‹ La vie de Victor HugoChapitre 5 sur 11 · II AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

II AVANT-PROPOS

à la loi lies coiilc'ni|)i)raiiis, et ils ont voulu (juc le puMc lyrique, que le poèti' (lrauia(ii|U(', (pic le imiMc saliriipir. (pir i'iii-ldiion, le romancici', l'iiratcur. le |ii'nscur, lïii ^Idiilii' ilan- toutes si's o'uvres, et, pour ainsi dire, dans tous ses gestes. Ils ont fait alors de chaque pièce détachée un tahicau, de chaque volume un musée, et la gloire dos gravures chante dignement la gloire de la prose et des vers.

II manquerait, pourtant, quehpie chose à cet autel du génie, s'il ii'iMail qu'un (dnd'-d'o'uvre artistique el s'il ne remlail pa- la di'xotiou familière; si nu des amis du poète, impuissant à sculpter un ornement de plus, ne s'appli(piait à tailler un seuil tout simple, à dresser une marche unie, (pii |)einiil d'ap|)r<icher de plus près du sanctuaire, d'en voir mieux les détails, d'en saisir mieux les intentions.

('/est cette tâche modeste (|ue j'ai acceptée.

Il serait impie de luédeudre révéler quoi (jue ce soit du génie de Victor Hugo; il es| pieux lie dire loul ce (|u'ou sait, drpui- \n-r< d un demi-siècle, sur sa vie intime. 11 est juste de le l'aire aimer de ceux ([ui, venus trop tard, n'ont pu (|ue l'admii'er; il est hou de l'c-voquer, dans toutes les phases de sa longue et maguiliiiue carrière, pour le réconfort de ceux qui l'ont aimé, et qui oui liesoin de sa mémoire, comme ils avaient besoin <le l'activité prodigieuse de sa vie.

.le suis enhc' jeune dans l'intiniili' de Victor Hugo. J'en suis sorti vieux, el il me semblait ([ue je l'avais pres(pn' rejoini par l'âge, bien que sa robuste vieillesse fût toujours paternelle poui' la mieime.

Je raconterai, à propos des documents foui'nis aux ('diteurs de l'Kdition nationale, tout ce (|ue j'ai vu, tout ce que j'ai re----(uli, (oui ce (pie j'ai appris, dans cette amitié glorieuse, .l'aurai parfois recours aux renseignenienls di'jà pubru's. .le le< enniiuenliTai v[ je ie> compléterai.

Une vie, comme cidle de Vict<u- Hugo, si largement expansive. n'a |ias de myslèii'donl un ami particulier puisse se mt'-uager la révélation, .l'a jouli'rai senlemeni aux coiilidenee-- di'> autres la |iarl de conlidences (|ne j'ai l'ei'ue, el. comme il n'y a rien à lialiii- dans celle e\isleine publique, je suis certain de ^ei'vii' la curiosité, sans manquer

AVANT-PROPOS. m

même dans les détails les plus familiers, à ce respect filial, qui est comme l'arôme subtil de mon dévouement.

Cette histoire de la vie de Victor Hugo sera moins un récit qu'une causerie, moins une biographieet une bibliographie, qu'une suited'impressions; pourtant j'ai l'ambition de ne rien omettre des principaux incidents de cette prodigieuse existence.

Depuis Vciifdiil suhliiiic, juscpi'à l'octogénaire, s'éteignant dans la sérénité de sa gloire, je dirai tout ce qui sera nécessaire pour animer ce musée spécial offert gi'atuitement aux souscripteurs de l'édition complète.

La vie de Victor Hugo est facile à diviser. L'enfance, la jeunesse, les débuts, les Jeux floraux, le mariage : voilà l'aurore.

La bataille romantique, les drames, Hrrnani, le Roi s'amuse, le mouvement artistique provoqué par la publication de Noire-Dame de Paris, la coalition des vieilles écoles, etc. : voilà la grande matinée de ce jour qui dura plus de trois quarts de siècle.

L'entrée à l'Académie, la pairie, la victoire sur l'opinion : voilà le midi. Hélas! il est traversé par des éclats de foudre, par un grand deuil.

La révolution de 1848 pousse le poète à une tribune mesquine, et le 2 décembre 'I80I l'en arrache, pour le faire montera une tribune plus haute. L'exil de Victor Hugo a été l'achèvement de son génie. C'est la période de son plus grand labeur, des étonnements les plus profonds de la part de ceux qui se sentaient plus exilés que lui, étant restés à Paris sans lui.

J'espère donner sur cet après-midi vaillant des renseignements nouveaux.

L'heure du retour a sonné. C'est le crépuscule commençant. L'exilé revient, blanchi par ses méditations plus que par ses douleurs, tendre pour la patrie eu feu, s'enfermant dans Paris pour y soulTrir comme tous et pour conseiller à tous de ne pas désespérer, lise refait un foyer; il y reçoit les anciens habitués de la place Royale; il y convie les jeunes.

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