Répétition d'oraison du 21 octobre
de plus en plus par la pratique des vertus qui leur étaient convenables. Il est bien vrai que le peu d'espace et le peu de revenu du collège des Bons-Enfants ne pouvaient fournir de logement ni de subsistance que pour peu de personnes; mais Dieu voulut y pourvoir d'une manière qui surprendra le lecteur, et qui lui fera admirer les conduites de son infinie sagesse. Pendant que ces bons prêtres missionnaires n'appliquaient leurs pensées et leurs soins qu'à procurer l'agrandissement du royaume de Jésus-Christ et à lui gagner des âmes, la Providence divine disposait les moyens qu'elle voulait employer pour les établir dans la maison de Saint-Lazare-lez-Paris *. C'est une seigneurie ecclésiastique où il y a justice haute, moyenne et basse, en laquelle, outre la grande étendue des logements et des enclos, ils pouvaient trouver tous les secours raisonnables pour s'y affermir et multiplier. Or, ce qui montre clairement que cet établissement est un ouvrage particulier de la main de Dieu, c'est qu'il s'est fait contre toutes les appa-
1. Saint-Lazare, situé sur la route de Paris à Saint-Denis, aujourd'hui faubourg Saint-Denis, n° 117, occupait probablement l'emplacement d'une ancienne abbaye dont saint Grégoire de Tours parle au livre VI, chapitre ix, de son Histoire, et qui était alors gouvernée par saint Domnole. A l'abbaye succéda un établissement destiné à recevoir les malheureux atteints de la lèpre, lorsque, au retour des croisades, cette maladie était devenue assez fréquente en France. Au dix-septième siècle, il n'y avait plus de lépreux à Saint-Lazare; la maison était occupée par quelques chanoines réguliers de Saint-Victor, religieux de l'ordre de Saint-Augustin : la collation leur en était faite de la seule autorité de l'évêque de Paris, révocable à sa volonté. — Saint-Lazare reçut les premiers coups de la Révolution; la veille du 14 juillet 1789, la maison fut pillée par deux cents brigands. En 1793, elle fut transformée en prison. Elle ne fut pas rendue aux Missionnaires, et elle est aujourd'hui une maison de réclusion. Il n'y reste plus qu'un monument de saint Vincent de Paul : c'est sa chambre, transformée en chapelle par les religieuses qui desservent la maison. L'emplacement du vaste enclos est occupé par l'église Saint-Vincent-de-Paul, la gare du chemin de fer du Nord et plusieurs rues adjacentes.
rences humaines, et que les moyens par lesquels il a réussi ne pouvaient, selon le raisonnement humain, servir qu'à l'empêcher et y mettre obstacle. Ce que Ton ne saurait mieux connaître que par le récit de ce qui s'est passé en l'exécution de ce dessein, selon le témoignage que M. Vincent en a donné pendant sa vie ' , et qui a été confirmé après sa mort par celui qui en a été le principal entremetteur, dont les vertus aussi bien que la qualité de docteur de Sorbonne, et curé d'une paroisse de la ville de Paris, méritent une créance particulière. Ce fut feu M. de Lestocq, docteur de la faculté de Sorbonne et curé de Saint-Laurent à Paris2, qui, non content de l'avoir déclaré de vive voix, a voulu encore donner son témoignage écrit de sa propre main, en la manière suivante : témoignage qui fait voir combien admirable a été la conduite de Dieu sur la Congrégation de la Mission, et combien pur et désintéressé a été l'esprit de celui dont la ProVidence a voulu se servir pour en faire l'établissement.