TEMPÊTE APAISÉE, DÉMONS VAINCUS
belle-mère est donc la Synagogue, de qui l’Église est née ; elle est cette pauvre gisante travaillée d’envie, d’avarice, de haine, décrépite et dévorée du souci des choses profanes. Elle ne mourra pas, et cependant elle sera ressuscitée, mise en possession d’une vie qu’elle n’a point connue. Le Sauveur, qui demeure chez Simon-Pierre, étendra vers elle la main, et elle se lèvera pour le bénir et le servir.
Un jour que Jésus s’était embarqué sur le lac pour aller chercher quelque repos dans une solitude voisine, il survint une grande tempête. L’eau, entrant dans les barques, les menaçait d’un naufrage prochain. Cependant Jésus paraissait dormir. Les Disciples effrayés crièrent : « Seigneur, sauveznous, nous périssons! » Mais, disent les Pères, il est écrit que le gardien d’Israël ne dormira ni ne sommeillera jamais. Il dormait comme il s’était reposé au puits de Jacob, pour nous montrer qu’il avait pris un corps semblable au nôtre ; il veillait par la Divinité, et la Divinité avait ordonné que cette tempête éclatât afin que nous eussions une preuve de la puissance de Jésus, égale sur les hommes et sur les éléments. Il s’éveilla donc, et dit aux Disciples : « Hommes de peu de foi, que craignez-vous ? » Ensuite, s’étant levé, il étendit la main sur le vent, et dit à la mer : « Apaise-toi. » Et soudain il se fit un grand calme. David avait chanté : Les eaux vous ont vu. Seigneur, les eaux vous ont vu, et elles ont craint. C’est vous qui
commande \ à la force de la mer, gui modère ■{ ses flots et qui assoupisse \ sa fureur !
Par ce miracle, dit saint Jérôme, nous devons comprendre que toutes créatures reconnaissent Jésus-Christ pour auteur et obéissent à sa voix. Non que les choses matérielles aient une âme et des sens, comme certains hérétiques l’ont rêvé ; mais telle est la majesté de Dieu, que ces choses insensibles pour nous deviennent sensibles devant lui. Et les témoins, les Disciples et les autres, qui avaient cru périr, saisis d’une nouvelle frayeur, se disaient entre eux : « Quel est celui-ci qui commande aux vents et à la mer, et ils lui obéissent ! »
Ce n’est plus Pierre qui a peur maintenant. L’Église, en faveur de qui le miracle fut donné, en atteste le renouvellement ou plutôt la permanence ; elle y puise une invincible sécurité. Bien des fois elle a vu les vents secouer la mer ! Mais elle connaît la puissance de Celui qui veille lorsqu’il semble dormir. Elle l’invoque, et, soit qu’il apaise soudain l’orage, soit qu’il le laisse suivre son cours, la barque menacée ne sombre pas. Au contraire, la tempête elle-même la protège par les naufrages qu’elle multiplie en voulant la submerger. Et Pierre, debout à la place du Maître, gouverne dans les périls avec une fermeté que ne peut troubler aucune terreur.
Pendant ce voyage évangélique, Jésus montra de nouveau publiquement sa puissance sur le démon.
Diqi