‹ La vie de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 11 sur 201 · LOUIS ABELLY, EVEQUE DE RODEZ · texte numérisé non relu

LOUIS ABELLY, EVEQUE DE RODEZ

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de cette lecture, qu'il y verrait plus naïyement dépeint le fond de l'esprit et de la vertu de ce grand serviteur de Dieu, sa bouche ayant parlé en ces occasions de l'abondance de son cœur.

La seconde est que cet ouvrage semblera peut-être trop ample et trop étendu, et quelques-uns même pourront penser qu'il n'était pas nécessaire de s'arrêter à déduire beaucoup de choses particulières qu'on eût pu passer sous silence, étant assez de rapporter en général les principales et les plus dignes de l'attention du lecteur. Mais comme on ne peut pas bien juger des choses si on ne les connaît que superficiellement ou en partie, on a cru que, pour bien faire voir la grandeur et l'utilité des œuvres que Dieu a faites par M. Vincent, il était nécessaire de les rapporter plus au long et de les mettre en leur jour, et que ce n'était pas assez de les déduire sommairement et seulement en général, sans descendre au particulier.

Au reste le lecteur considérera, s'il lui plaît, que ce n'est pas ici une pièce d'éloquence, ni un panégyrique, mais un simple récit de la vie et des actions vertueuses d'un serviteur de Dieu, lequel ayant fait toute sa vie une profession très particulière d'humilité, ce serait en quelque façon aller contre son esprit, défigurer cette vertu qu'il a tant chérie, que de la revêtir des ornements pompeux d'une éloquence mondaine. Le style dont on se sert en écrivant quelque livre doit toujours avoir un entier rapport avec le sujet qu'il traite, et on ne saurait bien réussir en rapportant les actions vertueuses des saints qu'en les décrivant avec le même esprit dont elles ont été animées.

Enfin, mon cher lecteur, la troisième et dernière chose dont j'ai à vous avertir est que, pour me conformer aux ordres très sagement établis par le Saint-Siège apostolique,

je déclare que je n'entends, et que je n'ai aucun dessein de faire entendre à personne tout ce qui est rapporté en ce livre autrement qu'on a coutume de prendre les choses qui sont appuyées seulement sur le témoignage des hommes, et non sur l'autorité de l'Eglise: et que je n'emploie le titre de saint que je donne quelquefois à M. Vincent, qu'au sens que saint Paul le donne à tous les fidèles ' : ne voulant signifier autre chose, par cette honorable qualité et par toutes les autres semblables, sinon que ce grand serviteur de Dieu a été doué d'une vertu très éminente, et qui surpassait beaucoup celle du commun des chrétiens.

i. L'auteur écrivait ceci en 1664. Plus tard, la cause du serviteur de Dieu fut introduite à Rome : il fut inscrit au nombre des Bienheureux par le pape Benoît XIII (bref du i3 août 172g), et au rang des Saints par le pape Clément XII (bulle Supema Jérusalem, du 16 juin 17'iy.)

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