‹ La vie de Notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 48 sur 106 · ANNONCE DE I,’ E UCHAR I ST I E · texte numérisé non relu

ANNONCE DE I,’ E UCHAR I ST I E

des choses nécessaires. Ils n’attendaient rien de plus du Messie.

Le moment était arrivé de leur en donner une idée plus haute, et de faire entendre quel pain le Messie apportait au monde.

Jésus leur dit donc qu’ils le cherchaient parce qu’il les avait rassasiés de pain, mais qu’ils devaient travailler non pour la nourriture qui périt, . mais pour celle qui demeure jusque dans la vie éternelle, et que c’était cette nourriture que le Fils de l’homme leur donnerait.

Ils lui demandèrent quelles œuvres les rendraient agréables à Dieu. Jésus leur répondit :

« L’œuvre de Dieu , c’est que vous croyiez en Celui qu’il a envoyé. » Car la foi produit l’humilité, le désir, l’amour et toutes les œuvres de la vie.

Mais l’esprit des Pharisiens fermentait en eux. Ils nièrent que les miracles dont ils étaient témoins dussent les obliger de croire. Faisant allusion à la multiplication des pains , qui était tout à l’heure le fondement de leur espérance, ils objectèrent que Moïse avait fait bien plus, en nourrissant leurs pères dans le désert avec la manne, comme il est écrit : Il leur a donné un pain céleste à manger. Jésus leur répondit :

« Le vrai pain céleste n’est pas de Moïse, mais « de mon Père. Car le vrai pain de Dieu est « celui qui vient du ciel et donne la vie au

« monde. » Ils lui dirent : Seigneur , donneznous toujours de ce pain-là.

Alors Jésus , entrant dans les profondeurs du mystère , leur dit : « Je suis le pain de vie. « Celui qui vient à moi n’aura point de faim, « et celui qui croit en moi n’aura jamais soif... « C’est la volonté de mon Père qui m’a envoyé, « que quiconque voit le Fils et croit en lui ait « la vie éternelle; et je le ressusciterai au der- « nier jour. »

Paroles vraies à la lettre, mais que les Juifs n’entendirent pas et ne voulaient pas entendre.

Cette vie éternelle dont parlait Jésus, étant exempte des misères et des besoins de la vie présente, il est vrai littéralement que quiconque la possédera n’aura plus faim et n’aura plus soif, mais sera pour jamais parfaitement rassasié. Et encore que la vie éternelle ne doive commencer qu’à la résurrection , cependant il est vrai que dès la vie présente elle existe en ceux qui se nourrissent du pain vivant. Mêlé à leur chair, le pain eucharistique y insère le germe immatériel de leternelle vie, et la mort naturelle ne le détruira pas. Il sera conservé dans leurs ossements arides, aucun atome de leur poussière dispersée n'en sera disjoint; il y dormira jusqu’au jour où Dieu commandera qu’il éclose, et aussitôt cette chair revivra ou plutôt fleurira, pleine de gloire, revêtue d’immortalité, dépouillée des concupiscences qui ont été la cause de sa

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corruption. Rien d’impur ne restera plus en elle, rien que puisse atteindre l’aiguillon de la mort : le contact du Fils de Dieu aura détruit et consumé le principe de la mort. Ce que la foi de l’homme a cru et désiré , l’amour de Dieu l’a voulu et l’a fait.

Au lieu de croire et d’attendre l’explication de ce qu’ils ne comprenaient pas, les Juifs se mirent à murmurer comme ceux de Nazareth, dont plusieurs peut-être étaient parmi eux : — N’est-ce pas là Jésus, le fils de Joseph? Que nous dit-il, qu’il est descendu du ciel ?

Jésus les avertit sévèrement de ne point murmurer; et après quelques mots souverains, réservés , pour ainsi dire , à l’interprétation de saint Paul et de l’Église, afin d’éclairer plus tard le mystère de la grâce, il continua son discours.

Mettant le poids et le joug de l’autorité divine sur leur raison révoltée, il leur apprit que ce pain mystérieux qu’il leur annonçait, c’était lui-même, c’était sa chair : « En vérité, en vérité, je vous « le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle. « Je suis le pain de vie. Vos pères ont mangé la a manne dans le désert et ils sont morts. C’est ici « le pain descendu du ciel, afin que si quelqu’un en « mange, il ne meure point. Je suis le pain vivant « qui suis descendu du ciel. Si quelqu’un mange « de ce pain, il vivra éternellement : et le pain « que je donnerai, c’est ma chair. »

A ce mot, les murmures redoublèrent : Gomment cet homme peut-il nous donner sa chair à manger? Continent ! mot judaïque, dit saint Cyrille, Du droit de sa divinité, Jésus répondit par une affirmation nouvelle : « En vérité, en vérité, je « vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils « de l’homme et si vous ne buvez son sang, vous « n’aurez point la vie en vous. Celui qui mange « ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, « et je le ressusciterai au dernier jour : car ma « chair est véritablement une nourriture, et mon « sang est véritablement un breuvage. Celui qui « mange ma chair et boit mon sang demeure en « moi et moi en lui. Comme mon Père qui est « vivant m’a envoyé et que je vis par le Père, « de même celui qui me mange vivra, aussi par « moi. C’est ici le pain qui est descendu du ciel. « Il n’en est pas comme de vos pères qui ont « mangé la manne et qui sont morts; celui qui « mange ce pain-ci vivra éternellement. »

L’homme, dit Bossuet, raisonne toujours contre les bontés de Dieu, par conséquent contre luimême. Ceux-ci crurent que Jésus leur parlait de la chair d’un homme semblable aux autres, de la chair du fils de Joseph ; que ce serait une chair semblable à celle dont les hommes nourrissent leur corps; et enfin, une chair qu’ils consumeraient en la mangeant. A ces trois erreurs Jésus fait trois réponses. — Je suis le pain vivant des

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