COMMENT SAINTE ANNE SUIT SA FILLE A BETHIÉEM
MARIE, Joseph et Anne vivaient maintenant dans un calme parfait; l’humble toit de Nazareth était devenu le sanctuaire de la divinité; tout le ciel était 1à depuis que le Verbe incarné s'y trouvait, Jes deux époux vierges soupiraient après l'époque où il leur serait donné de contempler face à face le Désiré des nations, le Salut du monde. Une mère songe à l'enfant qu'elle aisend. Marie montrait à Joseph les divers objets que sa tendresse préparaît pour leur futur héritier. Joseph offrait tout ce que sa pauvreté lui permettait pour concourir, avec la céleste Vierge, à la confection des langes destinés à envelopper les membres délicats du Fils que Dieu allait leur donner. Que de douceurs, que de consolations dans ce travail auquel la Mère du Sauveur consacrait ses mains très pures, tandis que Joseph s'empressait de la seconder, en employant pour Jésus toutes les modestes ressources que sa profession mettait à sa disposition! Se dépouiller pour Jésus, donner tout à Jésus, conçoit-on pour le cœur de l'Epoux de Marie quelque chose de plus doux et de plus consolant ?
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Et quelles ne furent pas les sollicitudes de sainte Anne? La pieuse aïeule attendait aussi avec un ardent désir le temps où sa Fille donnerait Jésus au monde étonné.
Elle s’ingénia à se procurer toutes les choes convenables et nécessaires à cet effet:
elle prépara un lit précieux pour y laisser reposer Jésus ct Marie; elle arrangea également un magnifique berceau en bois de cèdre et des linges de haut prix pour y envelopper son cher petit-fils. Quand le mois crittque approcha, elle re rendit à Jérusalem afin d’acheter les derniers prépartifs.
Or pendant qu’elle était dans la sainte Cité, César Auguste publia un édit en vue de décrire toute la terre habitée. (Cette première description se fit par Cyrinus qui gouvernait la Syrie. D'après la teneur de l'édit, chacun devait se rendre dans sa ville natale pour payer le cens et se faire inscrire immédiatement. Cette ordonnance afteignait Joseph. La ville où il devait aller enregistrer son nom, en sa qualité de sujet d'Auguste, c'était Bethléem.
Dès que cet ordre fut publié à Nazareth, saint Joseph en conféra avec son épouse.
Ta très prudente Vierge répondit: “Nous devons obéir aux lois des gouvernements terrestres quand elles sont justes. D'’ailleurs il ne faut pas que l’édit de l’empereur romain vous mette en peine, puisque le
Roi du ciel et de la terre dirige tous les événements; la Providence nous assistera.
Abandonnons-nous avec confiance à sa conduite. Obéissons immédiatement! Ma mère Anne va probablement rester quelque temps dans la maison qu’elle possède à Jérusalem et nous serons de retour ici avant elle. Obéissons, il le faut !
Les saints voyageurs se mirent done en route le plus tôt possible et cheminèrent lentement durant cinq jours. Pour faciliter le voyage, saint Joseph avait pris avec lui un âne devant servir de monture à Marie; il avait pris aussi avec lui un bœuf pour le vendre afin de payer le cens, et de vivre du surplus, pendant leur absence.
Ils arrivèrent à Bethléem le cinquième jour de marche; mais que d’humiliations et de souffrances les y attendaient! Le grand nombre de personnes qui étaient dans les hôtelleries causaient une fort grande peine à la modestie de la très pure Marie et à son époux. Ils étaient rebutés à cause de leur timide pauvreté, pendant que les riches et les audacieux étaient l’objet des plus belles façons. Sans se soucier le moin:
du monde de leur extrême fatigue, on les congédiait parfois comme des gens encouibrants et de peu de considération. D'autres fois on faisait attendre la Maîtresse du ciel et de la terre dans un recoin du
Ss les stera.