‹ La vie de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 165 sur 201 · Edme Jolly · texte numérisé non relu

Edme Jolly

voulut récompenser par avance cette sainte et généreuse résolution qu'il avait prise, de tout quitter pour se donner parfaitement à son service; car ayant été attaqué d'une fièvre en chemin, il fut obligé de s'arrêter à Chambéiy en Savoie ; là, le mal s'augmentant, il fut en peu de jours réduit à l'extrémité. Et enfin Dieu le retira de ce monde par une sainte mort, pour lui donner la couronne de la vie.

Voici ce que l'un des prêtres de la Mission ' qui raccompagnait, en écrivit à M. Vincent : « Je vous ai mandé, lui dit-il, la maladie et le danger où était M. de Chandenier, abbé de Tournus ; maintenant je vous dirai, Monsieur, qu'il a plu à Dieu de l'appeler à soi, hier troisième de mai, sur les cinq heures du soir. Il a fait une fin semblable à sa vie, je veux dire toute sainte. Je vous en manderai une autre fois les particularités, étant trop occupé à présent. Je vous dirai seulement, Monsieur, qu'il m'a tant pressé, et plusieurs fois en différents jours, de le recevoir au nombre des Missionnaires, et d-e lui donner la consolation de mourir comme membre du corps de la Congrégation de la Mission, en laquelle il avait dessein d'entrer, que je n'ai pu lui refuser cela, ni de lui donner la soutane de Missionnaire, laquelle il reçut en présence de M. l'abbé de Moustier-Saint-Jean son frère. »

Entendons maintenant parler M. Vincent sur ce sujet : a II y u six ou sept ans (dit-il, écrivant à l'un des prêtres qui était en Barbarie) que MM. les abbés de Chandenier se sont retirés à Saint-Lazare. C'a été une grande bénédiction pour la Compagnie, qu'ils ont édifiée merveilleusement. Or, depuis un mois il a plu à Dieu d'appeler à lui l'aîné, M. l'abbé de Tournus, qui était aussi plein d'esprit de Dieu, qu'homme que j'aie jamais connu. Il a vécu en saint et est mort Missionnaire. Il était allé faire un voyage

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