CH. XVI. IL EST SUPÉRIEUR DE LA VISITATION
œuvre semblable, et qui avait besoin d'un peu d'encouragement : « Je vous le disais bien, lui écrivit-il, que vous trouveriez de grandes difficultés en l'affaire de Beauvais. Béni soit Dieu, que vous l'avez heureusement acheminée. Quand j'établis la charité à Màcon, chacun se moquait de moi, on me montrait au doigt par les rues, croyant que je n'en pourrais jamais venir à bout; et quand la chose fut faite, chacun fondait en larmes de joie, et les échevins de la ville me faisaient tant d'honneur au départ, que ne le pouvant porter je fus contraint de partir en cachette, pour éviter cet applaudissement ; et c'est là une des charités les mieux établies. J'espère que la confusion qu'il vous a fallu souffrir au commencement se convertira à la fin en consolation et que l'œuvre en sera plus affermie. »
Les Révérends Pères de l'Oratoire de Màcon lui firent la grâce de le loger chez eux pendant le séjour qu'il y fit, qui fut d'environ trois semaines; et ils s'aperçurent qu'il ôtait le matelas de son lit et couchait sur la paille. Il avait commencé cette mortification quelques années auparavant, et l'a continuée jusqu'à sa moit, c'est-à-dire plus de cinquante ans ; et comme il se vit découvert par ces bons Pères, le dernier jour seulement qu'ils entrèrent en sa chambre de bon matin pour lui dire adieu, il couvrit cette mortification de quelque autre prétexte.