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EFFETS HYGIÉNIQUES ET THÉRAPEUTIQUES DES BAINS DE MER

Si on voulait réduire en des termes généraux les effets hygiéniques et thérapeutiques des bains de mer, on dirait qu'ils sont :

1° Excitants, stimulants, toniques dans les états asthéniques de tous les Ages, dans les maladies dont l'atonie et l'inertie de l'organisme sont les traits principaux, dans les névroses accom-

NOTES

pagnées d'affaiblissement ou amenées par lui, dans les paralysies, etc.;

2° Résolutifs, fondants, dissolvants, dépuratifs dans la maladie scrofuleuse, le rachitisme, la chlorose, les dermatoses, les engorgements viscéraux, etc.;

5° Sédatifs, calmants dans les névralgies externes et internes, dans les affections rhumatismales, les céphalées, les affections du système nerveux ganglionnaire, etc.

Tous ces effets, qui ne peuvent être exprimés qu'en vieux langage, ne se distribuent point dans cet ordre simple; ils agissent le plus souvent en associant leurs caractères dans la même maladie, et manifestent encore d'autres actions particulières, de nature dynamique ou autre, qui ne se trouvent pas exprimées dans cette nomenclature.

Recherches sur l'usage et les effets hygiéniques et thérapeutiques des bains de mer, par A. M. Gaudet, médecin inspecteur des bains de Dieppe.

INFLUENCE DE l'AIR DE LA MER.

Le célèbre médecin anglais Gilchrist a dit de l'air de la mer : « Cet air est vraiment pectoral; ce fluide renferme tous les éléments propres à l'amélioration de la consomption. Si, dans l'inspiration, il s'applique directement aux poumons, la chaleur douce, la nature balsamique et l'humidité saline de l'air de la mer en font un remède propre à remplir toutes les indications de cette nature.

« Les ouvriers qui travaillent aux salines, dit le savant docteur Richelmi, ne sont point exposés à la phthisie. »

DU MODE D'ACTION DES BAINS DE MER, ET DES AFFECTIONS Qu'lLS ONT PLUS SPÉCIALEMENT POUR OBJET DE COMBATTRE.

Quel est l'effet total qui se manifeste après qu'on a pris plu-

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sieurs bains, tout en observant exactement les règles? Le raisonnement nous dit et l'expérience nous prouve qu'il est tonique et excitant. Les bains froids diminuent la sensibilité nerveuse et augmentent la force du système musculaire. Ils donnent du ton à la peau, soit qu'elle ait été trop sensible ou trop torpide. L'excitation qu'ils impriment au corps tout entier influe favorablement sur l'appétit, sur les sécrétions et sur la composition du sang.

Ainsi, l'harmonie de tous les organes, qui constitue l'essence de la santé et vers laquelle les efforts de la nature tendent continuellement à ramener l'homme malade, se trouve puissamment favorisée.

Ces effets bienfaisants, qu'on remarque après l'usage méthodique des bains froids ordinaires, sont encore bien plus manifestes après celui des bains de mer, dont l'action se complique d'un si grand nombre d'influences salutaires.

Les sels contenus dans l'eau de mer impriment à la peau une irritation qui accélère et augmente considérablement la réaction. Celle-ci est si rapide chez les personnes robustes, qu'elle succède presque immédiatement à la première impression du froid. Le choc des vagues et le mouvement de l'eau la favorisent également. Ici nous voyons déjà un grand avantage des bains de mer sur les bains de rivière, dont l'usage occasionne facilement des rhumes, à cause de la réaction tardive et faible qu'ils provoquent. On ne conseillerait à personne, ayant un froid, d'aller se baigner à la rivière; tandis qu'un bain de mer est souvent le meilleur moyen pour dissiper promplement des incommodités de ce genre.

Les personnes faibles, délicates et torpides supportent beaucoup mieux les bains de mer que les bains de rivière; car après les derniers la réaction a beaucoup de peine à s'établir dans ces constitutions débiles, tandis que l'action énergique des bains de mer la réveille promptement.

C'est une question encore indécise si la peau recouverte de l épiderme peut absorber de l'eau. Il est probable que si une

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absorption a réellement lieu, elle variera avec l'état plus ou moins altéré du corps. Nous ne nous arrêterons donc pas à examiner si des particules salines pénétrent dans l'organisme pendant la durée du bain. Dans tous les cas, leur quantité ne peut être grande et ne saurait avoir beaucoup d'influence. Le sérum du sang et l'eau de mer ayant à peu près la même pesanteur spécifique (1,027 — 1,029) et le premier contenant déjà des sels en dissolution, les lois de l'endosmose ne nous permettent pas de croire qu'il puisse s'opérer un grand transfert de parties entre ces deux liquides pendant un bain de quelques minutes où la peau est crispée par le froid et le corps en grande partie hors de l'eau.

Les effets résolutifs des bains de mer s'expliquent très-bien par la puissante excitation qu'ils impriment à toutes les fonctions de l'organisme; pour le comprendre, on n'a pas besoin de recourir à une absorption saline fort problématique.

Le choc des vagues augmente considérablement les effets des bains de mer, d'abord en provoquant une réaction plus forte et plus rapide, ensuite en imprimant une secousse violente à tout le système nerveux. Une expérience de quelques jours suffit pour démontrer la vérité de ce fait. Aussi n'est-ce a Oslende qu'un concert de plaintes, quand les vents cessent de pousser la marée vers la côte et de briser les vagues sur la grève.

C'est a ce choc salutaire qu'il faut attribuer en grande partie l'action tonique des bains de mer. Plus les vagues sont fortes, plus l'excitation est grande et plus aisément aussi on se fatigue. Ceci suffit pour indiquer au baigneur prudent la marche qu'il doit suivre. Ainsi, les trois influences combinées que nous venons d'examiner (le froid, les parties salines, le choc) donnent aux bains de mer une efficacité qui laisse celle des bains froids ordinaires à mille lieues en arrière. 11 n'existe pas de tonique qui puisse leur être comparé. En effet, quelques minutes passées à l'eau suffisent pour donner au corps une sensation de bien-être, de vigueur et d'euphorie qui se prolongera pendant toute la journée. Nous ne connaissons point d'autre remède dont on puisse dire autant.

L'air de la mer diffère de celui de l'intérieur des terres en ce qu'il contient beaucoup moins de gaz acide carbonique, et, à cause de sa plus grande densité, plus d'oxygène dans un volume donné En ou ire, étant toujours humide, il n'irrite jamais les poumons et joint à l'avantage d'une grande pureté celui de pouvoir être librement respiré par la poitrine la plus délicate.

Que la mer soit agitée ou non, l'air marin renferme toujours des particules salines, bien que dans un temps calme et pluvieux leur quantité, autant que nous le sachions, soit inappréciable. Il serait étonnant qu'il en fût autrement; car, dans ces circonstances, les sels ne peuvent former qu'une très-faible partie des vapeurs d'eau de mer, et celles-ci, à leur tour, n'entrent que pour peu de chose dans la composition de l'air, dont elles diminuent encore la pesanteur spécifique. Cent pouces cubes d'air ne pèsent que trente grains environ; il en faudrait donc un volume énorme pour pouvoir y découvrir un grain de sel et en même temps cette habileté qui n'appartient qu'aux chimistes distingués qui s'occupent toute leur vie d'expériences micrométriques. C'est là l'affaire d'un Berzélius, d'un Dumas ou d'un Liebig.

Les bains de mer fortifient la peau plus efficacement qu'aucun autre agent connu, et doivent être considérés comme le remède par excellence pour détruire une disposition fâcheuse. On conçoit qu'en régularisant les fonctions de cet organe ils empêchent également une foule de maladies cutanées, qui n'ont souvent pour cause qu'un manque d'énergie de la peau, provenant soit de ce qu'on a négligé la propreté, soit de l'usage de vêlements trop chauds.

11 en est de même de beaucoup de maladies internes, nerveuses et organiques, dont la cause première dépend d'une friblesse de la peau, et qui disparaissent à mesure que les bains raniment l'énergie de cet organe.

S'agit-il, après une maladie longue et dangereuse ou après un traitement débilitant; de rétablir les forces de l'organisme, il n'y a encore rien de mieux que les bains de mer.

NOTES

C'est aux bains de mer que les jeunes gens qui qnt beaucoup vécu trouvent le remède qu'il leur faut.

Pour ceux qui savent comment tout se lie dans l'organisme et qu'un choc salutaire imprimé au système nerveux suffit bien des fois pour rétablir toutes les fonctions corporelles, il n'y a rien d'étonnant à ce que les bains de mer ramènent plus sûrement les forces de la digestion et la régularité des selles, que les meilleurs stomachiques, purgatifs et digestifs connus.

Tous les ans, nous voyons arriver à la mer une foule de personnes qui se plaignent de manquer d'appétit, de digestions laborieuses, d'oppression après les repas, de renvois, d'irrégularité dans les selles, de constipations opiniâtres, de congestions abdominales et hémorroïdales; et bien souvent, après un séjour de quelques semaines, nous avons la satisfaction d'observer que leur appétit s'améliore, que la régularité des selles se rétablit, et que la longue série des symptômes qui proviennent des congestions abdominales (maux de tête, palpitations, tintements d'oreilles, tristesse, hypocondrie, etc.) se dissipe.

Docteur Hartwig, Notice médicale sur les bains d'Ostende.

DES AFFECTIONS OU DES ETATS PARTICULIERS QUI DOIVENT CONTRE* INDIQUER LES BAINS DE MER.

11 est des circonstances d'âge, de conditions physiologiques, de maladie, qui contre-indiquent formellement l'emploi des bains froids, quelle qu'en soit la durée, sous peine des plus funestes résultats.

D'abord, cbez les enfants au-dessous de deux à trois ans, on doit s'abstenir complètement des bains froids. — La puissance de calorification qui est si faible à cet âge, l'impression de frayeur produite par la vue des vagues, rendent suffisamment compte du motif de cette interdiction. J'ajouterai même que chez quelques enfants plus âgés, l'émotion produite par la vue de la mer

est si profonde, leurs cris et leurs sanglots annoncent un trouble si intense, que la prudence exige qu'on y renonce chez eux, si Ton ne veut s'exposer à provoquer des convulsions. Un fait de ce genre, dont j'ai été témoin, me fait m'applaudir d'avoir, dans plus d'une circonstance, arrêté des parents prêts à ne tenir aucun compte de l'inexprimable perturbation à laquelle leurs enfants étaient en proie.

Pour les personnes âgées qui n'auraient pas conservé depuis longues années l'usage des bains froids, la facilité de refroidissement, le défaut de réaction, entraînent les mêmes préceptes. N'oublions pas cette phrase de l'auteur des Maximes : La vieillesse est un tyran qui défend sons peine de la vie les plaisirs de la jeunesse. Elle en interdit également les exercices, et exige de puissantes modifications dans le traitement des maladies. L'âge avancé des personnes, dans les observations citées ci-dessus, a peut-être contribué à aggraver des accidents qui, sans cette condition, eussent pu être moins sérieux.

L'état de grossesse est signalé par tous les auteurs comme une contre-indication positive des bains de mer; et c'est avec raison. La pléthore sanguine, ordinaire à toutes les femmes enceintes, dispose trop évidemment aux congestions actives, pour qu'il soit prudent de violer cette règle. Si l'on voit quelques guides-baigneuses continuer leur profession, c'est que leur vigoureuse constitution et la pratique journalière de la mer, en émoussanl leur sensibilité, ont rendu cette conduite sans danger pour elles. C'est une exception qu'il ne faut pas prendre pour base de sa conduite.

L'emploi des bains froids réclame encore les plus grandes précautions à cette époque de la vie que l'on est convenu d'appeler l'âge critique. Mais ce n'est pas chez les femmes seulement qu'il se passe des phénomènes qui doivent modifier leur organisme. Il s'opère chez les hommes, vers l'âge de quarante à cinquante-cinq ans, une révolution physiologique qui détermine surtout une prédominance du système veineux sur le système artériel, et produit chez eux une perturbation assez profonde

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pour que la mortalité à cet âge soit plus considérable encore que chez la femme. Voilà qui renverse les idées généralement reçues; mais c'est un fait facile a vérifier. Aussi, si Ton doit redouter chez les personnes du sexe féminin les congestions de la matrice, les hémorragies utérines, il faut se méfier, dans le sexe opposé, des congestions cérébrables et pulmonaires, des engorgements du foie, etc. En un mot, il existe momentanément, dans réconomie, à cet âge, quel que soit le sexe, une pléthore sanguine qui exige quelque modification dans le régime de vie, et la plus grande réserve dans l'usage d'un moyen aussi excitant que l'eau de la mer.

Buchan signale encore un état particulier de l'économie, caractérisé par une irritabilité générale, des digestions difficiles, des borborygmes, avec la langue chargée et le blanc des yeux jaunâtre (état bilieux), comme contre-indiquant les bains de mer, à moins qu'on ne les fasse précéder d'une application de ventouses ou d'un purgatif.

Dans toutes les maladies avec fièvre, compliquées d'inflammation locale, les bains de mer doivent être absolument proscrits.

Lors même qu'il n'existe pas d'état fébrile, bien des engorgements locaux accompagnés d'irritation et de sensibilité doivent en interdire l'usage. J'ai vu fréquemment des engorgements de la matrice ou de l'ovaire, dont tous les symptômes d'irritation n'avaient pas été complètement éteints, être ranimés et passer à l'état aigu sous l'influence des bains. L'abaissement de l'utérus, contre lequel les bains froids sont si souvent indiqués, est parfois accompagné ou déterminé par un engorgement actif qui doit être traité préalablement, si Ton ne veut s'exposer à voir empirer la situation de la malade.

L'anévrisme avec hypertrophie du cœur doit encore faire interdire l'emploi des bains de mer. Je n'en veux pas d'autre exemple que celui de 1 illustre Dupuylren, que nous avons vu au Tréport lutter sans succès contre la maladie qui le minait. 11 est à peu près certain que l'affection du cœur dont il était

atteint fut aggravée par les bains froids, qui abrégèrent le terme d'une si belle carrière.

Les personnes sujettes aux congestions cérébrales ou pulmonaires seront soumises à la même interdiction.

Hygiène des bains de mer, de leurs avantages et des dangers de leur abus; par le docteur Leconte, médecin de l'hôpital et du château d'Eu.

EAUX MINERALES

Il y en a de six grandes espèces.

Elles sont : sulfureuses, ferrugi?ieuses, alcalines, gazeuses, muriatiques ou bromo-iodurêes.

Quelquefois elles participent de plusieurs de ces caractères, dont le mélange donne lieu à des combinaisons non moins infinies que leur nombre.

Les plus célèbres et les plus efficaces se classent franchement dans l'une de ces six grandes familles.

Telles sont :

Les eaux sulfureuses de Baréges et d'Etighien ; Les ferrugineuses de Bussang, de Forges et de Spa ; Les alcalines de Vichy, de Gontrexeville et de Pougues; Les sazeuses de Seltz et de Chateldon ; Les muriatiques de Bade, de Sedlitz et de Pullna ; La source bromo-iodurée de Ueilbrunn, et plusieurs sources anglaises.

M. le docteur Isidore Bourdon donne à celles qui réunissent dans leur composition plusieurs caractères le nom d'eaux minérales complexes.

NOTES

d'où viennent et comment se forment les eaux minérales.

Cette origine est absolument inconnue, et l'œil de la science n'a pu sonder encore les mystérieuses cryptes où s'élaborent des mains de la nature ces sources de vie et de santé. Rabelais, un peu cyniquement, a dit le tin mot là-dessus!

« Eh! m'esbahis grandement, dit-il, d'ung tas de fols, philosophes et médecins, qui perdent temps à disputer d'où vient la chaleur de ces dites eaùes; si c'est à cause du baurach ou du soulphre, ou de l'alun ou du salpestre qui est dedans la minière; car ils n'y font que ravasser; et mieulx leur vaudroit se aller frotter lec... au panicaut, que de perdre ainsy le temps à disputer ce dont ils ne sçavent l'origine. »

des natures de maladies curables par l'eau minérale, divisées r-ar groupes de sources.

Ceux qui vont aux eaux pour leurs souffrances doivent soigneusement choisir la source la mieux appropriée à leurs maladies. 11 est donc prudent de connaître, avant d'entreprendre un pareil voyage, tout ce qu'il est possible de savoir et sur la nature du mal, et sur les propriétés de la source à laquelle on va demander guèrison.

Les maladies de la peau ne se guérissent, ou plutôt ne se modèrent (caria guérison en est si rare!) qu'aux eaux sulfureuses, à Cauterets et à Luchon, si elles sont récentes, et, si elles sont plus anciennes, à Baréges. Toutes ces eaux, surtout la dernière, ont de même la vertu de fermer les plaies, de déterger les ulcères, de tarir les fistules avec ou sans carie, ainsi que certains catarrhes. Elles arrêtent les progrés des scrofules, et calment les douleurs provenant d'anciennes blessures. Il y a longtemps qu'on les emploie à ce dernier usage : le grand-père

de Henri IV, après la bataille de Pavie, envoya ses guerriers aux Eaux-Bonnes, qu'on nommait alors eaux cT Arquebusade .

Les phthisies commençantes, et principalement les catarrhes chroniques, guérissent aussi très-bien à Rennes, et quelques oppressions et gastrites au Mont-d'Or. Vichy, Bussang, Saint- Nectaire et Contrexeville, encore mieux que Spa, soulagent les douleurs urinaires, et conviennent assez bien dans la gravelle. Toutes les eaux contenant du bicarbonate de soude sont, au reste, dans le même cas. Plusieurs chimistes ont prouvé qu'une solution de ce sel, l'eau de Vichy comme le soda-watev, avait la propriété de dissoudre l'acide urique, principe assez constant des calculs urinaires.

Les personnes affectées de rhumatismes chroniques, d'engorgement des articulations, d'affaiblissement des muscles, doivent aller à Bourbonne, à Plombières, à Luxeuil ou à Balaruc. Les maladies des nerfs, doivent être dirigées vers Saint-Sauveur; les pâles couleurs, à Bagnéres ou à Forges; les paralysies, à Bourhon-l'Archambault, et les maladies du foie et des entrailles, â Vichy. Quant aux personnes énervées et trés-affaiblies, il leur faut aller à Dieppe, aux bains de mer, ou, selon les circonstances, à Aix-la-Chapelle ou à Spa; ou bien encore à nos eaux douces des Pyrénées, à Bonnes, par exemple, aux Eaux-Chaudes, â Saint-Sauveur ou à Schinznach.

Il est des femmes qui ne vont aux eaux que dans l'espoir de communiquer a leur teint plus de finesse, plus de fraîcheur et de beauté : en un mot, pour rajeunir. Ces personnes peuvent indifféremment donner la préférence soit à Plombières, soit à Cauterets, soit à Aix en Provence, à Bade ou à Saint-Sauveur; mais elles doivent soigneusement éviter Vichy et le Mont-d'Or, et, par-dessus tout, Balaruc et Bourbonne.

Toutes les eaux, sans exception, sont excitantes ; toutes sont nuisibles lorsqu'il y a fièvre, inflammation, pléthore, maigreur ou sensibilité excessive, crachement de sang, apoplexie ou mal caduc. Celte remarque ne souffre aucune restriction.

Il existe aussi, pour beaucoup de sources, quelques parti-

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culaiités de convenance ou de contre-indication qu'il est bon de faire connaître. Ainsi, les eaux de Balarue et de Bourbonne ont quelquefois calmé les douleurs de la goutte, tandis que celles de Baréges et de Luchon les exaspèrent, constamment. Vichy et Spa, comme toutes les eaux mousseuses, adoucissent les maux de vessie, que les eaux sulfureuses ont coutume d'aggraver. Bourbonne avive les dartres, et Baréges les amortit. Enfin le Montd'Or fait empirer les scrofules, que Cauterets guérit fréquemment.

Tous ces faits prouvent assez que beaucoup d'eaux ont des vertus spéciales ; que souvent l'une excite ce que l'autre adoucirait. Cela suffirait même pour démontrer que ces sortes de pèlerinages aux sources minérales, outre la dissipation et les plaisirs, ont des effets directs, une efficacité réelle. Et si quelques incrédules persistaient à ne voir dans de pareils effets que le résultat d'influences purement morales, nous les prions de se rappeler qu'on guérit, à l'une des sources de Cauterets, les chevaux un peu poussifs du haras de Tarbes. Chose pareille .s'observe à Luchon. Cette cure singulière, qui se répète chaque année, ne dure presque jamais plus de vingt jours.

J'ai omis de dire que beaucoup de personnes attribuent à de certaines eaux la propriété de remédier à la stérilité, et cette opinion n'est pas aussi erronée qu'on pourrait le croire. En effet, les eaux rétablissent des fonctions indispensables à la maternité; plusieurs guérissent des maladies ou des infirmités nuisibles à la conception (leucorrhées), et beaucoup redonnent des forces, de la vigueur, du bien-être et une douce quiétude, toutes choses propices aux passions tendres.

Guide aux eaux miyiérales, par Isidore Bourdon, membre de l'Académie de médecine.

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