SAINTE ANNE AU BERCEAU DE MARIE. — LA LOI DE LA PURIFICATION
REPRESENTONS - NOUS la bonne sainte Anne assise auprès du berceau de la future Mère de Dieu. En paicourant la sainte Ecriture, ne devait-elle pas arrêter sa pensée sur les différentes figures et les nombreux symboles sous lesquels le texte sacré nous dépeint à l'avance la co-rédemptrice du monde ? Quand l’heu- “euse épouse de Joachim se rappelait les visions dont les anges l'avaient favorisée, les promesses qu'ils lui avaient faites et les bénédietions dont elle avait été cou-
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ronnée, ne devait-elle pas se demander souvent à elle-même si sa chère enfant n'était pas l’attendue des nations? On comprend donc qu'elle ait interrompu souvent le cours de sa lecture et que, les yeux fixés sur le rayonnant visage de son enfant, elle se soit rappelé les nombreux symboles de la future Mère du Messie.
Ne vous semble-t-il pas l'entendre dire avec une joie mêlée d'espérance : La Mère de Dieu, c’est sans doute cette femme dont parle Jéhovah au livre de la Genèse quand il dit au serpent : Je j lacerai des inimitiés entre toi et la femme, entre ta race et la sionne. Elle t'écrasera la tête et tu tâcheras de la mordre au talon.
La Mère du Rédempteur est sans doute cette lumière à laquelle Dieu a commandé de luire et qui doit précéder le soleil, image du Messie.
Elle est cette Vierge, cette femme virile, revêtue de la plénitude des grâces divines.
Elle recevra un enfant de la toute-puissante bonté du Saint-Esprit, et cela sans douleur, demeurant Vierge avec des joies ineffables. Aussi Eve, notre première mère, ne sera pas appelée la mère des vivants, puisqu'elle a donné la mort tant à nos âmes qu’à nos corps. La Mère de Dieu, au contraire, par sa sainte nativité, nous délivrera de cette double mort, car son cher et divin
Fils sera la véritable vie des âmes et des corps de tous les hommes bienheureux dans le cours des âges.
La Mère du Messie est c:tte arche de Noé, fabriquée d’un bois incorruptible et qui abritera le véritable Noé, savoir Je Christ, le Seigneur, qui seul sera trouvé digne d’ètre le père de tous les justes.
Elle est ctite vertueuse Rébecca dont le fils Jacob luttait contre l'ange, puisqu'elle obtiendra la bénédiction paternelle pour tous les élus combattant contre le mauvais esprit toujours plein de colère et de rage
envers les enfants d'Adam. Elle est cette échelle que vit le patriarche Jacob sur laquelle :s’appuyait le Dieu tout-puissant, ct le long de laquelle les anges montaient et descendaient ; car c'est elle qui sera l’intermédiaire entre Dieu et les hommes. Elle est cette Rachel chaste et bénie dont la beauté charmera le Seigneur et fera descendre son Fils du plus haut des cieux sur la terre pour prendre la nature humaine.
Afin d'atteind.e son but, il s’humiliera, subira une extrème misère et la dernière pauvreté. Comme Rachel, elle donnera a:
monde un puissant Joseph qui non seulement deviendra le Seigneur de ses pères et de tout le pays d'Egypte, mais encore le Prince des anges et le Seigneur de toutes
les créatures, savoir le Christ béni dans tous les siècles.
La Mère de Dieu est figurée dans le buisson ardent que Moïse vit brûler sans se consumer, Car sans ruiner sa pureté elle recevra du ciel un Fils sans peine ni douleur, et elle brillera comme l’astre des nuits.
Elle est figurée dans la toison de Gédéon, laquelle ne subit aucun dommage de l’huimidité ni de-la rosée, signifiant ainsi que la co-rédemptrice de l'univers ne subirait aucun dommage dans sa virginité.
Elle est figurée dans la verge de Moïse, laquelle sépara la mer en deux parties, permettant aux enfants d'Israël de passer à pieds secs; cette verge avec laquelle Moïse frappa le rocher d’où jaillit une. eau rafraichisse te dont on abreuva le peuple et les animaux; ainsi elle donnera à tous les hommes des grâces en abondance.
Elle est le vrai bouclier de Josué duquel il se servit contre tous ses ennemis, car elle écrasera la tête du serpent infernal.
Elle est figurée par Bethsabée, la mère du béni et grand roi Salomon, car per sa beauté et ses vertus, elle gagnera l’amour du plus sage et du plus riche de tous les rois. ”
La Mère de Die est la Vierge bénie de
laquelle Isaïe dit: Il s’élèvera une tige.
une vierge concevra et aura un fils.
C’est d’elle que le prophète Jérémie dit aussi: Le Seigneur opérera sur la terre une chose nouvelle: Une femme concevra un homme. S'il eût dit : un enfant, la chose nouvelle n'eût pas été merveilleuse. TI dit: le Christ sera un homme dans le premier instant de son existence, non par le nombre des années mais par la sagesse ; non par la force corporelle, mais par la puissance de l'esprit. En effet, dès sa tendre eniance il-sera aussi sage qu’à l’âge mûr lorsqu'il prêchera et même lorsqu'il sera plus tard assis à la droite de son Père toutpuissant. Il paraîtra croître en sagesse avec le nombre des années, comme il arrive pour le commun des hommes.
La Mère du Messie est aussi le mont fameux duquel, selon David. fut détachée une pierre sans les mains des hommes.
Par cette pierre on doit entendre le Sauveur du monde qui naîtra d’une bienheureuse Vierge sans le secours d'aucun homme.
Elle est cette Porte bénice dont Ezéchiel écrit: Le Seigneur seul est entré par elle et en est sorti pour l'éternité. La Mère du Messie restera vierge en recevant le Rédempteur promis, et après cette naissance elle demeurera encore viergé éternellement.
Elle est ce candélabre d’or que vit le prophète Zacharie; candélabre sur lequel brülaient sept lumières dans le temple de Jérusalem. Ces lampes mystiques signifiaient les sept do 4 de l’Esprit-Saint dont la Mère du Messie sera ornée.
Elle est figurée par l’arche du testament, dans laquelle étaient renfermés les préceptes de la loi, et où la verge d’Aaron avait fleuri et produit des fruits. Marie deviendra par miracle la mère du plus grand des législateurs.
L'’Arche renfermait la rnanne qui a nourri pendant quarante ans les enfants d’Israël dans le désert. La Mère du Messie produira le Pain de vie.
La Mère de Dieu est figurée dans la vision que vit le roi Astragus par rapport à sa fille, savoir une vigne qui sortait de la tete de celle-ci et se répandait par tout son royaume; Ja reine des cieux couvrira le monde de sa souveraine protection.
Elle est figurée dans l'étoile de Balaam, car elle a montré aux hommes le Sauveur du monde.
Elle est figurée par le temple de Salomon que celui-ci fit construire pour Dieu avec des pierres de marbre blanc: L'âme de Marie sera blanche et étincelante par sa pureté virginale.
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Jahel qui perça la tête du général ennemi d'Israël, Judith qui trancha la tête d’'Holopherne et Esther qui arracha son peuple à la persécution de l’orgueilleux Aman : toutes ces femmes illustres ne sont-elles pas de vivantes figures de cette princesse in- comparable qui doit ruiner l'empire de Satan ?...
Tel est sans doute le langage que tenait sainte Anne auprès du berceau de Marie pour charmer ses espérances.
Les soixante-dix jours fixés par la loi pour la purification étant écoulés, sainte Anne se rendit au temple portant elle-méme sa fille chérie. Elle se présenta à l’entrée du tabernacle avec l'offrande prescrite, savoir, un agneau d’un an et une tourterelle. Elle conjura humblement les prêtres de prier le Seigneur pour elle et pour sa fille, afin que s’il se trouvait en elles quelque faute, ils la leur pardonnassent. La majesté divine n'avait rien à pardonner, ni à la fille ni à la mère, auxquelles la grâce avait été donnée en si grande abondance. Sainte Anne offrit ensuite sa fille au Très-Haut,.avec des larmes de dévotion et de tendresse, En reccvant cette enfant au nom du Seigneur, le grand- -prétre ressentit dans son âme, une joie et une consolation extraordinaires, et sans en comprendre la cause, il dit en lui-même: Est-
ce que ces femmes ne seraient pus parentes du Messie attendu ?
D'après une pieuse révélation, Marie aurait voulu se prosterner et baiser le pavé du sanctuaire, pour adorer Dieu avec plus + d'humilité, mais ne pouvant satisfaire son désir, elle y suppléa par cette prière qu'elle fit intérieurement de tout son cœur: Dieu :infini et incompréhensible, je vous adore dans ce lieu, moi qui ne suis que cendre et poussière. Je rends grâce-à votre libérale bonté. Daignez, Seigneur, m'y recevoir, afin que je puisse vous y servir au temps marqué par votre sainte volonté. |
C'est alors que sainte Anne fit le vœu de consacrer Marie au temple à l’âge de trois ans. À cette nouvelle, une multitude d’anves chantèrent de célestes louanges. Sainte Anne resta huit jours à Jérusalem puis s'en retourna chez elle, riche, non seulement de son trésor, mais encore de toute l’abondance des dons du Très-Haut.
La lecon pratique qui se dégage de ce sublime événement, la sainte Vierge l’a dictée elle-même à une de ses servantes en ces termes : Nous avons obéi à la loi sans y être : tenues. Le mépris qu’on fait des lois jus- tes et les dispenses qu’on s'accorde à tout ‘a propos, font perdre le culte et la crainte de Dieu, en même temps qu’ils troublent
et détruisent l'ordre du gouvernement humain aussi bien que les plans de la divine Providence.