‹ La vie de Notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 16 sur 106 · LES PREMIERS DISCIPLES. I · texte numérisé non relu

LES PREMIERS DISCIPLES. I

Nathanaël répond : « D’où me connaissez-vous? Il pensait sans doute que Philippe l’avait dépeint. Jésus se prête à sa faiblesse et lui donne un signe. « Avant que Philippe t’appelât , je t’ai vu sous le figuier. » Nathanaël montre une sincérité qui explique la condescendance du Sauveur. Il ne résiste pas davantage : — Maître, dit-il, vous êtes le roi d’Israël! Notre-Seigneur lui répond comme il répondra plus tard à la confession de Thomas : « Tu crois, parce que je t’ai vu sous le figuier, tu verras quelque chose de plus grand. » Les paroles qu’il ajoute se rapportent au songe prophétique de Jacob, dont il vient d’évoquer le souvenir, et en même temps elles invitent ses premiers disciples à une attente plus haute que celle d’un Messie temporel : « En vérité, en vérité, je vous le dis, vous « verrez le ciel s’ouvrir au-dessus du Fils de « l’homme, et les Anges monter et descendre. »

C’est tout, et voilà comment furent attachés les premiers disciples. Point de discours, point de miracles éclatants, nulle promesse des choses de la terre. Il se tourne vers André et Jean, il regarde Pierre, il dit à Philippe : Suis-moi; à Nathanaël : Je t’ai vu. Tous demeurent, tous seront fidèles jusqu’à la mort, tous mourront en témoignage de leur foi et verront le ciel s’ouvrir. Cette première promesse de Jésus prophétise le Thabor, l’Ascension et le ravissement du premier martyr de l’Evangile , ce doux Etienne qui , tombant lapidé , s’é-

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criera : — Je vois les deux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu!

Malgré la brièveté de cette esquisse , et tant de choses qu’il a fallu omettre , il est difficile de n’y pas reconnaître Dieu. Et cependant à peine Ta-ton vu. Mais quel autre que Dieu eût pu de la sorte disposer les temps , s’annoncer par de tels hérauts , leur inspirer un tel langage , remplir ainsi le passé et l’avenir ! Tout l’Evangile est dans ce prologue, tout le dogme , toute la morale , tous les combats , toute la gloire, en un mot toute la divinité. L’homme obéit et souffre, le Dieu commande, la foi est le fondement de tout. En dehors de la personne divine, il n’y aura point de miracle plus grand que la conception et la vie de Jean-Baptiste, ni de sainteté plus parfaite que la sienne et celle de Marie et de Joseph, ni d’humilité plus profonde que la naissance à la crèche et la vie à Nazareth, ni de travail plus dur que les quarante jours au désert. Le Thabor ne sera pas plus lumineux que la nuit de Bethléem et la glorification sur le bord du Jourdain ; la sagesse incréée ne se manifestera pas par des actions plus victorieuses et des paroles plus profondes ; la prophétie , cette prise de possession des temps futurs , ne révélera pas davantage le maître et le possesseur de l’éternité . Le Roi est au milieu de sa cour , le conquérant est à la tète de son armée. Il marche précédé de ses Prophètes sur la terre et dans les cieux ; il porte

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