MALADES GUÉRIS, BELLE-MÈRE DE SIMON-PIERRE
Aux yeux des Pharisiens, Jésus était déjà coupable des crimes de Jean- Baptiste. Ces hypocrites n’ignoraient point ce que disait de lui la Voix du désert, et ils ne pouvaient tarder de le rendre également suspect. Son heure n’était pas venue ; il se mit à l’abri, donnant à l’Église l’exemple de fuir quand l’occasion l’exige. Elle en aura besoin !
Parvenu en Galilée, il continua d’instruire et de faire des miracles. « On était tout étonné de sa doctrine, car il enseignait comme un homme qui a autorité, et non pas comme faisaient les Scribes. '> L’autorité est aussi le caractère de ses miracles. Étant à Cana, un officier vint le prier de guérir son fils, qui se mourait à Capharnaüm. Jésus, connaissant sa foi encore imparfaite, lui dit : « Si « vous ne voyez, vous autres, des miracles et des « choses extraordinaires, vous ne croyez pas. » L’officier, préoccupé du danger de son fils, ne chercha pas à se justifier. « Seigneur, dit-il, venez avant que mon fils meure. » Jésus lui dit : « Allez,
votre fils est plein de vie. » l’Evangile ajoute : « Il crut ce que lui dit Jésus et s’en alla. » Il crut! La parole divine a fait un double miracle, apporté une double grâce-, le corps du fils est guéri, le cœur du père est changé*, l’un reçoit la santé, l’autre la foi.
La même autorité souveraine paraît dans toutes les œuvres de Jésus. C’est par une parole qu’il guérit les aveugles, les sourds, les paralytiques et
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qu’il chasse les démons du corps des possédés. Quelquefois cependant il emploie certains signes -, il touche les malades ou leur impose les mains. C’est qu’il veut alors, soit donner un enseignement particulier, comme nous le verrons ailleurs, soit montrer, dit saint Augustin, que son corps est l’organe de la Divinité.
A Capharnaüm, où il demeurait dans la pauvre maison de Simon-Pierre, circonstance significative, on lui amena tous les malades et tous les pos^ sédés. En présence de tous les habitants rassemblés devant la porte, il les guérit, accomplissant cette parole du Prophète : Il a pris sur lui nos infirmités et il s’est chargé de nos maladies. « Et les démons, sortant du corps des possédés, criaient : Vous êtes le Fils de Dieu! Mais Jésus les faisait taire, parce qu’ils savaient qu’il était le Christ. »
Il faut mentionner particulièrement une de ces guérisons qui fut une promesse pour les Juifs, si souvent repris et si terriblement châtiés. La bellemère de Simon-Pierre, affaiblie par l’âge et tourmentée d’une fièvre violente, était en péril de mort. Les Disciples prièrent Jésus de la secourir. Il commanda à la fièvre, et aussitôt cette malade, nonseulement guérie mais pleine de force, se leva et les servit. Pour saisir le sens spirituel du miracle, disent les interprètes, et comprendre ce que représente la belle-mère de Pierre, rappelons-nous que l’épouse du Prince des Apôtres est l’Église. La
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