‹ La vie de sainte Anne, pouvant servir de mois de juillet aux âmes pieuses [microforme]Chapitre 46 sur 52 · RARE · texte numérisé non relu

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leur secours dans toutes leurs peines, leurs afflictions, leurs embarras, leurs angoisses. De mème il a créé dans le cœur de sainte Anne un inc=ndie d'amour pour toutes les âmes confiées à sa protection, rachetées au prix du sang de l’Agneau et enfantées à la grâce par la compassion de Marie. C'est ainsi que sainte Anne aide les chrétiens de toutes les manières : elle leur vient en aide en public, et en secret, par ses prières, ses conseils, sa puissance, ses exemples, soit qu'on la prie, soit qu'on lui paye quelque autre tribut d’hommages.

Saint Jean l’Evangéliste nous représente la fille de sainte Anne vêtue du soleil. Tout comme le soleil qui luit indistinctement sur les bons et sur les méchants, la sainte Vierge, sans examiner les mérites, se montre propice à ceux qui l’invoquent d’un cœur sincère et pieux, sans pour cela oublier les

. pauvres pécheurs. De même sainte Anne

verse les rayons de sa bonté sur tous ses serviteurs, justes ou pécheurs.

Qui pourrait raconter ses bienfaits, ses preuves sans nombre d'assistance, de protection miraculeuse. Il n’y a nul doute que sainte Anne ne se soit distinguée ici-bas entre tous les saints par l’ardeur de sa charité : son cœur, source du sang qui devait former le cœur de Marie, devait être

un vrai brasier d'amour de Dieu, et par là

même de charité envers les hommes. La gloire dont elle est aujourd’hui revêtue at-elle changé les dispositions de son cœur ?

Non, maintenant qu'elle est unie à Dieu, source de toute charité et la charité en per- “sonne, et qu’elle connaît mieux nos peines et nos besoins, elle n’en est devenue que plus compatissante, plus empressée à nous secourir.

Mais ce qui doit redoubler notre confiance en elle, c’est que nos maux, elle les regarde d’un regard maternel. Oh! combien elle désire nous voir affranchis des périls de cette vie, et réunis à Jésus, à Marie ef à elle! Oui, elle tressaille d’allégresse chaque fois qu’un élu entre en paradis et vient accroître cette postérité bénie qui chante avec elle les louanges éternelles du Seigneur. Elle s’en réjouit pour Jésus et Marie dont la gloire est ainsi augmentée; elle s’en réjouit pour elle-même, car elle croit jouir d’autant de paradis qu’elle voit en paradis de ses descendants spirituels.

Nous devons donc avoir un cœur débordant de confiance en la bonté de sainte Anne. Sondons ici nos sentiments. Estce que notre confiance en elle est sincère ?

Levons-nous vers le trône de sainte Anne des cœurs exempts de méfiance, remplis d'espérance filiale? Voilà ce qu’elle attend

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de nous ; voilà ce qu’elle mérite, car elle est bonne au-delà de toute expression. Elle est douée d’une bonté toujours sympathique, d’une bonté pleine de puissance qui n’a jamais cessé de se montrer par des miracles'éclatants. La bonté, c'est une inclination à faire du bien, et elle se marifeste en donnant aux autres ce qui peut ocntribuer à leur bien-être et à leur bonheur.

Celle de sainte Anne est pour ainsi dire proverbiale. Interrogez à ce propos ces milliers de malades qu’elle a guéris et qui ont reçu tant de faveurs; ces navigateurs qu’elle a délivrés du naufrage; ces affligés qu'elle a consolés, ces pécheurs qui lui doivent leur conversion, et tous répondront d’une seule voix: sainte Anne est si bonne | si bonne que notre reconnaissance, notre amour et nos louanges ne peuvent adéquatement exprimer sa tendresse; nous ne pouvons l'appeler autrement que la Bonne sainte Anne!

Sa bonté est toute remplie de compassion pour nos besoins et nos douleurs. Ce ne

serait pas une aïeule “'gne de ce nom

celle qui, voyant souffrir ses petits-enfants, ne partagerait pas leurs peines ou ne se sentirait pas vivement excitée à les soulsger. Pourrions-nous croire que notre sieule, la grande sainte Anne, aurait un cœur moins aimant que celui de ces compatissantes

grand'mamans qui redoublent de ‘tendresse à l'égard des jeunes enfants? Quand un père ou une mère sont disposés à pu ir, à corriger sévèrement leurs propres enfants, où ceux-ci vont-ils instinctivement chercher un refuge assuré? N'est-ce pas dans les bias de leur grand'mère? Supposez donc que le Dieu de toute justice et même +a Mère Marie soient sur le point de sévir contre nous, ce serait dans le cœur de sainte Anne que nous serions toujours en état de nous abriter avec la plus grande sécurité.

Sa compassion est d'autant plus cordiale qu'elle a mieux connu par expérience les épreuves de la vie. Oui, elle sait ce que c'est que de souffrir et tout le monde sait que le cœur qui a souffert beaucoup est véritablement sympathique. Le cœur de sainte Anne, oh! c’est un océan de tendresse dont Dieu seul peut apercevoir les rivages et sonder les abimes.

Est-ce que les pierres mêmes des sanctuaires qui lui sont dédiés ne le proclament pas hautement ? Plusieurs sanctuaires n'ont-ils pas été construits avec .es offran- .des du peuple émerveillé de ses. indicibles magnanimités? Ne voyons-nous point les piliers de nos églises tapissés de béquilles, de bâtons et de différents ex-votos, témoignages perpétuels et irrécusables des mul-

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tiples guérisons obtenues en irioquant ln compatissante sainte Anne ?

Cette tendresse, cette sollicitude de sainte Anne à notre égard réclament de notre part une profonde reconnaissance; et cette reconnaissance doit se manifester par un culte plein de confiance et de filial abandon. Puisque les aïeules -‘r ent à voir leurs petits-enfants se jeter . leurs bras, sur leur giron, allons à site Anne avec un cœur ouvert; faisons-lui sans détour et en toute simplicité l'exposé de nos peines et de nos besoins. Nous devons être persuadés qu’elle nous obtiendra les grâces que nous sollicitons par son intercession, ou quelque chose de meilleur, de plus utile pour notre salut. Car souvent les enfants demandent à leur grand'mère des choses nuisibles, et en dépit de sa tendresse celleci est forcée de les leur refuser. Quant à nous, nous ne prierons jamais en vain sainte Anne, si nous le faisons avec une intention droite; parce qu'elle aura soin avant d'offrir nos requêtes à sa fille bienaimée, Marie, de redresser ce qu’elles ont de défectueux. Notre dévotion à sainte Anne doït être constante. Un petit-enfant n'aime pas son aïeule seulement quand il a besoin d'elle, mais toujours et à chaque moment. Celui qui aime sincèrement, aime en tout temps, dit le Sage. Les saints

ne sont pas longtemps favorables à celui qui les invoque dans les peines, puis les oublie quand il se voit soulagé et que tout lui réussit.

Les vrais dévots de sainte Anne ont toujours entendu de la sorte le culte que méritent sa dignité, sa sainteté, sa puissance et sa bonté. L'histoire est là pour le prouver: ce sera l'objet des deux derniers chapitres.

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