‹ La vie de Notre-Seigneur Jésus-ChristChapitre 75 sur 106 · LES BANQUETS DE JÉSUS, L HYDROPIQUE · texte numérisé non relu

LES BANQUETS DE JÉSUS, L HYDROPIQUE

hydropique, qui se tenait devant lui. Jésus dit aux docteurs : — « Est-il permis de guérir le « jour du Sabbat ? » Ils gardèrent le silence. Alors Jésus prit F Hydropique par la main, le guérit et le renvoya. Puis , connaissant' les pensées des convives, il leur dit : « Qui de vous, si son âne « ou son bœuf tombe dans une fosse le jour du < i Sabbat , ne l’en retire pas aussitôt ? » Et ils ne surent que répondre.

C’est le quatrième banquet où nous voyons Jésus. Comme dans les autres, il y fait acte de grande miséricorde et de grand enseignement. Il allait aux festins, parce que là aussi on avait besoin de le voir, et que ceux qu’il y trouvait ne venaient point l’entendre. Les Pharisiens euxmêmes, il voulait les sauver. En même temps il portait le bienfait de sa présence à leurs serviteurs, qu’ils ne laissaient point libres d’aller à Lui. Comme la colombe qui embrasse ses petits menacés par l’oiseleur, dit saint Augustin, il apparaissait corporellement au milieu des réjouissances du monde, de même qu’à présent il apparaît encore à notre pensée pour nour rappeler où est le vrai festin et la vraie joie.

A cause de la grande renommée de Jésus, les Pharisiens le reçoivent volontiers -, ils l’invitent même. Mais, au lieu de l’écouter, ils l’observent. Il le sait; il voit leur malice quand l’Hydropique s’avance et se place devant lui, modèle de

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foi dans sa muette et persévérante prière. Les Pharisiens pensent en eux-mêmes : Que fera-til ? S’il guérit ce malade, nous l’accuserons de violer le Sabbat ; s’il le renvoie sans le guérir, il n’est donc pas si miséricordieux qu’il le persuade au peuple imbécile !

Jésus, d’un seul mot, déjà prononcé en semblable rencontre, les déjoue : « Est-il permis de « guérir le jour du Sabbat ? »

Les Pharisiens n’osent rien dire. Cette question qu’ils résolvaient unanimement contre Jésus, était controversée entre eux. Plusieurs prétendaient qu’on ne devait pas même donner aucun remède, à moins qu’il n’y eût péril de mort; d’autres étaient moins rigoureux. Jésus leur montre à tous qu’il peut se passer de leur congé et qu’il ne craint pas leur haine ; il enseigne que c’est bien sanctifier les jours de fêtes que les consacrer à la charité ; il récompense la foi de cet infirme qui attend humblement et qui n’ose prier qu’en présentant son mal. L’ Hydropique est guéri. Voilà le crime que les Pharisiens attendaient. Jésus entend les murmures qu’ils n’osent articuler, et il y répond : — « Si c’était votre bœuf ou votre âne , votre moindre intérêt temporel qui fût en péril, vous ne songeriez guère au Sabbat ! »

Le bœuf et l’âne sont nommés pour renouveler à l’esprit des Pharisiens la prophétie d’Isaïe et

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