‹ La vie de sainte Anne, pouvant servir de mois de juillet aux âmes pieuses [microforme]Chapitre 37 sur 52 · — SON DÉPART POUR LE DÉSERT · texte numérisé non relu

— SON DÉPART POUR LE DÉSERT

GAINTE Anne s'était donc distinguée héroïquement par sa charité envers les innocents massacrés par les émissaires d'Hérode. En attendant des nouvelles de la Sainte Famille, elle avait fixé son séjour à Bethléem dans la maison qu'avait choisie saint Joseph pour y passer les jours qui précédaient la purification de Marie. Là elle s’adonnait au travail et à la prière. Ses délices après son labeur étaient d'aller se reposer à l'étable où son petit-fils Jésus était né. Dans ce béni sanctuaire, elle priait souvent à genoux. Quand la fatigue menaçait de trahir ses forces, elle appuyait la tête contre la crèche où-le Roi du

ciel avait reposé. Son sommeil était plutôt un temps de contemplation que de délas.

sement. Quand elle dormait, elle était ravie en esprit, et les anges lui dévoilaient toutes les peines que le Messie endurerait pour le salut des hommes. Elle voyait aussi la douleur et la tristesse que devraient subir sa Fille bien-aimée et une foule d’autres âmes pieuses.

Sainte \nne à son réveil disait: ‘‘O très doux Enfant Jésus ! Vous êtes l’innocent Agneau, lequel sera immolé sur l'arbre de la croix pour le salut de tous les hommes.

O sainte passion! O souffrances bénies !

Ah! si tous ceux de ma race pouvaient souffrir ainsi pour la gloire de Jéhovah!

Quant à moi, s'il a été prévu que la contradiction doit être aussi mon partage, j'en serai heureuse ; certes il est convenable que mon propie corps ne soit pas exempt de souffrances. C’est pourquoi, je vous en prie, à Seigneur! veuillez me montrer une place, où je puisse toujours châtier ma chair !””

Le ciel lui fit comprendre que, commr saint Jean-Baptiste et tant d’autres saints personnages, elle devait se retirer dans un désert, mais qu'auparavant elle devait consacrer ses soins aux lépreux, aux aveugles.

aux infirmes qui étaient à Bethléem et aux environs. Elle résolut donc fermement

daus son cœur de remplir l'office du bon Samaritain aussi longtemps qu'il plairait à Dieu, et puis de se retirer dans un lieu solitaire et d’embrasser pour l'amour de Dieu une vie mortifiée.

Devenue infirmière, elle préparait les onwuents précieux pour la guérison des infirmités de toute sorte, pansait les blessures quelles qu'elles fussent et nettoyait les plaies les plus hideuses. Elle pratiquait la charité avec un courage au-dessus de tout éloge. Ayant reçu de Dieu l'ordre de so séparer de ses chers malades, elle leur distribua tout le bien temporel qu’elle posséduit encore. Lorsqu'ils apprirent qu'elle voulait les quitter, ils vinrent la trouver en pleurant et s’écrièrent : ‘“Malheur à nous!

car notre consolatrice nous abandonne. Qui va désormais nous consoler, nous éclairer, nous nourrir et nous assister dans notre extrème nécessité? O vous, soleil, luisez, et vous, terre, donnez un signe pour nous indiquer où veut se rendre notre consolatrice, afin que nous puissions aller la trouver et mourir avec elle !””

Sainte Anne avait alors soixante-quatre uns. Les affaires de Bethléem étant révlées, elle s’en alla de suite arranger celles de Naxareth avant de prendre la route du désert. Jésus, Marie, Joseph venaient justement de revenir de l'Egypte à Nazareth

après sept années d'absence. On ne peut se faire l’idée du bonheur dont toute cette famille bénie fut inondée en se retrouvant tout entière dans cette maison, témoin du plus grand mystère qui se soit accompli en ce monde, témoin aussi de tant de prières, de larmes ct d’espérances. Jésus, Marie et Joseph racoutèrent à sainte Anne tous les événements de leur voyage, les raisons de leur longue absence et les détails de lu vie qu'ils avaient menée en Egypte.

Saiute Anne, à son tour, leur raconta scx recherches inutiles, le massacre des Innocents. Enfin elle leur commumique le dessein que Dieu lui avait inspiré d'aller habiter dans le désert. Ceux-ci, quoique affligés jusqu’au plus profond de leur âme en eutendant pareille proposition, adorèrent comme toujours la volonté du Père céleste et n'osèrent pas s’y opposer.

Tous les saints aiment à vivre dans une profonde retraite, évitant soigneusement les assemblées mondaines ; et c'est même pour ce motif que nous connaissons si peu les détails de leur sainte vie. Pour fréquenter le monde, il est nécessaire de partager ses goûts, ses amusements, de se conformer à ses habitudes; or tout dans le monde est mauvais, dit saint Jean, et vient du mauvais esprit, c’est-à-dire du démon. C’est pourquoi tous les saints, inême de l'Ancien

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