‹ La vie de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 110 sur 201 · Voir Supplément aux Lettres, etc., p · texte numérisé non relu

Voir Supplément aux Lettres, etc., p

2. On a conservé les avis que saint Vincent donna aux étudiants de sa Compagnie, en diverses circonstances, à l'ouverture des cours (14 octobre 1643 et 2 novembre i658}. Il disait : « Il faut de la science, mes frères, et malheur à ceux qui n'emploient pas bien le temps! Mais craignons, et, si je l'ose dire, tremblons : car ceux qui ont de l'esprit ont bien à craindre! scientia viflat ; et ceux qui n'en ont point, c'est encore pis, s'ils ne s'humilient. » Il disait encore : « Savants et humbles Missionnaires sont le trésor de la Compagnie, comme bons et pieux docteurs sont le trésor de l'Église. »

Vie. — 16

est venu pour servir, et non pour gouverner; pour souffrir et travailler, et non pour vivre en délices et en oisiveté. Il doit savoir que Ton y est éprouvé comme l'or en la fournaise; qu'on ne peut y persévérer si Ton ne veut s'humilier pour Dieu, et se persuader qu'en ce faisant on aura un véritable contentement en ce monde et la vérité éternelle en l'autre *. »

Dans ce peu de paroles ce saint homme a compris beaucoup de choses, et l'on peut dire qu'il a bien taillé de l'ouvrage à ceux qui, ne trouvant pas leurs commodités ni leurs satisfactions dans le monde, penseraient trouver leurs aises et leur repos dans la Congrégation des Missionnaires.

Voici encore un mot de la disposition qu'il leur souhaitait, qu'il dit un jour à sa Communauté au sujet d'un Missionnaire qui avait été maltraité dans un pays étranger 2 : « Plaise à Dieu, mes frères, que tous ceux qui viennent pour être de la Compagnie, y viennent dans la pensée du martyre, et dans le désir de souffrir la mort et de se consacrer totalement au service de Dieu, soit pour les pays éloignés, soit pour celui-ci, ou pour quelque autre lieu que ce soit où il plaira à Dieu de se servir de la pauvre petite Compagnie. Oui, dans la pensée du martyre. Oh! que nous devrions demander souvent cette grâce à Notre- Seigneur ! Hélas! Messieurs et mes frères, y a-t-il rien de plus raisonnable que de se consumer pour celui qui a si libéralement donné sa vie pour nous? Si Notre-Seigneur nous a aimés jusqu'à ce point que de mourir pour nous, pourquoi n'aurions-nous pas la même affection envers lui, pour la mettre à l'effet si l'occasion s'en présente? Nous voyons tant de papes qui, les uns après les autres, ont été marty-

1 . On reconnaîtra la traduction presque littérale, faite par le saint, du chap. xv:i du premier livre de VImitation de Jésus-Christ.

•2. Jean Barreau, Missionnaire, consul à Alger. — Répétition d'oraison du 12 novembre i656. Confér. aux Missionnaires, p. 208.

Page 1