‹ La vie de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 75 sur 201 · Augustin Potier de Gesvre · texte numérisé non relu

Augustin Potier de Gesvre

'5. Le règlement de cette paroisse a été conservé (voy. Supplément aux lettres de saint Vincent, p. 45i); il a servi de modèle pour celui qui fut donné aux Dames de la Charité à Paris, en i863, et qui est encore en vigueur.

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elle pour le service des pauvres malades, comme elles tirent, elle écrivit à M. Vincent qui était alors en mission, pour lui rendre compte du progrès qu'elles avaient fait dans ce charitable exercice. Sur quoi il lui recommanda particulièrement de suivre les règlements des Confréries déjà établies, ajoutant d'autres avis convenables pour faire réussir ce saint oeuvre en cette paroisse-là, ainsi qu'il avait fait Tannée précédente en celle de Saint-Sauveur : ce qu'elle observa fidèlement. Et Dieu y donna telle bénédiction, qua plusieurs autres dames s'étant associées aux premières, les pauvres ont toujours été depuis par ce moyen très bien assistés, sous la sage conduite de M. le curé.

La même année et la suivante i63i, cette confrérie fut établie par M. Vincent, avec la permission de M, l'archevêque de Paris et l'agrément de MM. les curés, dans les paroisses de Saint-Médéric1, Saint-Benoît et Saint-Sulpice; et ensuite en divers temps le même établissement s'est fait dans les paroisses de Saint-Paul, de Saint -Germain l'Auxerrois, de Saint-Eustache, de Saint-André, de Saint- Jean, de Saint-Barthélémy, de Saint-Etienne du Mont, de Saint-Nicolas des Champs, de Saint-Roch, de Saint- Jacques de la Boucherie, de Saint-Jacques du Haut-Pas, de Saint-Laurent, et généralement presque en toutes les paroisses de la ville et des faubourgs de Paris.

MM. Descordes et Lamy, qui étaient maîtres et administrateurs de l'hôpital des Quinze- Vingts, prièrent aussi M. Vincent d'y établir la même Confrérie de la Charité ; ce qui fut fait.

Il ne faut pas omettre ici que, les premières années que Mlle Le Gras s'employait aux exercices de la Confrérie de la Charité dans la paroisse de Saint-Nicolas du Chardonnet, il lui arriva un jour d'approcher d'une fille qui avait la

i. Saint-Mcrry

peste1 : ce que M.Vincent ayant su, il lui écrivit en ces termes :

« Je viens d'apprendre, il n'y a qu'une heure, l'accident qui est arrivé à la fille que vos gardes des pauvres retiraient, -et comme vous l'avez visitée; je vous avoue, Mademoiselle, que d'abord cela m'a si fort attendri le cœur, que s'il n'eût été nuit, je fusse parti à l'heure même pour vous aller voir. Mais la bonté de Dieu sur les personnes qui se donnent à lui pour le service des pauvres, dans la Confrérie de la Charité, en laquelle jusqu'à présent aucune n'a été frappée de la peste, me fait avoir une très parfaite confiance en lui que vous n'en aurez point de mal. Croiriez-vous, Mademoiselle, que non seulement je visitai feu M. le sous-prieur de Saint-Lazare, qui mourut de la peste, mais même que je sentis son haleine; et néanmoins ni moi, ni nos gens qui l'assistèrent jusqu'à l'extrémité, n'en avons point eu de mal. Non, Mademoiselle, ne craignez point, Notre-Seigneur veut se servir de vous, pour quelque chose qui regarde sa gloire, et j'estime qu'il vous conservera pour cela. Je célébrerai la sainte messe à votre intention. Je vous irais voir dès demain, n'était l'assignation que j'ai avec quelques docteurs à la Magdeleine, pour des affaires qui regardent l'établissement de cette maison-là. »

On a remarqué, sur le sujet de cette lettre, que la prédiction de M. Vincent a eu son effet et que cette charitable demoiselle, nonobstant la continuation de ses pénibles exercices et toutes ses grandes et fréquentes infirmités, n'a pas laissé de vivre encore près de trente ans, depuis que M. Vincent lui écrivit cette lettre : Dieu voulant se servir d'elle, non seulement pour le bien de ces Confréries si utiles et salutaires aux pauvres malades, mais aussi pour

i. Depuis 1628, la peste s'était comme acclimatée en France et y exerçait de terribles ravages. {Histoire de Mlle Le Gras. Paris, Poussielgue, i883; p. 76.)

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rétablissement d'une nouvelle communauté de vertueuses, filles qui ont beaucoup contribué au bien de ces Confréries, et qui rendent outre cela d'autres bons services à l'Eglise, comme nous allons voir au chapitre suivant.

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