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offrant des sacrifices. Tel apparaissait le Temple à l'esprit précoce de la Jeune Vierge, avec ses fameux souvenirs de fumille et de patrie.
Mais le spectacle que le Temple lui-mme présentait à ses yeux n'était pas moins huposant, instructif et édifiant. Ses re.
gards d’enfant étaient émerveillés devant l'éclat de l’or et du marbre blanc. La toiture entière, revêtue d'or, paraissait de feu au soleil levant, dit l'historien Jostphe: De loin, on eût dit une montagne de ncige, car partout où l'or disparaissait, bril. lait un marbre éclatant de blancheur.” Pour ce qui est des beautés symboliques de l’intérieur du Temple, elles allaient dcsormais enchaîner son admiration. On sait que le Temple était civisé en trois parties:
{le Vestibule, le Saint et le Saint des saints. Un double voile séparait le Saint du Saint des saints, sanctuaire insccessible où reposat jadis l’Arche l'alliance. Depuis la captivité de Babylone, cette partie du Temple restait vide et une pierre marquait la place vacante de l’Arche, dit le même historien. En effet, ‘pour soustraire l’Arche aux profanations des Babyloniens, J- 1émie l'avait cachée dans les flancs du Nébo. Mrrie ne savait pas qu'elle venait ln remplacer, Oui, ouvrez-vous portes éternelles de Jéhovah, voici le temple qu'on
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présente au | Temple, le sanctuaire au sanctuaire, l’arche véritable où va réellement reposer le Seigneur, à l’arche figurative où il ne repose qu’en image !””
Lieu de prière et de sanctification, Île Temple était également un lieu d’habitation. D'après Ezéchiel, trois galeries superposées renfermuaient chacune trente-trois chambres. Dans une de ces dépendances silencieuses, sous les ailes en quelque sorte du Seigneur, des jeunes filles trouvaient un asile sûr et tranquille. Des femmes expcrimentées, vouées au service du Temple, étaient, avec les pontifes, les guides de cette troupe innocente de vierges vivant à l'ombre des sacrés tabernacles. C'est là que le grand-prètre avait introduit la fille d'Anne et de Joachim.
Nous avons vu au chapitre précédent la première éducation de la Vierge. Si l’éducation consiste à faire éclore dans l’âme les bons germes que la nature y a cachés et à transformer en fruits de sainteté ses nobles aptitudes, que penser des surprises et des satisfactions que devait causer l'éducation de Marie! Sa première institutrice a été sainte Anne. Au Temple, une institutrice d’un autre genre lui fut donnée savoir : la Grâce divine.
Quelle institutrice que la Grâce! certes, elle ne détruit pas la nature, mais elle
l'élève et l’enrichit. Qui n’a vu de ces élèves de la Grace, offrant, dans les condi.
tions les plus vulgaires de la société, une délicatesse de sentiment, une noblesse de caractère, une distinction de conduite et mène une grandeur d’âme qu'on ne trouve pas dans les rangs les plus élevés du grand monde profane.
La Grâce pourvoyait Marie &’ardeurs indicibles dans toutes ses actions. ‘‘Quelle fut sa conduite au temple’’, demande sunt Bonaventure, et il répond: ‘Nous pouvons le savoir pur la révélation qu'elle en a faite à une âme qui lui était dévouée et qui était, croit-on, sainte Elisabeth, vierge." On lit ce qui suit dans ses révélations: “Lorsque mon père et ma mère, dit la Vierge, m'eurent laissée dans le Temple, je résolus en mon äme d’avoir Dieu pour père. C’est pourquoi, je considérais pieusement et fréquemment ce que je pouvais faire d’agréable à ses yeux, afin de me rendre digne de sa grâce, et je me fis instruire de la loi de mon Dieu. fependant, eutre les préceptes de cette loi, j'en gardais trois en mon cœur d'une façon toute particulière, ce sont les suivants:
Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme, de tout votre esprit et de toutes vos forces.—- Vous nerez votre prochain comme vous-
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même, — Vous aurez en haine l'ennemi de votre âme. — J'ai gardé, dis-je, ces préceptes en mon cœur; j'ai embrassé sans retard toutes les vertus qui y sont enfermées,.et je veux que vous fassiez de même.
Une âme ne peut avoir aucune vertu si elle n’aime Dieu de tout son cœur; car c’est de cet amour que découle la plénitude de toute grâce ; sans amour aucune vertu ne germe et ne persévère en l’âme, mais elle s'écoule comme l’eau. Bien entendu, il faut qu’elle conserve en même temps de la haine pour ses ennemis, c’est-à-dire pour les vices et les péchés. Celui donc qui veut avoir la grâce et la posséder, doit diriger son cœur vers l’amour de Dieu et la haine du mai. Or, je désire que vous fassiez ce que je faisais alors: au milieu de la nuit, je me levais régulièrement ; j'allais devant l'autel du Temple, et là, avec tout le désir, toute la volonté, toute l'affection dont j'étais capable, et selon les lumières de mon intelligence, je demandais au Dieu tout-puissant la grâce d'’observer ces trois préceptes et tous les autres commandements de la loi; et me tenant ainsi devant l’autel, j’adressais au Seigneur les sept demandes suivantes :
1° Je lui demandais d’abord la grace d'accomplir le commandement de l’amour, c’est-à-dire de l'aimer de tout mon cœur,
de toute mon âme, de tout mon esprit ct de toutes mes forces ;
2° Je lui demandais ensuite de pouvoir aimer mes frères selon sa volonté et son bon plaisir, et de me donner également l'amour de tout ce qu'il! aime et chérit lui-même ; :
8° Je le priais de me faire haïr et fuir tout ce qu'il a en haine;
4° Je le suppliais de me donner l’humilité, la patience, la bénignité, la mansuttude et toutes les autres vertus qui devaient me rendre agréable à ses veux;
5° Je le conjurais de me faire voir le temps où paraîtrait cette Vierge bienheureuse qui devait enfanter le Fils de Dieu; de conserver mes yeux afin de la contenpler; ma bouche afin de célébrer ses louanges; mes mains afin de la servir; mes pieds afin d’obéir à sa volonté; mes genoux afin de pouvoir adorer le Fils de Dieu dans ses bras ;
6° Je lui demandais encore la grâce d’étre obéissante aux commandements et aux moindres ordres du grand-prêtre ;
7° Enfin je lui offrais mes prières pour qu'il daignât conserver le Temple pour sa gloire et tout son peuple pour son service.”
A ces mots sainte Elisabeth répondit :
‘‘O très douce Souveraine, n'’étiez-vous
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done pas remplie de grâces et de vertus ?” La bienheureuse Vierge répliqua: ‘Tenez pour assuré, que je me regurdais comine profondément vile, et indigne de la grâce de Dieu. Voilà pourquoi je detuandais avec tant d’ardeur la grâce et les vertus. Vous croyez, ma fille, que toutes les grâces que j'ai possédées, je les ai eues sans travail; mais il n’en a pas été ainsi. Je vous assure mème que, si vous en exceptez la grâce de sanctification dont j'ai été prévenue dès le sein de ma mère, je n’ai reçu de Dieu aucune grâce, aucun don, aucune vertu, sans qu'il m'en ait èoûté beaucoup, sans une oraison continuelle, un désir ardent, une dévotion profonde, des larmes abondantes, une dure pénitence, sans m'être app'iquée à méditer sans cesse, autant que je le pouvais, ce que je savais lui être agréable. Ayez pour certain qu'aucune grace ne descend en l’âme autrement que par l’oraison et l’affliction du corps.”” Saint Jérome a écrit aussi sur ce sujet:
‘La Vierge bienheureuse, dit-il, avait pour règle de s'appliquer à la prière depuis le matin jusqu’à la troisième heure du jour.
De la troisième heure à la neuvième, elle s'occupait de travaux extérieurs. Depuis la neuvième Leure, elle ne quittait plus la prière jusqu’au moment où un ange du
ciel venait lui apporter sa nourriture, Aussi
était-elle la première dans les veilles, la plus instruite dans la sagesse de la loi, la plus profonde en humilité, la plus habile à chanter les cantiques de David, la plus glorieuse en charité, la plus éclatante en pureté, la plus parfaite en tout genre de vertus. Chaque jour marquait pour elle un nouveau degré de perfection, Pleine de calme et de constance, jamais on ne la vit se livrer à l’impatience; ses discours respiraient tant la grâce, que l’on reconnaissait la voix du Seigneur sur ses-lèvres. Elle demeurait perpétuellement en oraison et dans la méditation de la loi de Dieu. Elle était rayonnante de sollicitude envers ses compagnes, afin qu'aucune d'elles ne péchât en ses paroles. Elle bénissait Dieu sans cesse, et si on la saluait, elle répondait en disant : ‘Rendons grâces à Dieu!" Quant à la nourriture, qu’elle recevait souvent, dit-on, de la main d’un ange, elle se la réservait pour elle-même. Celle que lui donnaient les prêtres du Temple, elle la distribuait aux pauvres. L'ange paraissait s’entretenir tous les jours avec elle Comme avec une sœur, et lui obéir comme à une mère bien-aimée.”’ Ainsi s'exprime saint Jérôme.
Plusieurs estiment que Marie fit alors le vœu de virginité perpétuelle, vœu inusité jusqu'à ce jour, ct qu’elle y ajouta ceux
d'obéir en tout à ses supérieurs légitimes et de ne jamais posséder rien en propre.
C’est ce qui semble résulter de diverses révélutions.
Ainsi vivait Marie à l'ombre du sanctuuire. Est-il étonnant qu’elle soit devenue l'objet des complaisances du Père Eternel ?
Il lu traitait comme sa Fille, l’enrichissait de tous les biens célestes. ‘De son côté, cette jeune Enfant, dit un Docteur de l’Eulise, était un jardin de délices, où le Seiuneur pouvait cueillir les fleurs de toutes les vertus.”
Le Fils unique du Père qui l'avait prédestinée pour étre sa Mère, ornuit son âme des vertus les plus rares, des prérogatives les plus sublimes. ‘‘Il voulait, dit saint Jean Chrysostome, qu'il n’y eût sur la terre aucun sanctuaire, ni plus riche, ni plus dia du Verbe éternel, que le sein virgin Marie.”
Le : Esprit qui avait choisi Marie comme sn Eyuse par excellence, la consumait des plus saintes ardeurs ; il lui faisait part de ses dons; il l’enivrait de ses délices, il la dirigeait dans toute sa conduite. Sous ce Maître incomparable, Marie faisait les plus rapides progrès. Toutes ses pensées, tous ses désirs, tous ses sentiments étaient vivifiés par la grâce dont elle était arosée,
Ecoutous maintenant les instructions que Merie elle-même donna à une sainte reli.
gieuse: Le plus grand bonheur qui puisse échoir à une âme en cette vie mortelle, c'est que le Très-Haut l’appelle dans sa mai. son et la consacre entièrement à son service ; en effet, il la délivre par cette faveur d'une dangereuse servitude, où elle mangrait son pain à la sueur de son front. Qui ignore les périls de la vie mondaine, chargée de tant de lois et de coutumes contraires à la raison et introduites par les démons et les i.1pies? Le meilleur parti est la vie religieuse et la retraite. C’est là que se trouve le port assuré; partout ailleurs, il n’y a que des tempêtes, des afflictions et des désastres. Si les hommes n’apprécient pas cette faveur, ils sont dans une étrange dureté de cœur et dans un oubli déplorable d'eux-mêmes. Un des plus grands efforts du démon est d'empêcher l'effet de la vocation du Seigneur.
Que les mères chrétiennes imitent la générosité de sainte Anne, et que les jeunes gens et jeunes filles apprennent de Marie à mépriser les folies qui passent et à n’estimer que les biens de l'éternité.
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