‹ La vie de sainte Anne, pouvant servir de mois de juillet aux âmes pieuses [microforme]Chapitre 47 sur 52 · CHAPITRE XXX (1) CULTE ET RELIQUES DE SAINTE ANNE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX (1) CULTE ET RELIQUES DE SAINTE ANNE

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LE tombeau de sainté Anne se montre eacore aujourd’hui aux pèlerins de la Terre- Sainte, dans l'église du Saint-Sépulcre de Notre-Dame, dans la vallée de Josaphat, au côté droit du grand autel. Là est aussi le tombeau de saint Joachim, époux de sainte Anne, et celui de saint Joseph, époux de la sainte Vierge. Le corps de sainte Anne a été bientôt transféré à Jérusalem, et une partie de son chef se conserve précieusement à Cologne, dans l'église des Machabées.

(1) Ces deux derniers chapitres sont ajoutés par Je traducteur.

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Le corps de la bienheureuse Anne, mère de la Vierge Marie, transportée en France, de la chapelle sépulcrale de Notre-Dame de Josaphat:où il reposait près de celui de saint Joachim, fut remis, d’après une antique tradition, à l’église d’Apta Julia. Le très ancien martyrologe d’Apt mentionne cette translation. Trithémius, De laudibus sanctæ Annæ, Jean de Montevilla, In itinerario, disent que le corps de sainte Anne fut transporté d'Orient en Occident et déposé dans les Gaules. Plusieurs voyages en

Orient, notamment celui du Père Nau, en parlent.

Mais le temps des persécutions s’avançant à grands pas, le bienheureux Auspice, premier évêque d:Apt, le cacha dans une sorte d’armoire pratiquée dans le mur de la crypte la plus basse, qui existe encore aujourd’hui. Il plaça devant les reliques une lampe allumée qui ne s'éteignit qu'en 792, le jour de leur découverte. Le saint évêque d’Apt mura ensuite très diligemment la crypte, de manière à la rendre im- - pénétrable. Les confidents du secret, qui avaient connaissance du lieu, étant morts, la crypte resta inconnue aux hommes pendant sept sièeles. Les reliques de sainte Anne furent réservées ainsi, dans les irruptions des Alains, des Suèves, des Vandales et autres barbares qui ravagèrent la

Prôvence, et les dévastations horribles des Serrasins. C’est après la défaite totale de ces derniers dans la plaine qui s’étend entre la montagne de Cordes et la colline de Montmajour, que le glorieux Charlemagne eut le bonheur de découvrir les reliques de sainte Anne. Le souvenir de cette bataille où la dernière espérance de l’Islamisme fut détruite, s’est conservé dans une inscription de l’église de Montmajour-lez-Arles.

Le premier soin de Charlemagne, après son arrivée à Apt, fut de faire reconsacrer par Turpin l’église cathédrale qui avait été profanée par un culte impie. Tandis qu’un concours extraordinaire de grands seigneurs et de peuple assistait à cette solennité, et pendant que la population répandue à l’entour rendait à Dieu, dans son ravissement, des louanges à l’occasion de son sanctuaire restitué, le Seigneur, enveloppant de son amour les vœux de la cité et la foi ardente de Charlemagne, manifesta par un miracle éclatant et une faveur inespérée, le trésor inconnu des reliques de sainte Anne.

Un jeune homme, nommé Jean, âgé de quatorze ans, aveugle, sourd et muet de naissance, fils du baron de Caseneuve, était présent dans le sanctuaire. Bientôt il commença, en frappant les degrés du maîtreautel, à fâire signe qu'on creusât profondément le sol.

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On enleva à l'heure même les marches de la montée indiquée, et l'on découvrit aussitôt une porte formée de grosses pierres. Les ouvriers ayant ouvert cette porte à coups de marteau, on vit une descente de degrés qui conduisait dans une grotte souterraine artistement travaillée. C'était la crypte où le bienheureux Auspice avait COutume de nourrir par la parole sainte et les sacrements le peuple qui lui était confié.

On entra. Jean marchait le premier. La crypte inférieure fut enfin ouverte, tandis que tous, pleins d’admiration, regardaient une lampe ardente placée devant une sorte d’armeire murée. |

Chose admirable! Voilà que Jean, ayant tout à coup les yeux lumineux, ainsi que les oreilles sensibles et la langue déliée, s’écrie : ‘Dans cette ouverture est le corps de sainte Anne, mère de la très sainte Vierge Marie, Mère de Dieu!”

Tous les spectateurs remplis d’étonnement poussent mille acclamations de joie.

Cependant le très pieux roi ordonne d'ouvrir la niche. Aussitôt une odeur semblable au baume se répand, et le dépôt sacré, attesté par un si grand miracle, apparaît renfermé dans une caisse de cyprès, enveloppé d'un voile précieux, et identifié par cette inscription : ‘‘Ici est le corps de la bienheureuse Anne, mère de la Vierge Marie.’’ L'ar-

chevêque Turpin, ayant pris la caisse, la mit entre les bras de Charlemagne pour la lui faire baiser en signe de joie et de consolation.

Le pontife rendit grâces à Dieu, qui avait manifesté le corps vénérable de l’aïeule du Christ pour être la protection et le secours de la ville d’Apt.

Charlemagne ordonna de faire consigner dans des écrits le récit de tous les faits, tels qu'ils s'étaient passés, et d’en référer au Souverain Pontife, qui en reconnut l’authenticité. L'empereur lui écrivit une lettre que l’on possède encore.

Pendant la Révolution, les précieuses reliques conservées à Apt ne furent pas profanées.

C’est de la ville d’Apt que sont sorties toutes les reliques de sainte Anne, que l’on peut voir et vénérer maintenant ailleurs.

Le couvent de la Visitation de Chartres a le bonheur de posséder une petite partie du chef de sainte Anne.

Mais nulle part sainte Anne n’est aussi honorée qu’au pèlerinage qui porte son nom près d’Auray, chef-lieu du canton du Morbihan, arrondissement de Lorient. Ce pèlerinage, depuis longtemps tombé dans l'oubli, reprit un nouvel élan en 1624.

Sainte Anne, comme il a été constaté par des enquêtes juridiques les plus multipliées

et les plus minutieuses, apparut plusieurs fois, en plusieurs endroits, à diverses heures du jour et de la nuit, à Yves Nicolazic, laboureur de la paroisse de Pluneret, près d’Auray, diocèse de Vannes.

L'image de sainte Anne attira bientôt une fonle innombrable de pèlerins. Avec leurs offrandes, on bâtit une chapelle. Celleci fut embellie par les religieux de l’Ordre du Carmel, qui s’établirent dans ce sanctuaire le. 21 décembre 1627. Le roi Louis XIII leur donna une relique de sainte Anne en 1639. Urbain, par les bulles datées du 22 septembre 1688, accorda de grandes indulgences aux pèlerins et à la Confrérie de sainte Anne d'Auray. Les religieux furent chassés en 1792, leur couvent et leur église vendus, l’image fut brisée et brûlée.

Un seul morceau de la figure échappa à la destruction; on le voit encore dans le piédestal de la nouvelle statue. L'église et le couvent rachetés en 1815, furent confiés aux Pères Jésuites qui y établirert un petit séminaire. Ils en furent expulsés en 1828.

Depuis cette époque, la maison de sainte Anne n’a pas changé de destination, elle - est encore l’école ecclésiastique du diocèse de Vannes, et la dévotion attire toujours dans son église de nombreux pèlerins.

. Sainte Anne est aussi en grand honneur dans la Lorraine allemande. Dans le dio-

cèse de Nancy, près d’Albestroff, chef-lieu - de canton de la Meurthe, arrondissement

de Château-Salins, on remarque une magnifique chapelle romane de date assez récente, mais construite sur l'emplacement d'autres monuments consacrés à sainte Anne.

Ce culte envers l’aïeule de Notre-Seigneur Jésus-Christ est d’origine tellement reculée

dans cette partie de la Lorraine, qu'on ne :

peut facilement en assigner la date. Dès le XII° siècle, nous trouvons, à l'endroit qui nous occupe, une chapelle dédiée à sainte Anne, qui en avait, suivant la tradition, déterminé elle-même l'emplacement.

Aujourd'hui ce lieu de pèlerinage est devenu plus important encore depuis qu'il est enrichi d’une insigne et précieuse relique de sainte Anne, provenant d’Apt, en Provence.

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