‹ La vie de sainte Anne, pouvant servir de mois de juillet aux âmes pieuses [microforme]Chapitre 32 sur 52 · CON · texte numérisé non relu

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vestibule, et puis on venait leur dire de retirer parce que toutes les places étaient prises. Notre auguste Reine suivait son cpoux, qui allait de maison en maison, de porte en porte, au milieu d’une fourmillière d'étrangers. Et quoiqu’elle prévit que les maisons comme les cœurs des hommes leur seraient fermées, elle voulut souffrir cette peine pour obéir à saint Joseph, son directeur et son chef.

En continuant de parcourir la ville en tous sens, ils arrivèrent à la maison où l’on tenait le registre, et pour ne pas être obligés de revenir sur leurs pas, ils se firent

inscrire de suite et payèrent le tribut. Puis ls se remirent à la recherche d’un refuge quel qu’il fût. Enfin ils trouvèrent une grotte hors de la ville où les pasteurs se retiraient ordinairement avec leurs trou-

peaux.

Jésus, Marie, Joseph, Sainte Famille, il n’y a point de place pour vous, même dans la salle publique; la foule y est trop grande ; vous êtes trop pauvres pour qu'on puisse vous y admettre. ” Une étable où sont attachés le bœuf et l'âne, voilà tout ce qui reste pour vous dans la Cité de David, votre père! Oh! qui osera se plaindre encor” de n'être pas riche; de n’ètre pas mieux traité que vous?

Or il advint pendant qu'ils étaient là que les jours de Marie s’accomplirent. Comme la douce rosée descend des cieux, dans le silence de la nuit, comme le premier rayon du soleil brille soudain à l’horizon et fait tressaillir la nature de joie et d'espérance, ainsi le Verbe incarné apparut aux yeux émerveillés de Marie toute rayonnante de bonheur. Vite elle le pressa sur son cœur, l'enveloppa de langes et le déposa dans une crèche. Elle l’adora comme son Dieu, elle l’aima comme son Fils. Oh! n’essayons pas de décrire les délices de son cœur maternel! Quant à saint Joseph lorsqu'il vit son Sauveur et sôn Fils adoptif, il se prosterna devant lui avec une profonde humilité et se répandit en larmes de tendresse.

11 lui baïisa les pieds avec tant de joie et tant d’admiration, qu'il en serait mort si la puissance divine ne l’eût conservé.

C'est ainsi que le Christ, le Roi des sitcles, fait son entrée dans le monde. Son palais est'une étable, une grotte ; son vêtement royal, des langes ; son trône, une crèche; lui-même, un petit enfant. O Jésus ! quand je considère combien vous êtes grand, vous me paraissez infiniment admirable, et je voudrais avoir toutes les langues des hommes et des anges pour célébrer votre gloire! Mais quand je considère combien, pour l'amour de nous, vous vous

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êtes rendu petit, pauvre et humble, alors je vous trouve infiniment aimable, et je voudrais avoir tous les cœurs pour vous aimer dignement et répondre ainsi à votre amour.

“Et des pasteurs étaient dans la même région, qui passaient la nuit dans les champs, et qui veillaient tour à tour sur leur troupeau. Et voici que l’Ange du Seigneur parut auprès d'eux; la lumière de Dieu les environna et ils furent saisis d'une grande crainte. Et l'ange leur dit: Ne craignez point, car voici que je vous annonce une grande joie, laquelle sera pour tout le peuple. 11 vous est né aujourd’hui un Sauveur, q'. est le Christ-Seigneur, dans la cité de- David. Et voici le signe auquel vous le reconnaîtrez: Vous trouverez un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche. Et au même instant se joignit à l’ange une grande troupe de l’armée céleste, qui louait Dieu et disait: Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix aux hommes de bonne volonté.’" (Luc, 2, 8-14.)

Heureux pasteursi Les premiers ils sont appelés à la crèche. Les mages, les savants viendront en second lieu. Heureux pasteurs! ce n’est pas une simple étoile qui les instruit; c’est l’ange même du Seigneur, c'est une multitude innombrable d’anges. Oui, heureux pasteurs!

Los premiers ils ont entendu le Gloria in

crcelsis, ce cantique du ciel, l'hymne de réconciliation de Dieu avec le monde p+cheur.

Pour comprendre la suite de la vie de sainte Anne, rappelons-nous encore cette autre scène décrite par saint Mathieu :

‘Jésus étant donc né dans Bethléem de Juda, aux jours du roi Hérode, voici que des Mages vinrent d'Orient à Jérusalem, disant: Où est celui qui vient de naïitre Roi des Juifs? Car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l’adorer. Le roi Hérode fut troublé de ces paroles, et toute la ville de Jérusalem avec lui. Et assemblant tous les princes des prêtres et les scribes du peuple, il leur demanda où devait -aître le Christ. Ils lui dirent: Dans Bethléem de Juda; car ila été ainsi écrit par le prophète: Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es pas la moindre entre les villes de Juda; car de toi sortira le chef qui gouvernera mon peiple Israël. Alors Hérode ayant fait venir secrètement les Mages, s’enquit d'eux avec soin du temps”auquel l'étoile leur était apparue ; et, les envoyant à Bethléem, il leur dit: Allez, informez-vous exactement de l'enfant, et quand vous l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j'aille l’adorer moi-même. Ayant entendu le roi, ils s'en allèrent; et voici que l’étoile qu'ils avaient

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vue en Orieut marcha devant eux, et s'arréta au-dessus du lieu où était l'enfant.

Entrés dans la maison, ‘s trouvèrent l’Enfant avec Marie, sa Mère; et se prosternant, ils l’adorèrent. Puis, ayant ouvert leurs trésors, ils lui offrirent des présents, de l'or, de l’encens et de la myrrhe; et, ayant été divinement avertis en songe de ne point retourner vers Hérode, ils regaynèrent leur pays par un autre chemin.” ”

Pendant que ces événements grandioses se passaient à Bethléem, sainte Anne s’en revenait de Jérusalem à Nazareth apportant tout ce qui était nécessaire au berceau de Jésus.

A son arrivée elle demanda aux voisins où était Marie, et quand on le lui dit, elle en fut vivement inquiète. Aussi sans perdre un instant elle prit le chemin de Bethléem.

Or, pendant la nuit, sainte Anne s'écarta de la bonne route; alors elle s’assit par terre et pleura amèrement. Mais les anges , vinrent la consoler par une révélation : “O mère vénérable, dirent-ils, réjouissez-vous dans le Très-Haut: Marie, votre fille, est devenue la Mère du Fils de Dieu.”’ Anne à ces paroles se réjouit extrêmement ef, remise sur une bonne direction, s’en alla droit à Bethléem. Elle s’informa partout de Marie et de Joseph, mais personne ne

put la renseigner exactement. Cependant on disait que sa fille et son gendre y étaient arrivés avec un âne et un bœuf et qu'ils n'avaient pu obtenir une auberge, parer que celles-ci étaient remplies d'étrangers:

mais personne ne savait exactement où ils étaient allés.

Une légende nous rapporte que sainte Anne, ne trouvant point sa fille, crut qu'elle était partie pour Jérusalem. Elle se dirigea donc de nouveau vers lu sainte Cite.

C'était la Providence qui l'y conduisait. À cette époque-là, Jérusalem était remplie du bruit de grands événements. Le nom de Bethléem était dans toutes les bouches.

On parlait de la naissance du Roi des Juifs et des merveilles qui l'avaient accompugnée: on rappelait l'apparition de l'Ange aux bergers. les concerts ï:s Esprits célertes, la lumière éclatant: qui avait éclairé les alentours de la gro'e. On avait vu une étoile extraordinaire. Des rois Mages étaient venus de l'Orient, avaient consulté le roi Hérode, et avaient pris le chemin de la Cité de David. Les conversations allaient grand train.

Aussi sainte Anne ne pouvait-elle plus douter de la naissance de Jésus. Sans se décourager le moins du monde, elle reprit le chemin de Bethléem. A son arrivée.

elle apprit que Marie et Joseph étaient sor-

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