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La vie de saint Dominique

Çy^|2^2ous avons l'honneur de dédier à Votre Révérendissime Pater- ■sS V; nité l'Album de ■< La Vie de Notre B. P. Saint Dominique,

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peinte à Saint-Sixte de Rome par le P. Besson »,avec la notice

qui l'accompagne. Nous espérons que, sous vos augustes auspices,

^ cette double œuvre sera bien accueillie des âmes pieuses et des

garnis de l'art chrétien.

Daignez agréer, Révérendissime Père, les sincères hommages

de la vénération profonde et du dévouement parfait avec lesquels nous

sommes, à vos pieds,

Révérendissime Père,

vos fils très humbles et très obéissants,

Fr. André Pradee. Fr. Joachim Berthier,

des Frères-Prêcheurs. des Frères-Prêcheurs.

(Des ^cvévenbô ^èves et bien cbevs fils,

..^ — „ ■ 'accepte \'olontiers la dédicai e que vous me faites de l'Album de :||fj|l?la Vie de notre B. P. Saint Dominique, peinte à Saint-Sixte ttglllilllde Rome par l'illustre et vénéré P. Besson, avec la notice qui

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^l'accompagne. Je forme les vœux les plus sincères pour que ce dou- ÎJçble travail rencontre auprès du public artiste et religieux le bon ^accueil qu'il mérite et j'ai la confiance que ces vœux seront exaucés. Recevez, mes Révérends Pères et bien chers fils, avec ma bénédiction, l'expression de mes sentiments dévoués.

Rome, le 7 Mars, fête de S. Thomas d'Aquin 1895.

Fr. André Frùhwirth, Maître Général.

Registr. c. 2ç5.

Legimus ac in ordine ad impressionem approbavimus. Tolosœ, lS Febr. i<S'g6.

Fr. Ambrosius Montagne, O. P. Fr. Ceslaus M. Paban, O. P.

Sacrœ Theologiœ Lecior. Sacra- Theologiœ Lector.

Hv>ant = propos

Xtoticc sur le H. Besson

ÇifWH-WK:

mi^HARLES Jean -Baptiste Besson :■: naquit le- 10 avril 1816, près de ? Besançon. Il perdit son père avant j§de naître et fut élevé par son aïeul maternel et par sa mère dans les meilleures traditions de la piété et de l'honneur.

Bientôt des revers de fortune ruinèrent la famille, et Mme Besson prit le chemin de Paris pour y vivre de son travail. Elle ne tarda pas à y appeler son fils, qui sut se faire aimer de tous ceux qui le connurent. Le Curé de N.-D. de Lorette, M1' l'abbé Leclere, se lit surtout l'ami et le bienfaiteur de l'entant et de la mère.

Le jeune Besson commença ses études et se distingua par la perspicacité de son intelligence, et aussi par son amour du dessin. Cette dernière passion captivait dès lors tous ses instants et remplissait tous ses cahiers. Ses anciens condisciples racontent encore avec quel succès il ridiculisait souvent ses maîtres par des caricatures piquantes, parfois même un peu séditieuses.

En i832, Mr Roux-Lavergne entra à la pension comme professeur. 11 sut distinguer sur le champ l'élève artiste, et ressentit pour lui une vive et profonde sympathie. Le jeune Besson avait alors seize ans. 11 était d'une taille moyenne et d'une complexion délicate. Son portrait qu'il dessina lui-môme à la plume vers cette époque, offre des traits réguliers, des yeux d'une vivacité extrême, un beau front couronné d'une chevelure abondante. Sa physionomie exprimait une grande douceur, mais qui s'alliait à une énergique volonté. (1)

«Mr Roux-Lavergne admira cette belle et riche nature. Doué lui-même d'une imagination vive et d'une exquise sensibilité, il éprouva pour le jeune Besson un sérieux attachement. Aussi s'appliqua-t-il à donner une bonne direction à l'activité de son intelligence, et à le guider dans l'étude du vrai et du bon Pour

(1) Cartier: Le P. Besson. C'est à l'ouvrage si intéressant de M. Cartier que nous empruntons la plupart des détails qui entrent dans cette petite biographie.

élever son esprit vers des régions supérieures, il lui ouvrit des horizons philosophiques et le lança même dans des théories politiques.» (1)

Dès 1 833, l'artiste philosophe avait conquis sa liberté. Il peignait le portrait de l'abbé Leclere, son bienfaiteur, étudiait les procédés de l'art chez Souchon, se passionnait pour les doctrines de Bûchez; faisait connaissance avec des artistes pleins de talent et d'avenir, spécialement avec Piel qui, un jour devait porter lui aussi l'habit dominicain. Il entrait en plein dans les convictions et les désirs de ceux qui voulaient briser enfin les clichés païens de la Renaissance, pour conquérir un peu d'inspiration dans l'art.

On voulut populariser par la gravure les doctrines de l'école nouvelle: le futur peintre de St. Sixte prêta ses crayons et eut du succès.

En i835, Mr Souchon partait pour l'Italie avec Sigalon, qui devait, par ordre du gouvernement français, copier le Jugement de Michel-Ange. L'élève accompagna son maître dans la patrie des arts, et visita successivement Florence, Sienne, Pérous, Assise, Rome. Les richesses artistiques accumulées dans ces villes l'impressionnèrent profondément : un idéal nouveau s'empara de son esprit.

A son retour, il entra dans l'atelier de Paul Delaroche, qui l'engagea à porter toute son attention sur le dessin.

Besson fit alors de nombreuses copies au Louvre; il peignait des sujets anatomiques, préparés par le Dr fessier, dessinait les détails de N.-D. de Paris, et acquérait son admirable facilité à faire des maquettes.

Rome avait laissé dans son âme de si profonds souvenirs qu'il voulut la revoir dès i838. Il s'y livra activement à ses études artistiques. Rien de plus gracieux que les enfants et les jeunes filles qu'il dessinait alors. La pureté, la noblesse et la souplesse en sont les qualités les plus caractéristiques.

(1) ld. ibid.

Les horizons incomparables de la campagne romaine l'ont ravi. Il fait de nombreuses excursions, dont il prorite pour dessiner des paysages, et aussi pour étudier les vieux maîtres, Cimabuë, Giotto, Masaccio, etc.

Sur ces entrefaites, le P. Lacordaire interrompant tout-à-coup la suite de ses premiers triomphes, vient revêtir à Rome le vieil habit des Frères- Prêcheurs et fonde la Confrérie artistique de St. Jean l'Evangéliste. Le futur P. Besson en fait partie et peint son premier tableau, une Résurrection de Lazare, consen é aujourd'hui encore chez les Dominicains de St. Clément.

Puis 1 1 83çii il faisait une copie de N.-D. de la Qiiercia, et enfin, en 1840, il s'enrôlait luimême sous la bannière de St. Dominique.

«Le jeune peintre qui a fait la copie de la Madonne de la Quercia, écrivait le P. Lacordaire, s'est aussi donné à nous. Nous n'y pensions pas pour le moment, à cause de sa mère dont il est le rils unique; mais c'est sa mère elle-même qui l'a tout à coup engagé à suivre sa vocation, le soir du jour où elle avait entendu mon sermon à St. Louis. Pendant deux jours, elle ne cessait de lui en parler, devenant chaque fois plus résignée et plus pressante. J'arrivai le mercredi sans le savoir, et je n'eus que la peine de me baisser, pour recueillir cette belle fleur. C'est tout-à-fait la miniature d'Angelico de Fiesole, une âme incomparablement pure, bonne, simple, et une foi de grand Saint. H s'appelle Besson.»

Le 16 mai, 1840, une demi-douzaine de jeunes Français entouraient Lacordaire sous les vieux cloîtres de Sainte-Sabine: Requédat, Piel, Hernscheim, Besson, Jandel, Danzas, « tous tirés du monde par des voies diverses, » disait Lacordaire. Depuis saint Dominique et ses premiers disciples, les Frères-Prêcheurs avaient partout attiré dans l'ordre de grands sujets; rarement pourtant avaient-ils formé des réunions d'hommes composées de si riches intelligences, de si nobles cœurs.... On se mit à étudier Saint Thomas, à étudier les souvenirs de Rome chrétienne, à pratiquer des pénitences qui rappellent les temps de saint Dominique et de saint François.

Mais la colonie fut scindée. Le P. Besson

suivit ses frères de Sainte- Sabine, et passa successivement à Saint Clément et à Bosco.

C'est dans ce dernier couvent qu'il prit l'habit religieux et débuta dans la vie dominicaine avec une incroyable ferveur. Rien ne lui coûtait, et il se résigna même au sacrifice de ses chers pinceaux. 11 voulait une vocation toute dominicaine, toute de générosité et d'immolation. La charité, l'humilité sous leurs formes multiples furent les vertus principales du jeune religieux. Bientôt notre novice devint un modèle pour les autres, et on le créa leur maître à Chalais.

C'est alors pour la première fois qu'il reprit un pinceau. «On permit à un religieux de peindre le portrait du P. Besson, pour le donner à sa mère.... Pendant les intervalles de pose, le P. Besson prenait les pinceaux du peintre et improxisait un charmant tableau. C'était la première fois depuis son sacrifice, qu'il touchait une palette, et il sentait renaître si vivement l'inspiration, que son âme en était toute troublée. Ce tableau représente le baiser de St. Dominique et de St. François, une des plus belles pages écrites par le P. Lacordaire, dans la vie du saint Fondateur. Dominique, rayonnant de jeunesse et de pureté, enlace de ses mains l'humble François, dont les stigmates et le regard expriment l'ardent amour (1). »

Au mois de décembre 1846, le P. Besson dit adieu à ses chers novices; il partait pour le couvent de Nancy. Nous ne dirons rien ni de ses prédications si pénétrantes (2), ni de son laborieux priorat à Nancy, ni de son dévouement héroïque durant le choléra de 184g.

Le 27 septembre i85o, le P. Jandel était mis à la tête de l'Ordre. Un de ses premiers soins fut d'appeler près de lui le P. Besson, pour l'associer à ses graves travaux. Ce dernier quitta Nancy le 8 octobre i85o, arriva à Rome, reçut du Pape une audience touchante, et s'installa à Sainte-Sabine.

Le concours de son action fut pour le nouveau Supérieur Général un appui particulièrement efficace et apprécié dans une charge qui traîne toujours avec elle des difficultés consi-

1 1) Cartier. Op. cit.

> l ii soldat l'entendant prêcher un jour à Rome, disait: «cet homme-là, c'est un crucifix qui parle.»

dérahles, avec des responsabilité bien lourdes.

Ailleurs, on a raconté et on racontera encore quelles nobles pensées remplirent son âme au moment où il vint habiter ces couvents séculaires qui avaient vu passer tant de générations de saints et illustres religieux.

Ne disons qu'un mot de ses émotions en entrant dans ces vieux cloîtres: «Comment vous rendre, écrivait-il à un religieux capable de le comprendre, au P. Danzas, ce que mon cœur éprouve de douloureux et de doux tout à la fois, à cette vue toujours présente du berceau de notre Ordre? Où sont maintenant les Saints qui l'habitèrent pendant tant d'années? Que ne disent pas à mon âme ces murailles qui reçurent les confidences du cœur de notre saint Patriarche, qui entendirent ses soupirs brûlants et héroïques, ce pavé qu'il arrosa si souvent de son sang?.... »4

Tandis que progressait l'œuvre spirituelle, la restauration matérielle de Sainte -Sabine occupait aussi le Père Besson. (1) 11 aimait en artiste l'admirable position de ce couvent, sa douce basilique, ses antiquités, son cloitre ravissant, et il aurait voulu rendre à ses murs vénérables leur antique splendeur. 11 devina et déboucha les fenêtres romanes de la salle du chapitre, et il lit des cartons pour les garnir de vitraux qu'il espérait pouvoir exécuter lui-même. » (2j

Hélas! le temps et les ressources lui firent défaut! C'est alors, en i852, qu'il songea à la restauration plus facile du chapitre de Saint- Sixte-le-Vieux.

11 s'agissait d'y créer tout un poëme, ou plutôt d'y reproduire toute l'histoire de saint Dominique. L'entreprise n'effraya point le Prieur de Sainte-Sabine (car il était Prieur de son couvent). Elle fut commencée en i852 et continuée avec des interruptions, jusqu'en Septembre i85b, époque à laquelle, au milieu de son second priorat de Sainte-Sabine, il fut nommé Visiteur des Missions dominicaines d'Orient. 11 se rendit à Constantinople, puis à Mossoul, où, missionnaire et médecin égale-

(i) On sait que Sainte-Sabine occupe l'une des plus belles positions de Rome, au sommet du mont Aventin. Du jardin du couvent on jouit d'un point de vue magnifique qui embrasse toute la région transtibérine.

12) Op. cit.

ment dévoué, il restait néanmoins toujours artiste.

Parti le 26 septembre i856, le P. Besson rentra à Rome le 8 juillet i858. 11 se hâta de rendre compte au Pape de sa mission et lui offrit un cylindre couvert de caractères cunéiformes, destiné «à faire la joie et le tourment de bien des antiquaires.» Il apportait de riches albums, sans compter d'innombrables dessins à la plume qu'il avait envoyés à ses amis. Lors de son retour, il visita avec un amour de saint, les lieux où vécut et mourut Notre Seigneur. 11 les vit également en artiste. «Ses vues de Rome étaient très remarquables; celles de la Terre-Sainte le sont bien davantage. Elles sont plus simples, plus calmes, plus religieuses, plus dignes des souvenirs dont son esprit peuplait tous ces horizons. Beaucoup n'ont vu autour de Jérusalem qu'un sol aride, des ruines sans caractère, une végétation pauvre et une terre désolée. Le P. Besson en a saisi les aspects variés, et les a reproduits avec noblesse. Les dessins, faits à la hâte, à la mine de plomb, quelque fois retouchés à la plume et légèrement lavés, offrent un ensemble capable de de plaire aux artistes et de leur être utile. La vérité absolue du paysage historique n'est certainement pas nécessaire ; mais pourquoi ne pas l'admettre quand elle offre des beautés que l'imagination la plus heureuse ne saurait inventer?» (1) Ajoutons: pourquoi ne pas l'accepter, quand la vérité absolue peut seule satisfaire un disciple de Jésus-Christ? Je veux voir les vallées, les montagnes, les horizons qu'il a vus lui-même. Tout est là pour moi, ou peu s'en faut.

Pendant quelques mois, il revint à ses chères peintures de St-Sixte; puis il fut une seconde fois arraché à ses travaux et envoyé en Erance. Le but de cette nouvelle mission était l'affermissement de la restauration dominicaine dans notre patrie.

Dès 1849, plusieurs sujets s'étaient donnés au P. Lacordaire sans aucune restriction, et d'autres avec quelques réserves, quoique tous fussent venus à lui avec un égal amour et une semblable estime. Il s'employa avec charité à les mettre tous d'accord.

(1) Cartier. Op. cit.

Il rentra à Rome en Octobre i858; revit bientôt la France, et enfin repartit pour l'Orient, le 18 septembre 1859.

Il reprit à Mossoul sa vie de missionnaire, c'est-à-dire sa vie de charité, de sacrifice, de travail, et y mourut le 4 mai 1861, en héros et en saint.

« Mgr Amanton et les Pères de la Mission résolurent d'élever un monument à la mémoire du P. Besson. Ils choisirent sur le plateau qui termine la montagne de Mar-Yacoub un emplacement pour y construire une petite chapelle, avec un caveau où seraient déposés leurs morts bien-aimés. La translation eut lieu

le 5 juillet, pendant la nuit Le corps du

P. Besson paraissait bien conservé; son visage était encore très reconnaissable, et le drap qui

l'enveloppait n'avait aucune souillure La

chapelle) a près de trois mètres carrés et elle est surmontée d'un dôme oriental. La partie inférieure est voûtée et plus large que la partie supérieure.... Au-dessus de l'autel on lit cette inscription : « Beati mortui qui in Domino

moriuntur.y* Mgr Amanton voulut bénir

la chapelle, et tous furent unanimes pour la mettre sous l'invocation de saint Hyacinthe, le patron du P. Besson et des missionnaires de l'Ordre.» (1)

IL Nous avons maintenant à parler spécialement des peintures que le P. Besson exécuta à Saint-Sixte et qui nous reproduisent la vie entière de saint Dominique.

Le monastère de Saint-Sixte s'élevait sur la voie Appienne, en face des Thermes de Caracalla.

«Il n'existe pas de lieu plus intéressant et plus sacré pour les enfants de saint Dominique. C'est là que le saint Patriarche établit son Ordre à Rome, sur cette terre qui seule donne aux choses religieuses de solides fondements. C'est là qu'il multiplia sa famille, l'éleva et l'affermit par ses exemples et ses miracles. Lorsqu'il l'eut installée dans les cloîtres plus vastes de Sainte-Sabine, il céda Saint-Sixte aux religieuses Je Rome que lui avait confiées le Souverain Pontife et qu'il réforma en faisant venir, pour leur servir de modèle, des religieuses du Couvent de Notre-Dame de

1 1 Cartier. Op. cit.

Prouille. De nombreuses générations de saints et de saintes ont habité ces murs, et leurs cendres reposent encore sous les dalles de la vieille basilique. » (1)

La fièvre, qui régna dans ces parages après l'invasion du duc de Bourbon, obligea les religieuses à se transporter dans l'intérieur de Rome; et Saint-Sixte tut donné aux Dominicains Irlandais, chasses par la reine Llizabeth.

Le couvent et l'église furent rebâtis aux XVIIme et XVIIIme siècles, et l'on ne possède plus que peu de chose de l'ancien monastère. La salle capitulaire du moins a été conservée. Llle est contemporaine de saint Dominique, d'Honorius 111 et d'Innocent III, qui construisirent le monastère. Llle se prolongeait autrefois jusque sur l'ancien cloître, sur lequel elle s'ouvrait par une grande porte cintrée et par deux fenêtres romanes géminées, comme à Sainte-Sabine. Cette porte subsiste encore, mais elle a été murée.

Plus tard la travée du chapitre la plus proche du cloitre fut transformée en passage, que l'on voyait encore avant les dernières réparations. Cette porte étant aujourd'hui fermée comme nous venons de dire, l'unique entrée est maintenant sur la cour extérieure, sous un petit porche ouvert, que soutiennent deux colonnes de granit avec deux antiques chapiteaux, marqués de monogrammes du Christ assez singulièrement disposés.

Les chambres qui se trouvent maintenant au-dessus de la salle capitulaire, sont récentes et furent construites au commencement du XVIIme siècle, par le P. Séraphin Sicco, Céneral de l'Ordre. On avait en mémoire de ce fait placé son portrait dans le chapitre avec une inscription qui se voit maintenant dans [ église. (2)

Le P. Cloche lit exécuter plus tard quelques réparations devenues plus ou moins urgentes: (2) mais les dispositions de la partie inférieure, sauf la diminution dont nous avons parlé, restèrent les mêmes et ne furent jamais changées.

La salle présente à l'intérieur un carré long de douze mètres, quatre-vingt-dix-huit centimètres, sur huit mètres, quatre-vingt -

kl. ibid.

(2) Cf. Hibernia Dominicana, cap. XII.

quinze; elle est orientée et éclairée à l'est par une fenêtre cintrée, au bas de laquelle est placé l'autel érigé et consacré par BenoitXlII. La hauteur des voûtes est de six mètres; elles reposent au centre sur deux colonnes de granit, dont les bases sont cachées par le sol, et dont les chapiteaux en marbre blanc sont grossièrement sculptés. A ces colonnes correspondent aux deux extrémités du côté de l'autel et du côté opposé, des pilastres qui les divisent en trois parties, tandis que les voûtes forment sur les murs latéraux quatre grands compartiments, deux de chaque côté, dont l'un est coupé à sa base par la porte d'entrée. Le P. Besson a réservé les autres aux trois grands miracles accomplis dans la salle même du chapitre, et il a disposé selon leur importance, dans le plan qui lui restait, les autres faits de la vie de saint Dominique. (1)

Depuis de longs siècles, cette salle capitulaire, conformément aux traditions des couvents dominicains, avait été ornée de peintures représentant non pas seulement les gloires de l'Ordre, mais les gloires propres au couvent lui-même.

Avant Benoit XIII on voyait au chapitre dé Saint-Sixte des peintures qu'effacèrent le temps et l'humidité. Benoit XIV les lit renouveler. Le P. Besson ne fit donc que suivre une tradition pieuse et antique, lorsqu'il entreprit de refaire ces peintures avec un génie nouveau.

Il trouva le concours le plus dévoué dans l'amitié généreuse du P. Mullooly, Prieur de Saint-Clément, qui s'est fait lui aussi un nom dans l'histoire de l'art chrétien par son amour intelligent du passé, (2) et ses heureuses découvertes à Saint-Clément.

Deux inscriptions placées l'une à droite, l'autre à gauche de l'autel, rappellent ces souvenirs.

A gauche on lit sur une grande plaque de marbre blanc :

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