Archives de la Mission. Orisinal
champs, selon qu'il est porté par le contrat de fondation passé par-devant Jean du Puis et Nicolas Le Boucher, notaires et gardes-notes du roi au Châtelet de Paris, le dix-septième d'avril mil six cent vingt-cinq. Ladite fondation approuvée et autorisée par Mgr l'illustrissime et révérendissime Jean-François de Gondi, archevêque de Paris, du vingt-quatrième dudit mois mil six cent vingt-six, par lequel contrat il nous est donné pouvoir de faire choix de tels ecclésiastiques que nous trouverons propres à l'emploi de cette bonne œuvre.
Nous, en vertu de ce que dessus, après avoir fait preuve un temps assez notable de la vertu et suffisance de François du Coudray, prêtre du diocèse d'Amiens, de M. Antoine Portail, prêtre du diocèse d'Arles, et de M. Jean de la Salle, aussi prêtre dudit diocèse d'Amiens; avons iceux choisis, élus, agrégés et associés; choisissons, élisons, agrégeons et associons à nous et ladite œuvre, pour ensemble vivre en manière de congrégation, compagnie ou confrérie, et nous employer au salut dudit pauvre peuple des champs conformément à ladite fondation. Le tout selon la prière que lesdits du Coudray, Portail et de la Salle nous en ont faite, avec promesse d'observer ladite fondation et le règlement particulier qui selon icelui sera dressé, et d'obéir tant à nous qu'à nos successeurs, supérieurs, comme étant sous notre direction, conduite et juridiction. Ce que nous, sus-nommés, du Coudray, Portail et de la Salle agréons, promettons et nous soumettons garder inviolablement.
En foi de quoi nous avons réciproquement signé la présente de notre propre main et fait mettre le certificat des notaires.
Fait à Paris, au collège des Bons-Enfants, ce quatrième jour de septembre mil six cent vingt-six.
Signé : Vincent de Paul, F. du Coudray, A. Portail, J. de la Salle.
PREMIERS COMPAGNONS DE S. VINCENT 40g
Les sept premiers compagnons de saint Vincent.
«On peut dire, écrit Abelly, qu'ils furent comme les sept prêtres placés sous la conduite de Josué, et que, par l'exemple de leur zèle et de leurs vertus, ils en attirèrent plusieurs autres à cette sainte milice. ». — V. ci-dessus, p. g5, i3i et i32.
Voici quelques détails biographiques sur chacun cTeux : Antoine Portail naquit à Beaucaire, diocèse d'Arles en Provence, le 22 novembre 1590. Il vint à Paris vers Page de vingt ans, probablement afin de suivre les cours de TUniversité, et dès lors il se mit sous la direction spirituelle de Vincent ; il devint ensuite son premier compagnon dans les missions, et fut pendant plus de quarantecinq ans son infatigable coopérateur. « Il n'eut pas plus tôt goûté, dit Collet, la pureté et l'élévation des maximes de saint Vincent qu'il s'attacha vivement à lui et la mort seule fut capable de l'en séparer. Il avait beaucoup de rapports avec son père spirituel, et il l'imitait surtout dans son humilité. Il fit de si grands progrès dans cette vertu que quoiqu'il eût beaucoup de mérite, qu'il eût fait de fort bonnes études en Sorbonne et qu'il écrivît parfaitement bien, il ne cherchait qu'à être inconnu ou méprisé. Il était d'une charité exemplaire et rendit à la Congrégation des services essentiels : il en fut secrétaire et premier assistant; il était en même temps directeur des Filles de la Charité. Plein de l'esprit de saint Vincent, il se montra propre à le remplacer ou à le soulager dans une infinité d'occasions où un homme de confiance est une grande ressource. » Il a traduit du latin et complété le recueil de Méditations du P. Busée qu'il apublié sous ce titre: Manuel deméditations... selon l'ordre du Bréviaire romain. Paris 1644. Antoine Portail mourut à Paris, le 14 février 1660. (Voy. ci-dessus, P. 95.)
François du Coudray, né à Amiens, en r 586, étudia en Sorbonne et acquit une connaissance très étendue de la sainte Écriture et des langues anciennes. Il se fût adonné avec plaisir à ces études pendant sa vie de Missionnaire ; Vincent de Paul, ému par la pénurie d'ouvriers évangéliques, le rappela à des travaux plus urgents par ces lignes tout apostoliques : « Représentez-vous qu'il y a des milliers dames qui vous tendent les mains et qui vous disent : Hélas! Monsieur, vous avez été choisi de Dieu pour contribuer à nous sauver; ayez donc pitié de nous et venez nous aider. Faute de votre secours nous sommes en grand danger d'être damnés ». Du Coudray fut chargé de plusieurs missions de confiance par Vincent, à Rome, en Lorraine, à Alger. Il mourut à Paris en 1649.
Jean de la Salle naquit à Seux, diocèse d'Amiens, le 10 septembre 1598. Pendant ses études il s'appliqua surtout à la philosophie et fut élevé à la prêtrise en 1620. C'est lui qui, le premier, fut directeur du séminaire interne ou noviciat de la Congrégation nouvellement fondée par saint Vincent de Paul. Celui-ci appelait M. de la Salle « un grand missionnaire ». Il mourut en 1639. Ces trois premiers missionnaires signèrent avec saint Vincent un acte d'association, le 4 septembre 1626, pour s'obliger à travailler ensemble à donner des missions.
Jean Bécu, né le 24 avril 1592, à Braches, diocèse d'Amiens, reçut la prêtrise en 1616. Il fut supérieur de la maison de Toul en 1642, puis vice-visiteur ( 1 656) et visiteur (1657) de la province de France. Il assista à la mort de saint Vincent et survécut encore quelque temps à son bienheureux père, aux travaux duquel il était associé depuis 1626.
Antoine Lucas, né à Paris le 20 janvier 1600, n'était pas encore prêtre quand il vint s'offrir à saint Vincent en décembre 1626. M. Olier écrivait à saint Vincent en 1642 : a. Je voudrais vous supplier en Notre-Seigneur de