REMARQUES GÉNÉRALES SUR LES VERBES
La conjugaison n'a généralement rien que de très régulier : nous nous bornerons donc à quelques courtes observations.
I. — 1° Indicatif présent. La première personne sg. n'a pas d's : jo sui, fol 10 a 7; jo defent, 1730, fol 9 b 30, etc.
Dans la seconde moitié du XII° siècle, un e, qui n*a rien d'étymologique, a envahi la première personne des verbes de la première conjugaison. Ce fait s'est produit par analogie avec la deuxième et la troisième pers. sg.; mais nous n'en avons pas trouvé d'exemples dans le texte de Garnier : jo esguard, 1286, fol 4 b 6 ; os {= auso), 1857, fol 12 b 12, etc. L'adjonction d'une gutturale finale à la première personne de cex-tains verbes est connue et n'est pas particulière à notre auteur : jo tieng, 1843, fol 12 a 28 ; forme analogue : prengCy 2961, fol 31 a 5, etc.
Le t final est tombé à la troisième pers. sg. des verbes de la première conjugaison; il est souvent conservé, mais affaibli en d à la troisième pers. sg. du verbe aveir : on trouve aussi souvent ad que a,
La première personne du pluriel présente les quatre terminaisons um, uns^ un, ons. La première est certainement la plus ancienne, et il est à croire qu'au temps de Garnier on hésitait encore entre um et uns, mais que la finale uns était déjà très répandue. La forme verbale uns rime avec la terminaison substantive uns (= lat. ones) : savons : escorpiuns : feluns : apellatiuns : entenduns, 3271-3275, fol 36 a 15-20. De même la forme verbale uni rime avec unt provenant de o suivi d'une nasale et d'une autre consonne et de u entravé : Rimes, XXVII, u masculin nasal.
Quant à la notation ons, elle est fort rare et ne paraît pas due à l'auteur du poème.
2® Imparfait de l'indicatif. Voici les formes respectives que nous avons relevées pour la première et la deuxième conjug. (On sait que la troisième et la quatrième conjug. ont été assimilées à la seconde) :