COMMENT LA SAINTE VIERGE FUT PRÉSENTÉE ET REÇUE DANS LE TEMPLE
LA bienheureuse Vierge Marie avait attein, l’âge de trois ans. Saint Joachin dit donc à sainte Anne : ‘Ma chère épouse, souvenons-nous de notre promesse. Notre ame était accablée de tristesse, parce que le Seigneur n'avait pas daigné jeter sur nous un regard de bienveillance. Alors nous lui promimes, s’il exauçait nos ardents
désirs, de consacrer au service du Temple l'enfant qu'il daignerait nous accorder.” —— ‘O0 mon cher époux, reprit sainte Anne, me voici toute prète à exécuter notre saint engagement. Il est vrai, la séparation d'avéc notre fille unique fera saigner nos cœurs; mais il nous serait bien plus pénible de voir Dieu irrité contre nous, si nous imanquions de fidélité à notre serment irrévocable. ”’
Sainte Aune avertit donc sa fille que le temps d'accomplir leur vœu était arrive.
Marie en témoigna une joie merveilleuse.
Telle une fiancée se réjouit, en voyant arriver le jour qui va faire d’elle l'épouse d’un prince aussi aimable que riche et illustre.
D'ailleurs, instruite suffisamment de tous les desseins de Dieu sur elle, Marie sollicitait elle-même l’accomplissement de ce sacrifice. A partir de ce moment elle ne goûta plus de repos qu'elle ne le vit consommé. Elle aspirait sans cesse après les sacrés parvis du Seigneur, comme Ja biche.
blessée par le chasseur aspire après le vallon où elle a coutume de se reposer à l'ombre et de se rafraîchir à l’eau des fontaines. Sans rien perdre de son amour pour ses parents, elle allait aimer le Seigneur de toute son âme.
Dieu étant l’auteur de la nature aussi bien que de la grâce, & serait une grande
es
erreur de penser que celle-ci détruise cellelà, et qu’en avançant en perfection, les srints sé dépouillent des sentiments légitimes que Dieu lui-même a mis au cœur de l’homme. Les saints aiment plus véritablement que les pécheurs, parce qu'ils aiment plus purement; la flamme de leur amour est d'autant plus ardente qu’elle est moins mêlée de fumée. Il est done certain que jamais enfant n'aima ses parents comme Marie aimait les siens. Mais elle les aimait en Dieu; elle savait qu'en s’unissant plus étroitement à Dieu, elle ne se séparait point d'eux; au contraire, elle resserrait et rendait éternels les liens qui l'unissaient à eux. Elle savait qu'il accepte de préférence les prémices de notre vie, comme l’hommage le plus en rapport avec la pureté et l'excellence de son être.
Aussi elle n’attendit pas un instant; bien différente de ces âmes qui remettent toujours au lendemain l'exécution de leurs bons propos et de leurs saints désirs.
Marie désirait s'offrir au Seigneur sans aucune réserve. Elle voyait clairement que ce bien suprême doit être l’unique objet de nos pensées, de nos désirs, de notre amour. Aussi elle se donnera dans le Temple plus parfaitement à Dieu que tous les sainis ensemble ne le firent jamais. Que ne pouvons-nous dire avec vérité comme Ma-
rie: “Mon Bien-Aimé est à moi, et moi je suis à Lui!”
L'auguste Vierge brûlait du désir de se donner à Dieu sans retour. : Son intention était de se vouer à lui dans le Tempk, sans limitation d'années, souhaitant d'y passer toute sa vie, si telle était la volonté divine. Marie voulait être à son Créateur, non seulement par la générosité de son sacrifice, mais encore par sa durée, Elle désirait que tous les moments de son existence ii fussent entièrement consacrés.
O Marie, enfant sainte et admirable! puissions-nous comme vous aspirer, tous les jours de notre vie, à servir parfaitement C:. lui qui nous a créés, rachetés, placés dans son Eglise, et qui nous destine encore À l'éternelle béatitude! Puissions-nous n'a.
voir d'autre sollicitude, que de lui rester fidèles jusqu'à la fin!
Aussitôt que sainte Anne connut les nobles dispositions le sa fille, elle se mit à confectionner de ses propres mains un habit précieux: c'était une robe d’un bleu ctleste, émaillée de feuilles d’or qui scintil- Inient comme autant d'étoiles au firmament. Elle tressa aussi une couronne des plus belles fleurs et elle y fixa cinq pierres précieuses brillant du plus vif éclat. Ce joyeux diadème devait orner le front de leur enfant hien-aimée au jour de son ob!a-
tion. Ensuite Anne se procura de riches offrandes, et envoya des messagers à tous ses proches parents et à toutes les vénérables matrones de sa tribu, afin que tous fussent les heureux témoins de son généreux sacrifice. Isidore de Thessalonique nous dit que par une inspiration secrète, dont on ignorait le mystère, toutes les personnes les plus qualifiées de Jérusalem voulurent assister à cette auguste cérémonie.
Les parents et amis de sainte Anne ne (ardèrent point d’accourir à sa maison, et ils s'empressèrent de s’acheminer en compagnie de saint Joachim, de son épouse et de leur fille, vers la sainte Cité de David.
Le voyage dura trois jours, car Nazareth était situé à trente-cinq milles de Jérusalem. Qui redira les doux transports de joie et de bonheur qui inondèrent l’âme de ces augustes voyageurs ! avec quelle suavité ils écoutèrent les concerts des anges qui, par leur présence, vinrent honorer la sainte Vierge Marie, leur future Reine et Maitresse !
La douce et ravissante enfant, dit une révélation, courait par ses ferventes affections après l'odeur des parfums de son Bien-Aimé Seigneur. L’humble cortège marchait sans aucune magnificence extérieure, mais non pas sans une belle légion d'esprits angéliques, qui s'étaient joints à
leur future Reine, pour solenniser cette fete en y chantant avec une harmonie et.
leste, de nouveaux cantiques de gloire au Très-Haut. Marie, dont chaque pas était si beau, tandis qu’elle allait à la rencontre du véritable Salomon, voyait les ambassa.
deurs du ciel et entendait leurs refrains enchanteurs.
O heureuse sainte Anne! 6 heureux Jon.
chim ! faites comprendre à nos parents chré.
tiens, que donner un enfant au Seigneur.
c'est un bonheur sans pareil qui compensera largement les plus durs sacrifices.
Quand la sainte caravane fut arrivée À Jérusalem, Joachim députa un messager aux Prêtres du Temple avec l'ordre de tout préparer pour recevoir sa fille. A cette heureuse nouvelle, les Prêtres furent transportés de la plus vive allégresse : ils firent orner le Temple et revêtirent leurs habits et ornements de cérémonie, comme ils avaient la coutume de le faire dans les fêtes les plus solennelles.
Quel beau spectacle se déroulait alors aux yeux des anges et des hommes! Qu'il était touchant de voir la petite Marie s'tchapper des mains de ses parents ct gravir les quinze degrés de la maison du Seigneur, aussi lestement que l'aurait fait una postulante à la fleur de l’âge.
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Quand la Vierge d'Israël arriva à l’entréc du Temple, elle se retourna vers les auteurs de ses jours et. s’agenouilla pour demander leur bénédiction. Et Joachim étendit sur cette tête chérie ses mains tremblantes, appela sur elle la bénédiction qui d'Abraham avait passé de générations en.
énérations jusqu'à lui. Anne la serra une dernière fois dans ses bras en l’arrosant de ses larmes, lui recommanda la piété envers Dieu, l’obéissance à sa maîtresse, le respect à l'égard des Prêtres et des choses saintes, la prière continuelle, l'amour des pauvres, l'humilité et la charité envers tous. Marie grava dans son cœur ces précieuses lecons, et pénétra dans le Temple, comme la colombe, aux jours du déluge, entra dans l'Arche à l’appel de Noé. Là les prêtres l’accueillirent avec de grandes marques de respect et au chant des hymnes et des cantiques. Ils reçurent avec reconnaissance les dons précieux que ses parents avaient apportés et puis ils la consacrèrent solennellement au Seigneur.
Häâtons-nous de dire que jamais n'avait paru dans le Temple une offrande d'un si urand prix ni une victime si pure. Le jour de la Dédicace du Temple où celui-ci, selon l’Ecriture, devint tout resplendissant de la gloire de Dieu, ne fut pas si glorieux aux yeux du Seigneur que celui où la chère
fille de sainte Anne lui fut consacrée. Ie nombre prodigieux de victimes que Sal mon fit immoler-pour relever la pompe de la Dédicace, tout le sang des taureaux et des agneaux, tout l’épanchement des |.
queurs, toute l'odeur des parfums, toutes - ces profusions religieuses ensemble ne fu.
rent pas si agréables au cœur du Tout.
Puissant que l’offrande publique et solen.
nelle que lui fit Marie de son cœur, de son esprit, de son corps et de toutes les puis- ‘ances de son âme, et cela de la manière la plus parfaite et la plus glorieuse. pour Dieu!
Après cette cérémonie grandiose et su blime, les Prêtres amenèrent Marie auprès des autres vierges qui demeuraient dans Je Temple. C’est dans cette sainte ct douce solitude qu’elle servit Dieu jour et nuit jusqu'à l’âge de quatorze ans. Quant à sainte Are et à saint Joachim, après avoir longtemps prié Dieu pour leur enfant bien-aimée, ils reprirent, silencieux et inondés de larmes, le chemin de Nazareth.
Qui ne se sentirait ému en se figurant les aüieux si touchants de la mère et de la fille ? Oui, c’est le cœur navré de douleur que sainte Anne se sépara de son enfant chérie. Qui pourrait nous. décrire son affliction maternelle? Dans la sainte Ecriture nous en trouvons un exemple quoi-
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que bien moins frappant. Une autre Anne la pieuse femme de Tobie, s'affligeait et pleurait presque continuellement à cause de l'éloignement de son fils que le père à regret avait envoyé à Raguel, au pays des Mèdes. En sanglotant, elle disait à son mari: ‘‘Vous avez enlevé et éloigné le bâton de notre vieillesse.” (Tob., 5, 83.) — ‘‘Hélas! hélas! mon fils,” répétaitelle en se lamentant : ‘Pourquoi donc estce que nous vous avons envoyé à l'étranger, vous, la lumière de nos yeux, la consolation de notre vie?’ (Tob., 10, 4.) — A bien plus juste titre, sainte Anne eût-elle pu nommer Marie la lumière de ses yeux, la consolation de sa vie, et cependant, elle se sépare d'elle généreusement. Cette mtre héroïque triomphant de sa navrante douleur amène sa chère brebis au Temple de Jérusalem, la remet entre les mains du Grand-Prètre afin qu'il l’admette au nombre des vierges saintes vouées au service du Temple, loin du monde et de ses dangers et pour qu’elle croisse journellenent en vertu et en sainteté. Surnaturellement sainte Anne était heureuse; elle savait que sa fille était désormais consacrée au Seigneur. Elle a maintenant tenu sa promesse, telle qu'’eile était décidée de l’accomplir, quand même son cœur maternel eût dû subir une peine plus amère encore !
Oh! quel bel exemple pour les parents et pour vous surtout, mères chrétiennes!
Prenez-vous aussi vivement à cœur le bien véritable de vos enfants que le fit sainte Anne? .Tâchez-vous de les élever comme il faut dans la piété et la vertu? Leur per.
mettez-vous de suivre leur vocation quand Dieu les appelle à vivre dans sa maison, à l'ombre du sanctuaire? Hélas! que de mères chrétiennes ne les élèvent que pour un monde vain et corrompu! De leur bouche ne sortent pas des avis bons et salutaires, des paroles d'avertissement et de cor.
rection, mais des injures et des blasphimes. Elles ne donnent point à leurs enfants de bons exemples, mais des scandales des plus pernicieux. Loin de former leurs enfants à la simplicité, à la discrtion, à la piété, elles ne leur inspirent que l'amour des frivolités et des plaisirs! Ah!
parents chrétiens, il n’est pas étonnant que tout aille si mal dans le monde, lorsqu'on voit que tant de maisons qui devraient être des écoles de vertus, ne sont que des repaires de blasphèmes et de toutes sortes de vices! Se peut-il en effet que de semences empoisonnées naissent qui oublient leurs devoirs, qui n'élèvent leurs enfants que pour le monde et la damnation éternelle! Demandez à sainte Anne d'excellents fruits? Malheur. aux parents
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uand mn, à y de pour bouutuicor pheenndarmer Scréque Ah!
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de vous obteuir la grâce de remplir vos devoirs d'état aussi fidèlement et aussi ponctuellement qu'elle a rempli les siens, afin qu'un jour une récompense semblable à celle qu’elle a reçue pour prix de sa fidélité, soit votre éternel partage dans le Paradis!