‹ La vie de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 152 sur 201 · La paix des Pyrénées · texte numérisé non relu

La paix des Pyrénées

par une exacte obéissance aux lois quelle leur prescrit, et même leur raison en donnant une entière créance aux vérités quelle leur enseigne, et captivant ainsi leur entendement pour honorer Jésus-Christ qui est le souverain chef.

Tous ceux qui ont connu M. Vincent ont pu remarquer qu'entre toutes les vertus, il a particulièrement excellé en cette soumission et dépendance à l'égard de l'Église; et que lorsqu'elle avait parlé, soit pour établir quelque loi, ou pour définir quelque vérité, ou condamner quelque erreur, il n'avait point de langue pour répliquer ni d'esprit pour raisonner à l'encontre; mais seulement des oreilles pour écouter et un cœur pour se soumettre sincèrement et parfaitement à tout ce qui lui était prescrit ou proposé de cette part.

C'est ce qu'il a saintement pratiqué lorsque les nouvelles erreurs du jansénisme commencèrent de paraître, et encore plus lorsqu'elles eurent été condamnées par les Constitutions des Souverains Pontifes.

Et premièrement dès lors que le livre de Jansénius, intitulé Augustimis1! fut mis en lumière, et que la nouveauté de ses opinions eut commencé d'exciter diverses contentions parmi les docteurs, ce fidèle serviteur de Died se souvenant de l'avertissement que le saint apôtre a donné, de ne pas croire toutes sortes d'esprits mais d'éprouver les esprits s'ils sont de Dieu, se tint sur ses gardes pour ne se laisser surprendre à cette nouveauté. Et ce qui l'y obligeait davantage était la connaissance très familière qu'il avait de l'un des premiers auteurs de la secte du jansénisme2, dont l'esprit et la conduite lui donnaient juste sujet de le tenir fort suspect, comme il sera plus particulièrement déclaré au second livre3.

i. Il parut à Louvain, en 1640.

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