qu’il révèle et en soient persuadés. D’où vient en lui cette vertu? Il épanche, répond l’évêque d’Hippone ce qu’il a puisé. L’Esprit-Saint, dans son Evangile même, dit de lui que, pendant la Cène, sa tête posa sur la poitrine du Seigneur. Il puisait mystérieusement à cette source, et ce qu’il a puisé dans le mystère , il le verse solennellement.
Le miracle de l’évangile de saint Jean termine le siècle de Jésus-Christ. Dernier don de cette ère de grâce, il laisse au monde nouveau un écho
6lO LIVRE IX, CHAPITRE XXXVIII.
toujours vivant de la parole qui l’a engendré -, ou plutôt c’est cette parole elle-même qui reste à jamais lumineuse et féconde. Elle met à jamais au-dessus de toutes les atteintes la connaissance de Dieu, l’amour de Dieu pour les hommes, l’obligation où sont les hommes de servir Dieu et de s’aimer les uns les autres, obligation qu’ils ne peuvent remplir que par Jésus-Christ. Dans les efforts que l’esprit de négation, qui est l’esprit de Satan, a faits depuis des siècles pour renverser le Christianisme, les plus ardents et les plus subtils ont été dirigés contre l’évangile de saint Jean. Ils ont été vains, ils le seront toujours; ils pourront ébranler quelques faibles âmes, ils ne renverseront pas la conscience du genre humain. La raison de leur impuissance, saint Jean lui-même nous la fait connaître : — J’ai écrit, nous dit-il, « afin que vous croyiez que Jésus-Christ est Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie ».
CONCLUSION
(il I