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cet âge retournassent chez leurs parents et entrassent dans le saint état du mariage d'après le conseil de leurs amis. Toutes le firent, excepté la très sainte Vierge Marie.
Quand le pontife l’interrogea pourquoi elle n’agissait pas d’après ses ordres, elle répondit qu’elle avait voué sa pureté virginale au Dieu tout-puissant, et conséquemment qu’elle ne pouvait pas donner son consentement à un mariage. A ces mots, le prontie demeura interdit, car il savait d’une part que l’Ecriture assure que l’homme doit varder sa promesse, et d'autre part il n’était pas disposé à permettre de nouvelles coutumes. Qu'allait-il faire en cette circonstance ? II invita Anne, la mère de Marie, pour délibérer avec elic sur ce sujet; car il était persuadé qu'elle était une femme sage. Sainte Anne se rendit auprès de lui, et lui raconta les merveilles nombreuses que Dieu avait opérées en faveur de son enfant. Alors le grand-prètre fit venir tous les prêtres, se rendit avec eux dans le Temple, et ensemble ils se prosternèrent par terre, priant Dieu de leur manifesier par un sigre sa sainte volonté.
Soudain une voix se fit entendre dans l Saint des saints; elle disait: ‘Une tige sortira de la racine de Jessé, laquelle produira une fleur sur laquelle reposera le Saint-Esprit, selon la prophétie d’Isaïe.”
Quand le grand-prêtrs eut entendu ces paroles, il rassembla tous les hommes nubiles qui étaient de la race de David et il ordonna à chacun d'eux de lui apporter une baguette sèche, statuant que celui dont l:
baguette produirait une fleur et sur laquelle se reposerait le Saint-Esprit, aurait l’honneur d’avoir Marie en mariage. Tous exécutérent l’ordre du pontife. Arrivés dans le Temple, ils unirent tous leur prière à elle des prêtres. Comme aucun n'ignorait lu vertu, l'honnêteté, la beauté de Marie, ct qu'elle était fille unique, chacun désirait le bonheur de l'avoir pour épouse. Joseph seul, le plus humble et le plus juste d’entre eux, se crut indigne d’un si grand bien, «1 se souvenant du vœu de chasteté qu'il avait fait, il se proposa de nouveau de le garder toute sa fie, pensant que c'était la volontc divine. Ceci n'empêchait pas qu’il n'eût plus de vénération et plus d'estime que tous les autres pour la Vierge d'Israël.
Tous les jeunes gens déposèrent donc leur baguette sur l’autel, mais il n’y eut que la baguette de Joseph qui flewit. I Saint- Esprit reposa sur elle sous la forme d'un lis blane, touchant emblème de la future maternité virginale de Marie confiée au plus juste des hommes. S'il faut en croire la tradition, l’on vit en même temps descendre une très belle colombe qui se reposa
sur la tète de l'heureux privilégié. Il fut révélé à une âme très sainte que Dieu parla intérieurement à Joseph et lui dit: ‘Mon serviteur, prêtez l'oreille à ma voix: Marie doit être votre épouse, recevez-la avec soin et respect, car elle est très agréable à mes veux, elle est très juste et très pure de corps et d'esprit, et vous ferez tout ce qu'elle vous dira.”
Les prêtres, sur ce signe du ciel, se déterminèrent à donner à Marie le juste Joseph, comme époux. Ils appelèrent donc celle qui était charmante comme l'aurore, plus brillante que l'étoile du matin, plus belle que la reine des nuits. Elle leur apparut revêtue d'une majesté angélique et d’une modestie, d’une honnêteté, d’une grâce incomparables. Les prêtres firent alors part à Marie de ce projet d'alliance avec Joseph.
Quand Marie entendit le nom de Joseph, son proche parent, dont on lui avait souvent vanté l’admirable piété, elle remercia le Seisneur da cette délicate attention; néanmoins elle ne put d’abord que se troubler, Elle avait bien deviné qu'il ne lui serait pas donné d’achever sa vie dans la sainte solitude où elle avait coulé des jours si beaux, si féconds, si pleins; des jours qui avaient paru rapides comme des instants; mais elle ne les avait pas crus si pres de finir. Bientôt cependant, nous de-
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vons le croire, une lumière surnaturelle lui fit comprendre que tout ce dessein ve.
nait de Dicu, qui avait dirigé lui-même le choix de Joseph. Elle se rassura done, remit aux mains du Seigneur sa personne et son cher vœu de virginité: et elle répondit qu'elle consentait à devenir l'épouse ct l'humble servante de Joseph, fs de Ja.
cob. Par cet acquiescement, les fiançailles étaient contractées en attendant que le jour des noces fût fixé.
Quand sainte Anne apprit que Joseph était fiancé à Marie, elle s'en réjouit dans le Seigneur, car elle savait que Joseph était un homme chaste et juste ot qu'il la dési.
rait selon les lois de l'honnêteté et la ché. rissait singulièrement, Sa vie en offet était très pure et irréprochable aux yeux de Dieu ct des hommes. Il était parent de Ja Vierge Marie au troisième degré, et bien connu dans toute la famille. 11 avait d'ailleurs la coutume de prendre souvent ses repas dans la maison de sainte Anne.
Les liens d'amitié qui existaient entre Anne et Joseph se resserraient ainsi tous les jours davantage. Joseph de son côté, iorsqu'il vit que Marie lui serait donnée en mariage ct apprit qu’elle avait consacré À Dieu sa pureté virginale, se félicita de son partage : il louait et bénissait le Seigneur de lui avoir donné la garde d’une Vierge
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qui avait été consacrée au Temple par ses parents et qui, dans la paix de ce séjour, avait passé sa première jeunesse à l'abri de tous les dangers d’un monde corrupteur.
Le jour du mariage étant arrivé, on peut croire que saint Joseph vint au parvis du Temple, en compagnie de plusieurs parents et amis, chercher sa fiancée. Il l'y trouva,
vêtue d’une robe blanche, portant au bras
le voile des épousailles dont elle allait couvrir son front. Le grand-prêtre lui demanda si elle voulait se donner au fils de Jacob, ïh Joseph, son parent, comme à son légitime époux et seigneur. Elle répondit modestement qu’elle le voulait. Et le saint vieillard prit la main de la Vierge + la placa dans celle de l’heureux Joseph, en prononeant cette formule consacrée par l'usage des ancêtres: ‘‘Que le Dieu d’Abraam, d’Isaac et de Jacob vous unisse €
accomplisse en vous sa bénédiction.”” Puis il écrivit le contrat sur un parchemin. Dans l'entretemps les témoins et les assistants félicitaient le nouvel Epoux üe son heureuse fortune, en lui disant: ‘‘Que le Dieu d'Israël te ‘énisse toi et ton Epouse; qu'elle soit un modèle de vertu dans Nazareth; que son nom soit à jamais célèbre sur la terre, et que votre race soit bénie par le Dieu d'Israël, qui règne dans les siècles des
siècles.” Et les jeunes compagnes de Mu.
rie répondirent : ‘Qu'il en soit ainsi!’
Après cette auguste cérémonie, Marie quitta définitivement les saints tabernacles, le regret dans l’âme à la pensée de tant de joies qui venaient de s’envoler et se rendit avec Joseph chez sa Mère sainte Anne à Nazareth où les souhaits du grandprêtre allaient recevoir un accomplissement parfait et sans exemple.
Quand ils furent arrivés à la maison paternelle, ils firent monter jusqu’au trône de Jéhovah les joyeux accents d’une commune prière, puis ils célébrèrent le banquet des noces dans la crainte du Seigneur et la plus modeste réserve. Après le départ des convives, les deux époux renouvelèrent leurs prières et leurs vœux de bonheur, comme autrefois le jeune Tobie et la chaste Sara.
(Tob., 8.) Marie demandait pour Joseph l'intelligence du don précieux d’une parfaite innocence qu’elle avait reçue la première du ciel, et Joseph priait le Seigneur de le reudre digne d’une compagne si pure. Jamais prière ne fut plus agréable au Très- Haut; jamais prière ne fut plus parfaite ment exaucée !
O bonne sainte Anne que vous êtes heureuse en ce jour!
O Marie! qu’elle est heureuse la rencontre que vous faites aujourd'hui dans la per-
Ma
[are cles, tant F se inte andrent
sonne du plus saint et du plus grand de tous les hommes! O Joseph, qu'elle est heureuse l'alliance que vous avez contractée avec la plus sainte et la plus digne de toutes les créatures! O mariage illustre, mariage
‘glorieux! mariage fortunél Noué par les
vertus, appuyé sur le mérite, approuvé de Dieu, conclu dans le ciel, et célébré aux applaudissements des anges et des hommes |
Plaise à Dieu que toutes les alliances terrestres ressemblent en pureté d'intention à l'union de Joseph et de Mariel Elles lui ressembleraient aussi en véritable félicité.