‹ La vie de Notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 28 sur 106 · LA SAMARITAINE · texte numérisé non relu

LA SAMARITAINE

sance de Dieu. Le Fils de Dieu accomplit et parfait en deux manières l’œuvre du Père : dans l’Homme, lorsqu’il nous fait voir en sa personne la nature humaine sans péché , sans corruption, digne de l’amour divin -, dans la Loi, car le Christ est la Jin de la Loi ; il amène à maturité tout ce qu’elle contenait, et il élève le monde du culte corporel au culte spirituel.

Ce fut la leçon que Jésus donna aux Disciples, en leur disant qu’ils moissonneraient ce que d’autres avaient semé, et que cette récolte, qui serait de fruits pour la vie éternelle, réjouirait ceux qui avaient fait les premiers travaux, c’est-à-dire les Prophètes. C’était encore indiquer l'accomplissement de la Loi, et comment l’œuvre du salut n’est qu’une même œuvre de Dieu, entreprise dès le commencement. Ils ne l’entendirent point encore, mais ils se souvinrent. Eux aussi, moissonnant, devaient semer. Car le missionnaire du Christ moissonne et sème en même temps •, il fait le double travail du prophète et de l’apôtre. Et parce que l’Eglise est Une dans la durée des temps, au rebours de ce qui se passe dans le monde, la joie de celui qui moissonne à mains pleines est la récompense et la joie de celui qui a semé dans la douleur et dans la stérilité, et qui n’a pas même vu verdir le sillon.

La Samaritaine avait dit à ses concitoyens : « Venez voir, ne serait-ce point le Christ? » Un

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grand nombre reçurent cette parole. Sortant de la ville, ils accoururent près de Jésus, le virent et le prièrent de demeurer chez eux. Il y resta deux jours, et après l’avoir ouï parler, il y en eut beaucoup plus qui crurent en lui. Ils disaient à cette femme : « Ce n’est plus sur ton témoignage que nous croyons -, nous l’avons entendu nous-même, et nous savons qu’il est en vérité le Sauveur du monde. » Ils affirment ce qui ne leur a été présenté que comme doute. Cependant ils n’avaient point vu de miracles ; la seule parole les a convertis. Comme ils sont sortis de leur ville pour entendre la parole, de même, en recevant cette parole sincère , ils quittent toute autre doctrine. L’Évangéliste, selon la remarque d’Origène, prend soin de dire qu’ils le priaient non pas d’entrer dans la ville, mais de « demeurer chez eux. » Or, Jésus reste auprès de ceux qui lui en font la prière, surtout lorsque sortant de leur ville, se dépouillant d’eux-mêmes , ils viennent vers lui.

L’épisode de la Samaritaine signale l’avénement et le caractère de la religion définitive, et nous fait voir comme de nos yeux la forme et le miracle de la prédication de Jésus. Tout a la simplicité des choses les plus ordinaires de la vie, et tout est divin -, il semble que tout soit le pur effet du hasard, et plus on regarde, plus on trouve de profondeurs éternelles dans la préparation, dans le fait et ‘ \ .

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dans les suites, qui durent toujours et qui seront éternelles.

Observons que cette mission à Samarie était Faction qui pouvait davantage compromettre Jésus parmi les Juifs, s’il avait, comme on le dit, recherché la popularité. L’aversion pour les Samaritains était universelle et rendait l’opinion plus redoutable même que les prohibitions légales. Cette ville de Sichem, où il osait séjourner, les Juifs la nommait Sichar , c’est-à-dire Ivrognerie. Il ne tint pas compte de ces préventions. Son immense condescendance pour les misères humaines n’a jamais flatté une erreur. Double marque de sa divinité, qu’il ne l’ait pas fait et qu’il ait pu ne le pas faire (i).

(i) Le martyrologe romain et le ménologe des Grecs font mémoire de la Samaritaine au 20 mars, et la nomment Photine. Elle s'attacha à N. -S. ; la tradition dit qu’elle était au Calvaire et au Cénacle. Sainte Photine fut exilée en Afrique, où elle reçut la couronne du martyre, à Carthage, l’an 60 de la Rédemption, en même temps que ses deux tils, les saints martyrs Joseph et Victor, et ses cinq sœurs, qu’elle avait converties. Ses reliques sont à Rome, dans la basilique de Saint-Paul (Cornélius a Lapide).

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