‹ La vie de saint DominiqueChapitre 27 sur 31 · XXIV. Translation oes religieuses oe BLomc à Saint* Sijte · texte numérisé non relu

XXIV. Translation oes religieuses oe BLomc à Saint* Sijte

aette scène est représentée deux fois dans la salle capitulaire : dans l'un des médaillons placés à côté de l'autel, et dans toute la partie du soubassement que le visiteur, en entrant dans la salle, trouve à sa gauche. Dans le médaillon, le groupe, nombreux, est plein de vie et très artistiquement disposé. En avant deux cardinaux, puis saint Dominique portant sur sa poitrine la Madone de Saint-Sixte et suivi des religieuses qui portent des cierges. Les effets de lumière sont merveilleusement saisis et indiqués.

Dans le soubassement, dont nous ne parlons que pour mémoire, la reproduction n'en ayant pas été faite dans notre Album, la scène est plus vaste: Deux chierici arrivent en chantant à la porte du monastère; vient ensuite un groupe de trois religieuses; puis les trois cardinaux; tous portant des torches (car la scène se passe pendant la nuit.) Saint Dominique s'avance seul, portant sur sa poitrine la Sainte Image et après lui commence une longue et magnifique procession comptant quatorze groupes de deux religieuses. Toutes sont représentées avec des attitudes variées mais toujours pieuses et toutes portent des cierges.

(1) Cartier. Op. cit.

On ne compte pas moins de dix -sept groupes et trente-sept personnages qui s'avancent tout le long du soubassement.

Cette dernière scène, elle aussi, n'est qu'un croquis du P. Besson, transporté à cette place par un autre artiste. Il faut ajouter néanmoins, pour dire toute la vérité, que le P. Besson, à son retour de Mossoul, approuva fort ce travail fait en son absence et s'en déclara très satisfait. Il approuva pareillement tous les autres graphites.

Cette double peinture résume une série de faits plutôt qu'elle ne représente un fait unique. Lorsque saint Dominique, selon les ordres d'Honorius, voulut réunir à Saint-Sixte un grand nombre de religieuses qui vivaient dans Rome un peu en dehors de leurs règles, il s'adressa d'abord aux Bénédictines de Sainte Marie au-delà du Tibre. Après quelques difficultés elles acceptèrent de se transporter à Saint-Sixte, à une condition: c'est qu'une Image très ancienne et très vénérée de la Vierge, qu'elles possédaient, consentît à rester à Saint- Sixte. Cette Madone avait depuis longtemps la réputation de retourner d'ellemême dans son église au-delà du Tibre, toutes les fois que l'on s'avisait de la transporter ailleurs. Saint Dominique accepta la condition et les anciennes bénédictines, trèsnombreuses d'ailleurs, se réunirent à Saint- Sixte et acceptèrent la clôture.

La nuit suivante eut lieu la translation de l'Image. Elle se fit la nuit par crainte des Romains qui voulaient absolument la voir rester où elle était depuis des siècles.

Les Sœurs la reçurent dans le monastère avec une grande joie et quand elles virent que leur Madone ne les quittait point, elles restèrent heureuses à Saint-Sixte, sous la direction de saint Dominique.

Les deux peintures du P. Besson, surtout celle du soubassement, sont vraiment fort belles. Nous ne doutons pas que Flandrin n'ait eu spécialement en vue cette dernière, lorsqu'il a écrit qu'il y avait de l'éloquence dans ces graphites.

Cette grande procession est d'ailleurs, par sa disposition symétrique et noble, tout-à-tait dans la manière de Flandrin.

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