LES PREMIERS DISCIPLES
de Mahomet? Où en est celle de Luther? Et euxmêmes où sont-ils ? Même en éloignant l’idée des peines éternelles, que leur reste-t-il des larmes et du sang qu’ils ont fait couler?
Jésus ne montre à Satan ni la faiblesse de l'homme, ni la puissance de Dieu. Employant la sagesse victorieuse de l’homme instruit de Dieu et fidèle à Dieu, il lui répond à chaque fois par une brève sentence de l’Ecriture, et le renverse comme David tua Goliath, avec une petite pierre ramassée dans le torrent.
Lors de la venue des Mages, les Juifs ont donné eux-mêmes un signe de leur réprobation; ils en donnent un second plus décisif après le séjour de Jésus-Christ au désert. Jean-Baptiste leur ayant déclaré qu’il n’est point le Christ ni Elie, ajoute :
« Il y en a un au milieu de vous que vous ne connaissez point. » Les grands, les riches, les savants, qui ont député vers Jean-Baptiste reçoivent cette parole et ne s’informent pas davantage, et Jean- Baptiste se tait. Mais le lendemain, n’étant entouré que des siens, qui sont simples et droits, sans aucune question de leur part, il leur montre Jésus :
« Voici l’Agneau de Dieu! » Et Jean et André, disciples de Jean-Baptiste, suivent Celui de qui il a été prédit que « les justes l’aimeront. » Ainsi Jésus voulut faire à son précurseur l’honneur de recevoir de lui ses deux premiers disciples.
On a vu plus haut les seules paroles que dit Jé-
sus pour se les attacher : « Venez et voyez. » Voilà tout. Ils restèrent avec lui. L’Évangile marque le moment : « C’était à la dixième heure », c’est-à-dire, vers le soir. Sur le soir de la vie, fussions-nous couverts des ombres du péché et déjà touchés du froid de la mort, ne disons pas qu’il est trop tard; cherchons Jésus : Seigneur, où est-ce que vous demeurez? Et il nous conduira à sa demeure, aux demeures éternelles.
Jésus a voulu attendre le signal de Jean-Baptiste. Le jour suivant, André lui amène Simon, et Simon fait le premier acte de grande foi, car il n’a pas, comme André et Jean, la parole pleine d’autorité de Jean- Baptiste. Nul personnage de l’Évangile n’a cru si fermement ni sur un fondement ostensiblement moindre. Jésus l’a vu , intuilus cttm, jusqu'au fond, et lui dit : « Tu seras Pierre. » Ensuite, Philippe est appelé spontanément, par cette seule parole de Maître : « Suis-moi. »
Philippe parle à Nathanaël. Celui-ci est d’un autre caractère : il raille. Philippe, homme simple, peu instruit, ne conteste pas. A quoi bon ? Il se contente de dire : « Viens voir. » Et Jésus a doucement pitié du railleur, esprit obscurci, mais droit. Il l’attire : « Voilà, dit-il, un véritable Israélite, en qui il n’v a nul artifice. » Israël signifie sincère, qui va droit devant Dieu , et ce nom fut substitué à Jacob, qui indique la ruse, parce que de Jacob devait naître Celui qui csr la Vérité.