S. VINCENT DE PAUL DECLARE PATRON
incomparable des Conférences laïques, qui a pris le nom de Saint-Vincent de Paul. Humble à son début, elle a été fondée à Paris, en 1 833, par l'illustre Ozanam; deux Souverains Pontifes, Grégoire XVI et Pie IX, la recommandèrent vivement et l'enrichirent de précieux trésors spirituels ; en peu d'années elle se multiplia d'une manière prodigieuse et se répandit à travers les pays les plus reculés, partout où Ton trouve une communauté catholique. Ces vaillants associés se pénétrèrent de l'esprit de saint Vincent, leur illustre maître; ils apprirent ses maximes et ses industries , pour répandre les bienfaits de la vraie charité chrétienne, les faire pénétrer dans toutes les maisons et les réduits obscurs de ceux qui souffrent, les multiplier au profit de toutes les classes pauvres, et les faire servir d'une manière admirable au bien-être moral de ceux qui les reçoivent, et parla même, à la restauration de toute la société civile. Sur ce grand modèle, on n'en peut douter, se sont formés ces généreux prêtres qui, tout récemment, s'associèrent à Paris en Conférence ecclésiastique, sous le même nom et le même patronage de saint Vincent, pour se consacrer entièrement au service et au secours des pauvres classes ouvrières, exposées aujourd'hui à tant de périls.
6° Signalons un dernier mérite spécial (très apprécié de nos jours) du magistère de charité de saint Vincent, savoir : la vertu salutaire et préservative de ses exemples et de ses institutions contre la contagion des sectes subversives ; on peut même ajouter qu'il y a là non seulement un antidote, mais encore un puissant correctif aux ravages causés par ces mêmes sectes. Aussi les trouvons-nous parmi les œuvres recommandées par le Souverain Pontife Léon XIII, dans sa remarquable encyclique : Humanum genus, desectamassonum, du 20 avril 1884. En effet, la charité chrétienne, pratiquée selon l'esprit de saint Vincent, avec une simplicité suave, un amour tendre envers tous, une généreuse libéralité pour les misères et les calamités de toute sorte, établit
un généreux contact entre les classes aisées et les classes pauvres, entre la richesse et l'indigence, et, visant toujours à l'amélioration spirituelle des personnes assistées en leur procurant un secours temporel, elle répand sur le malheur le baume de la religion et fait goûter les avantages des pratiques chrétiennes avec les fruits de la fraternité évangélique, en y joignant renseignement si utile du catéchisme ; elle préserve ainsi les simples et les ignorants des pièges et des séductions des sociétés antireligieuses et antisociales, et facilite le retour de ceux qui ont le malheur de se laisser prendre dans leurs hiets. La tâche est difficile; mais, de toute nécessité, il faut de nos jours opposer une digue aux menées sourdes et aux conspirations des sectes qui ne tendent qu'à bouleverser partout Tordre religieux et social. Or, à cette entreprise si importante, sous les auspices et la protection de leur glorieux patron saint Vincent, travaillent sans relâche, avec un grand labeur et de pacifiques industries, les nombreuses et florissantes associations qui lui doivent leur origine. Ces associations ont, de plus, le précieux mérite et l'insigne honneur, devant l'Eglise, de faire briller dans tout leur éclat, par les œuvres fécondes de leur charité, aux regards même des infidèles et des ignorants, et jusque sous les yeux de nos ennemis, la vertu divine et la supériorité de la religion catholique, partout où elle se trouve en face de propagandes hétérodoxes et de groupes de libres penseurs, quoique celles-ci soient plus puissantes par les protections et les ressources temporelles dont elles disposent.
Le rapporteur pense donc que la supplique adressée aujourd'hui au Saint-Père, supplique accompagnée des vœux de tant d'illustres prélats, témoins et coopérateurs des fruits merveilleux que produisent, dans toutes les parties du monde chrétien, les charitables institutions de saint Vincent, a des titres bien légitimes pour être favorablement accueillie; et cela, soit à cause des prérogatives