‹ La vie des eaux [electronic resource]Chapitre 37 sur 50 · DE L'INFLUENCE DES EAUX EN GENERAL SUR LES AFFECTIONS NERVEUSES · texte numérisé non relu

DE L'INFLUENCE DES EAUX EN GENERAL SUR LES AFFECTIONS NERVEUSES

Il est surtout une classe de maladies, les affections nerveuses, qu'on ne peut observer qu'aux eaux minérales, dans leur développement le plus complet, et sous les formes les plus variées, notamment chez les femmes. En général, leur consti-

tution est si frêle, leurs organes si délicats, leurs nerfs si irritables; les maladies de leur sexe sont si nombreuses, qu'on ne doit pas s'étonner de trouver un si grand nombre de femmes souffrantes aux établissements thermaux; c'est une observation faite depuis longtemps. Il est vrai de dire que toutes les femmes qui vont aux eaux ne sont pas bien malades, et cependant l'inlluence hygiénique n'en est pas moins avantageuse. Sans que la santé soit compromise d'une manière sérieuse, elle est pourtant sensiblement altérée chez quelques-unes; mais, après la saison des eaux, cette santé se raffermit. Précisément parce qu'elles ont fait quelque chose, elles sont tranquilles, elles se portent réellement mieux. 11 n'y a pas de médecin qui n'ait été à même de vérifier de pareils effets. On a vu une dame fréquenter pendant dix ans les mêmes eaux, seulement pour s'entretenir douces la peau, l'haleine el la voix, trois choses, il est vrai, dont la douceur importe beaucoup à quiconque veut encore plaire. Cette dame, satisfaite à cet égard, jouissait ensuite d'une santé inaltérable. Ainsi quelques moyens de guérison très-simples, mais employés à propos, et dans une juste mesure, produisent souvent des résultats inespérés. Le célèbre Pope, ayant aperçu une femme jeune et jolie à Bath, lui demanda pourquoi elle prenait les eaux. « Par pure fantaisie, dit-elle. — Eh bien, reprit malicieusement le poëte, vous ont-elles guérie? » Mais Pope ignorait sans doute que le caprice est aussi une véritable maladie nerveuse, capable d'en produire beaucoup d'autres chez certaines femmes, maladie que l'on guérit très-bien par l'intluence hygiénique de certaines eaux minérales.

Réveillé-Parise, Une s iison aux eaux minérales d'Enghien.

M. Alfred de Musset (les poêles sont devins, par conséquent un peu médecins) a exprimé à peu prés la même idée, quand il a dit à propos des bains :

« Comme on va chez Herbaut faire un peu de toilette, On fait de la santé là-bas; c'est une emplette.

NOTES

Des roses au visage et de la neige au sein, Cela n'est défendu par aucun médecin. »

Tant s'en faut.

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