ENFANT DÉLIVRE DU DEMON, LE DIDRACHMK
de tant de merveilles. Il fallait aussi, par ces prédictions réitérées, leur apprendre que la Passion et la mort du Fils de Dieu seraient pleinement volontaires, puisque Celui qui pouvait les prévoir, pouvait aussi facilement les éviter. Mais ils ne comprenaient pas encore, et ce langage les désolait. Leur ambition en était blessée , non moins que l’amour qu’ils [portaient à leur Maître. Partagés entre l’espérance et la crainte, ils n’osaient l’interroger là-dessus.
Les Évangiles ne rapportent qu’un seul des miracles que Jésus lit à Capharnaüm durant ce dernier séjour. On y voit également la puissance du Fils de Dieu et l’humilité du Fils de Marie.
Les percepteurs du didrachme, qui se levait pour l’enttetien du Temple , s’informèrent à Pierre si son Maître ne payait pas le tribut. Pierre se rendit près -de Jésus pour l’avertir; mais Notre-Seigneur le prévint. Il lui demanda de qui les z ns de la terre exigent des tributs, , si c’est de leurs enfants ou des étrangers ? Pierre répondit : Des étrangers. — « Les enfants, reprit « Jésus , en sont donc exempts. Néanmoins,
« ajouta-t-il, afin de ne les point scandaliser, va « jeter l’hameçon et prends le premier poisson « qui montera : dans sa bouche tu trouveras « une pièce de quatre drachmes. Donne-la-leur « pour moi et pour toi. »
3lO LIVRE IV, CHAPITRU XV.
Jésus, dit Origène, ne portait pas l’image de César ; le prince de ce monde n’avait rien en lui. C’est pourquoi il prit du sein de la mer, non de ce qu’il possédait, la pièce de monnaie dont il paya le tribut. Ce tribut qu’il ne voulut point refuser, il ne l’acquitta pas non plus d’une manière ordinaire. Après avoir fait remarquer qu’il n’y est pas soumis 4 alors seulement il le paye. Il paye afin que les collecteurs ne soient point scandalisés ; il se montre libre afin de ne point scandaliser ses Disciples.
Ces marques et ces attestations nouvelles de la Divinité faisaient oublier aux Disciples les appréhensions qu’ils devaient concevoir. Une contestation s’éleva entre eux pour savoir qui était le plus grand. Jésus, connaissant leur pensées, leur demanda, quelques instants après, de quoi ils avaient disputé ; mais ils n’osèrent lui répondre. Ils étaient assez instruits pour prévoir qu’il condamnerait leur ambition. Alors il leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit « le dernier de tous, et le serviteur de tous. » Et prenant un enfant, qu’il tint près de lui au milieu des Disciples, il glorifia la candeur et la simplicité de l’enfance : « Quiconque donc, ajouta- « t-il, se fera petit comme cet enfant, celui-là est « le plus grand dans le royaume des cieux. »
Après cet enseignement sur l’humilité, il leur parla de la charité. C’est là que fut proposée la