‹ La vie de Notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 47 sur 106 · SECONDE TEMPÊTE APAISÉE · texte numérisé non relu

SECONDE TEMPÊTE APAISÉE

luttait contre le vent. Vers la quatrième veille de la nuit (trois heures du matin'' , ils n’avaient fait que vingt-cinq ou trente stades. Jésus, voyant qu’ils ramaient avec peine, se rendit près d’eux, et il marchait sur les flots agités. Les Disciples l’aperçurent, se dirigeant comme s’il voulait les dépasser, et crurent voir un fantôme. Ils jetèrent un cri. Jésus leur dit : « C’est moi, ne craignez point. « — Seigneur, s’écria Pierre, si c’est vous, ordonnez que j’aille à vous sur les eaux î Jésus lui dit : « Viens. » Et Pierre, sorti de la barque, marchait aussi sur la mer. Mais le vent était fort, Pierre eut peur, et au même instant il enfonça. Celui qui n’a pas craint de s’engager sur la profondeur de l’abîme se laisse ébranler par le bruit du vent. C’est le même homme que son amour pour Jésus traînera au prétoire, et à qui la voix d’une servante fera renier Jésus.

Toutefois, l’Apôtre n’outragea pas le cœur de son Maître au point d’oublier sa puissance et sa bonté. Il cria : — Seigneur, sauvez-moi ï Jésus le prit par la main et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Si sa foi avait été ferme, le vent n’aurait pu lui nuire, la mer serait restée solide sous ses pieds. Ce n’était pas Pierre qui marchait sur les eaux, dit saint Jérôme, c’était la foi. Pierre avait besoin de l’apprendre; Jésus lui a donné de le savoir pour toujours. Il le prit par la main. Comme la mère

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voyant le péril de son petit, qui est sorti avant le temps, le prend sur ses ailes et le reporte au nid, ainsi fait Jésus. Alors Jésus monta avec Pierre dans la barque, et aussitôt le vent cessa ; et immédiatement la barque se trouva au rivage où ils allaient.

Jésus avait marché sur les eaux, il y avait fait marcher Pierre , il avait apaisé la tempête , un trajet de plusieurs heures avait été franchi en un moment. Les yeux des Disciples ne s’étaient pas ouverts à la multiplication des pains; mais ces nouveaux miracles, multipliés pour eux seuls, firent enfin tomber le bandeau. Ils adorèrent leur Maître et lui dirent : Vous êtes vraiment le Fils de Dieu.

Tout le pays fut promptement informé de la présence de Jésus. En quelque lieu qu’il entrât, bourg, ville ou village, on y apportait les malades. Rangés sur les places publiques , ils le priaient de leur laisser toucher seulement le bord de sa robe, et ils s’en allaient guéris.

Les hommes qui avaient profité de la multiplication des pains voulaient toujours le proclamer roi. Après l’avoir cherché sur les bords du lac, depuis le jour de la multiplication des pains, ils se trouvèrent réunis en grand nombre à Capharnaüm lorsqu’il y revint. Au fond de leur zèle, comme la suite le prouve, il n’y avait que le désir d’une vie oisive dans l’abondance

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