‹ La vie de sainte Anne, pouvant servir de mois de juillet aux âmes pieuses [microforme]Chapitre 12 sur 52 · CHAPITRE VI MARIAGE DE SAINTE ANNE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI MARIAGE DE SAINTE ANNE

TOUS le; écrivains sacrés s'accordent à dire que pus le tenps de la rédemption s’avançait, lu: l'Esprit-Saint devait purifier et sanctifier la famille d’où devait naitre le Sauveur, le Fils du Dieu trois fois saint. S'il convenait que la Mère du Messie fût une vierge revêtue de la plus haute perfection, il était sans doute très digne de la divine Sagesse qu’elle eût elle-même deux saints pour proches parents.

Parmi toutes les filles de David, la Providence choisit donc la pieuse Anne dont les premières années s'étaient écoulées à l'ombre du Sanctuaire. Sa vertu était audessus de tout éloge. Elle venait d’atteindre son dix-huitième printemps et demeurait alors à Nazareth, petite ville de Ga!ilée.

Une pieuse légende nous dit que sainte Anne avait le cœur noble et magnanime, l'esprit lumineux et élevé; elle était fervente, calme et pacifique. Elle avait une taille médiocre, le teint fin et vermeil, le visage rond, les manières toujours égal:s et fort modestes.

Suivant le conseil de ses amis, elle unit ses destinées à celles d’un gentilhomme

éminent par sa piété, noble de naissance et descendant comme elle de la race du roi David. Cet homme selon le cœur de Dieu se nommait Joachim. Il vivait dans. la crainte du Seigneur, observait tous ses commandements et brillait entre tous ses contemporains comme un miroir de justice.

Parmi toutes les vertus qu’il pratiquait à la perfection, sa charité resplendissait comme un soleil. Oh! comme son cœur était plein de compassion sincère et de noble tendresse pour les pauvres! Il avait sa maison et ses parents à Nazareth. Toujours il fut juste, saint et éclairé de lumiéres célestes. Sa foi pénétrait les cieux.

On admirait en lui une modestie, une humilité et une honnêteté incomparables.

Il nous est permis de croire que Joachim était encore mieux préparé au mariage que le juste Tobie à qui l’Ange Raphaël avait eu soin de dire: ‘‘Ceux qui entrent dans le mariage avec l'intention d’éloigner d'eux et de leur esprit la pensée de Dieu et de se livrer à la sensualité comme les êtres sans intelligence, ceux-là tombent sous la puissance du démon.” On peut croire qu Anne avait des intentions plus pures que celles de Sara qui prenait Dieu à témoin de la droiture de son cœur. Avec quel esprit sérieux, avec quelle pureté, avec quelle confiance dans la prière, ils contractèrent

donc leurs fiançailles si l’on en juge par les bénédictions dont ils furent l’objet. Certes ils ne considérèrent pas cette union avec des vues grossières, mais avec des vues surnaturelles. Ils voulaient accomplir les desseins de Dieu, s’assister réciproquement pour supporter le poids de la vie et donner à leur Dieu de vrais et fidèles adoratvurs.

Tels furent bien les sentiments des jeunes fiancés durant toute leur préparation au mariage. Voyez-les maintenant à genoux devant l'autel du Seigneur. Leurs veux brillent d'innocence et de candeur.

Ils se donnent la main avec une pureté et un amour qui les rendent chers à Dieu et aux hommes; puis ils inclinent modestement leur front pendant que le Pontife dit d'une v: solennelle: ‘Que le Dieu d’Abrahan, ‘saac et de Jacob soit avec vous, vous unisse et qu'il accomplisse en vous sa bénédiction.”” (Tob., 7, 15.)

Lors de son mariage avec Anne, Joachim était âgé de vingt et un ans. Jamais union ne fut mieux assortie: les deux époux avaient les mêmes goûts, les mêmes inclinations. Comme Joachim, Anne s’efforçait de faire de nouveaux progrès dans la perfection. Elle trouvait ses délices dans la méditation des saintes Ecritures, mais elle excellait surtout par une charité extré-

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me envers les pauvres et spécialement envers les malades et les lépreux.

Un jour Anue lisait au livre de Tobie les sages conseils que ce saint patriarche donnait à son fils: Fais l’aumône de ton bien, et ne détourne ton visage d'aucun pauvre; par là il arrivera que le Seigneur ne détournera pas non plus son visage de toi. Sois charitable autant que tu le pourras. Si tu as beaucoup, donne abondamment ; si tu as peu, aie soin de donner ce peu de bon cœur.

Car tu amasseras ainsi un grand trésor et une grande récompense au jour de la nécessité : parce que l’aumône délivre de tout péché et de la mort, et qu’elle ne laisse point l'âme s’en aller dans les ténèbres.

L'aumône sera un sujet de grande confiance devant le Dieu très haut pour tous ceux qui l'auront faite.” (Tob., IV. 7-12.) Très émue de ces paroles, Anne s'’écria: ‘“‘O Sei,neur! vous m'avez abondamment pourvue de toutes les choses dont j'ai besoin:

mais je ne vous en ai pas assez témoigné ma reconnaissance. ”?

Elle était absorbé» en ces profondes réflexions, quand soudain Joachim son mari entra dans la maison. Etonné de lire une certaine tristesse sur le visage de son épouse, il lui dit: ‘‘O ma bien-aimée, d’où vient que vos traits se sont assombris ?

Quelle peut être la cause de votre désola-

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tion?’ — ‘‘Cher époux, répondit Anne, je vous le dirai: c'est que jusqu'ici nous n'’avons pas assez accompli les préceptes de la sainte Ecriture.”’ Elle lui mit alors sous les yeux ce passage du livre de Tobie. Joachim en fit lecture: ‘‘Eh bien! que vous en semble, dit-il, que ferons-nous?’”’ Anne repartit : ‘Dieu nous a dorné en abondance les biens temporels. Divisons-les: donnons-en une part en l’honneur de D'eu, une seconde pour les pauvres et gardons le reste pour subvenir à nos propres besoins.” ‘Oui, reprit-il, agissons de la sorte.” Ce conseil ne lui paraissait pas trop onéreux ; car déjà à l’âge de quinze ans sa charité lui avait dicté une pareille ligne de conduite dans la maison de ses parents. Il donna donc volontiers et sans hésiter son consentement à cette généreuse proposition.

Remplie d’allégresse, Anne fit aussitôt préparer une mule, la monta d’un cœur léger, et, accompagnée de ses serviteurs, elle s’en alla dans les champs et les villes où paissaient ses troupeaux. Elle donna l'ordre de les ramener à la maison. Les animaux étaient au nombre de 2,200.

Au retour des troupeaux, les deux époux partagèrent leur bien patrimonial comme ils l'avaient promis. Anne fit plus encore :

du superflu de la dernière part, elle secou-

rut les veuves et les orphelins qu'elle connaissait.

Ainsi vivaient ces deux saints époux, véritables modèles à proposer à ceux qui veulent craindre Dieu, jouir de la paix, pratiquer la charité et observer de tout leur cœur les préceptes et les commandements du Très-Haut.

Rappelons-nous ici que la charité fraternelle est la sœur de l'amour de Pieu.

Elle doit donc diriger nos pensées, nos jugements,' nos paroles et notre conduite. S; quelqu'un prétend aimer Dieu sans aimer son prochain, sa religion est vaine.

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