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PREMIERS COMPAGNONS DE S. VINCENT 41 I

permettre à M. Lucas de venir... J'aurais grand besoin de converser avec lui sur les matières de controverse : peu de personnes les connaissent aussi bien que lui, au rapport du défunt père de Condren. Il l'estimait beaucoup et lui avait donné des instructions qui me seraient très utiles à moimême. » Au talent M. Lucas joignait le zèle apostolique. Il mourut en servant les pestiférés de la ville de Gènes en 1 656.

Jean ou Joseph Brunet naquit à Riom en Auvergne, en 1597, et fut ordonné prêtre en 1623 ; en 1627 il vint s'adjoindre aux trois prêtres qui, Tannée précédente, s'étaient donné saint Vincent pour Père. Il fut l'un des Missionnaires chargés de la direction du séminaire d'Alet. Quand l'évêque, Nicolas Pavillon, inclina vers le jansénisme, la présence de missionnaires cessa de lui être agréable et saint Vincent dut les rappeler. M. Brunet fut envoyé à Gênes, et dans une lettre du 6 août 164g, saint Vincent annonçait ainsi sa mort : « Je vous écris dans une affection aussi sensible que j'en ai eu longtemps il y a. Je viens d'apprendre la perte que nous avons faite du bon M. Brunet, ce bon ouvrier du Seigneur, ce généreux ami des pauvres, cette lumière de la Compagnie. »

Jean d'Horgny, né le 2 novembre 1599 dans le village d'Estrées, diocèse de Noyon, fut reçu par saint Vincent de Paul, en août 1627, et ordonné prêtre l'année suivante (22 avril 1628). C'était le plus jeune des sept premiers compagnons de saint Vincent ; il fut aussi le dernier survivant. En 1648 il était supérieur de la maison de Rome; c'est à lui que furent adressées les lettres remarquables où le saint explique les raisons pour lesquelles il a pris une attitude tranchée, et embrassé une conduite énergique contre le jansénisme. Il remplit ensuite l'office d'assistant de la Congrégation de la Mission et de directeur des Filles de la Charité. Saint Vincent écrivait, le 20 mai 1660, à la sœur Marguerite Chétif qui avait succédé à Louise de Marillac

(MUe Le Gras) décédée depuis quelques mois : « Nous avons nommé M. d'Horgny pour directeur à la place de feu M. Portail; c'est le plus ancien de nos prêtres, des plus doux, des plus sages et des plus affectionnés à votre petit Institut. » M. d'Horgny mourut le 7 juillet 1667.

Voy. Notices sur les prêtres, etc., de la Mission ; irc série; compagnons de saint Vincent, t. Ier.

Les Enfants trouvés.

(Voyez page 212)

L'œuvre charitable de saint Vincent en faveur des enfants trouvés se continua grâce à la munificence de Louis XIV, qui fonda en 1669 l'hôpital des Enfants trouvés ; elle dura jusqu'à la Révolution. En 181 r, Napoléon fit revivre l'œuvre de saint Vincent de Paul en rendant obligatoires pour chaque département les tours que la France avait empruntés à l'Italie. « Ingénieuse invention de la charité chrétienne, a dit M. de Lamartine, qui a des mains pour recevoir et qui n'a point d'yeux pour voir, point de bouche pour révéler ! »

Après i83o les tours furent supprimés dans plusieurs départements. Mais un grand argument en leur faveur, c'est que partout la charité chrétienne, intelligente des besoins du pauvre, les réclame.

De fait, supprimez les tours, et la mère placée dans l'alternative ou de garder son enfant au prix de son honneur, ou de s'en débarrasser au prix d'un crime, trop souvent choisira le crime. Et d'ailleurs, si elle le garde, plus souvent encore, elle l'élèvera dans les principes auxquels il doit sa naissance. Ainsi des deux côtés sa vie est menacée : ici sa vie physique, là sa vie morale.

(Maynard, Saint Vincent de Paul, liv. VII, ch. m)

LES « RELATIONS » DES MISSIONNAIRES 4l3

Les Relations écrites par les Missionnaires

employés à secourir les pauvres dans la Picardie

et la Champagne.

(i65o-iG55) (Voyez ci-dessus, page 276)

Vincent recourait à tous les moyens pour exciter la pitié publique. Mais la requête la plus efficace qu'il ait adressée à la charité en faveur des provinces désolées, consista dans la publication des relations ou lettres qui lui étaient écrites par les premiers Missionnaires. Nous le savons par le saint lui-même. Parlant plus tard des dames de Charité : « Elles assistent, depuis quelques années, dit-il, les pauvres gens des frontières. Elles se sont servi et se servent encore de quelques prêtres et frères de la Compagnie, qui visitent les lieux ruinés. Et comme ils écrivent les misères spirituelles et temporelles qu'ils trouvent, on en fait des Relations qu'on fait imprimer, et les dames les distribuent dans les bonnes maisons et y vont demander l'aumône. » (Lett. du 28 juillet i656, à Jean Martin, à Turin.)

La première de ces relations est de septembre i65o. Les lettres dont elle se compose sont toutes envoyées par des Missionnaires; ainsi en fut-il dans la suite: toujours ce sont des récits de missionnaires auxquels se mêlent de temps à autre quelques rares lettres de curés ou d'échevins des villes, unissant à la voix des fils de Vincent les cris de leur détresse. Le saint lui-même ajoutait parfois un mot d'encouragement à la charité comme conclusion.

Les dames répandirent la première Relation à Paris et la firent circuler même dans les provinces. Elle leur valut des secours considérables. Ce premier succès encouragea Vincent. Dans les mois qui suivirent, d'autres relations parurent. Dès lors, une sorte de journal mensuel était fondé:

Annales des missions et de la charité, dont la lecture produisit les plus heureux fruits. Il s'imprimait ordinairement en quatre pages in-quarto, à trois ou quatre mille exemplaires. Cette publication se poursuivit à des intervalles plus ou moins réguliers : chaque mois ou tous les deux mois. Elle avait commencé en i65o; en i656, saint Vincent parle de l'impression comme durant encore. Voy. Maynakd, Saint Vincent de Paul, liv. VIII, ch. m.

Lettres de Bossuet et de Fléchier au Pape Clément SI pour demander la béatification de Vincent de Paul.

(Voyez ci-dessus, page 377)

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