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THÉRAPEUTIQUE DU CLIMAT DE NICE

Le séjour de Nice ou de ses environs, par son contraste sous plusieurs rapports avec les pays où la cachexie tuberculeuse est plus fréquente, tendrait à remplir le but qu'on se propose d'atteindre au moyen du climat dans beaucoup de cas, en modifiant favorablement l'état général de l'économie. La présence presque journalière du soleil, la pureté et la sécheresse de l'air, la variété et les agréments que présente la campagne, la société, enjouée sans être bruyante, ne peuvent qu'influer d'une manière bienfaisante sur le physique et le moral des malades. L'un des principaux avantages que possèdent les villes de l'Italie en hiver sur celles du Nord est qu'on y peut vivre beaucoup plus en plein air: par ce moyen le système musculaire est exercé, l'équilibre des forces vitales est maintenu, et une concentration vicieuse d'activité vers le cerveau et les viscères abdominaux est

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empêchée. La plus grande variété des impressions qui réclament l'attention pendant l'exercice au dehors prévient d'ailleurs la prédominance anomale du système sensitif, en donnant un cours plus libre aux idées. Les fonctions digestives respiratoires et cutanées sont plus actives : le sommeil est plus profond; le bien-être général est mieux senti, et l'on évite les nombreux inconvénients qu'entraîne une vie sédentaire dans des climats brumeux.

Une objection a été faite au séjour de Nice, pour les personnes qui ont des poumons délicats, par Fodéré, vu que l'air de la mer, étant imprégné de matières salines, est trop irritant. Il a été cependant clairement démontré par des expériences que l'air sur les côtes de la Méditerranée, et même à bord des vaisseaux en mer, ne contient pas de matière saline lorsque la mer est calme, comme elle l'est presque toujours dans la baie de Nice. Sur les côtes de la Grande-Bretagne et de la France, où la mer est le plus souvent dans un état d'agitation, et où l'air est exposé à l'influence des marées, il en est imprégné jusqu'à un certain point; mais il n'a jamais été prouvé que cette saturation fût nuisible. Au contraire, certaines localités des côtes de l'Angleterre sont considérées comme les meilleures pour les maladies chroniques des poumons.

Le climat de Nice est très-adapté à la plupart des cas de bronchite chronique avec expectoration, surtout chez les personnes âgées, et lorsqu'il n'y a pas de grande tendance inflammatoire. La bronchite sèche , avec beaucoup de susceptibilité des voies aériennes dans les jeunes sujets spécialement, serait au contraire plutôt empirée. L'asthme humide s'y trouverait ordinairement soulagé. Ce qui a été dit d'ailleurs sur le choix des positions peut servir de guide dans les affections des organes respiratoires en général.

Les scrofules étant, comme la cachexie tuberculaire, produites par l'habitation des pays humides, par une ventilation et une alimentation vicieuses, sont, dans la plupart des cas, guéries ou beaucoup améliorées par le climat de Nice, aidé d'un régime et

des médicaments convenables. La sécheresse et le degré d'électricité de l'air impriment un mouvement favorable à la nutrition ot à la sanguification, qui sont généralement si fautives dans celte affection, et tendent à causer la résorption des tumeurs glandulaires. Les positions sur les lignes de la mer devraient être choisies de préférence dans ces cas, à moins de contre-indication spéciale.

Dans quelques affections des voies digestives , le séjour de Nice serait avantageux, surtout lorsqu'elles ont un caractère de faiblesse, ou torpeur avec atonie générale; 'lorsqu'au contraire ces affections sont marquées par un excès d'irritabilité des viscères, un climat comme Pise, Rome, ou même Pau, convient mieux. Les étrangers , à leur première arrivée a Nice, sont très-sujets a une excitation anomale de ces organes, parce qu'ils n'ont pas assez de soin de régler leur diète, et pèchent souvent en prenant la viande et le vin comme ils feraient dans les pays du Nord. A ces désordres on remédie ordinairement par l'abstinence temporaire et par des moyens simples.

Les mêmes observations peuvent être appliquées à l'hypocondrie, à plusieurs cas de mélancolie et d'autres affections nerveuses, qu'elles soient accompagnées ou non de désordres matériels des organes. Qui ne connaît pas l'influence qu'exercent sur ces malades l'état du temps et les conditions de l'atmosphère? Combien alors doit être bienfaisante une localité qui assure pour la plupart ces circonstances favorables !

Le séjour de Nice conviendrait aussi à plusieurs cas de névralgie; la constitution individuelle, et la nature de la maladie, ainsi que l'expérience de deux ou trois semaines, serviraient de guide pour le choix d'une localité convenable. Rome est ordinairement nuisible dans ces affections.

La goutte et le rhumatisme sont peut-être les maladies dans lesquelles l'influence bienfaisante d'un climat approprié est le mieux sentie. Dans la première, il y a presque toujours une tendance à la stase veineuse, à la congestion viscérale, et à la surexcitation rhénale, tandis que de l'autre côté l'action de la

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peau est diminuée. Beaucoup de personnes sujettes à la goutte échappent à ses attaques périodiques en passant l'hiver dans une position qui favorise l'exercice de la promenade, et où l'air, chauffé par le soleil, provoque une circulation et sécrétion plus énergiques des vaisseaux capillaires de la peau, au grand soulagement des organes internes. Ces mêmes influences produisent un effet non moins favorable dans la plupart des rhumatismes, qui sont ordinairement causés par l'action du froid et de l'humidité combinés. Nice est un des meilleurs endroits dans un grand nombre de ces cas, depuis le commencement de novembre jusqu'à mi-février. Le choix de l'habitation devrait être réglé d'après les indications individuelles.

Les paralytiques retirent ordinairement un grand avantage du climat; la chaleur du soleil influe d'une manière bienfaisante sur le physique et sur le moral des malades, qui sont moins sujets aux crampes et aux autres symptômes analogues des muscles, dont ils souffrent si fréquemment. Lorsque la paralysie survient à la suite des accès de goutte ou de rhumatisme, de l'exposition à l'humidité, aux émanations marécageuses, etc., on peut s'attendre très-souvent à une guérison complète, par l'influence du climat et des autres moyens appropriés. Comme ces malades sont très-affectés par les vents, les positions abritées devraient être préférées. La Croix-de-Marbre est une des situations les plus favorables.

Docteur Edwin-Lee, Nice et son climat.

TEMPÉRATURE, PROPRIETES, MODE D'ADMINISTRATION DES EADX DE HAMMAM-UESKHOUTIN.

M. F. Lacroix, ancien préfet d'Alger, a fait de visu, à Hammam-Meskhoutin, les observations suivantes :

« La température des sources principales est , à toutes les époques de l'année invariablement , de quatre-vingt-quinze de-

grés centigrades. Ce fait , si remarquable , place Hammam- Meskhoutin au premier rang des sources thermales ; car je ne sache pas qu'il existe en Europe des eaux aussi chaudes. M. le docteur Grellois, étant un jour tombé dans un bassin, fut complètement brûlé de la ceinture aux pieds. Pour avoir un bain de vapeur, il suffît de placer un cabinet au-dessus d'un des principaux jets d'eau bouillante.

« De quelle profondeur viennent les eaux d'Hammam-Meskhoutin? Si l'on admet que leur température résulte non de la présence d'un volcan , mais simplement de la profondeur d'où elles jaillissent, cette question peut recevoir une solution, sinon définitive, du moins approximative et provisoire. On sait, en effet, qu'il a été constaté par des expériences faites au puits de Grenelle par MM. Arago et Walferdin , que la température de la terre s'accroissait en raison directe de la profondeur, et dans la proportion d'un degré par trente-deux mètres. Si l'on reconnaît la rigueur de cette loi de progression (contre laquelle, il faut le dire, se sont inscrits plusieurs physiciens), il sera aisé de calculer la distance de la nappe souterraine d'où s'échappent les sources en question. De quatre-vingt-quinze, chiffre de la température de ces sources, il faut d'abord retrancher la température constante du sol, qui, dans cette partie de l'Afrique, peut être a priori évaluée à environ quinze degrés; restera donc quatre-vingts à multiplier par trente-deux mètres, ce qui donnera, pour la profondeur totale, deux mille cinq cent soixante mètres, c'est-à-dire plus de la moitié de la hauteur du mont Blanc, et plus du double de celle du Vésuve.

« Les eaux d'Hammam-Meskhoutin répandent une odeur sulfureuse assez forte pour annoncer leur présence à la distance de trois ou quatre cents mètres. Le dégagement du gaz a lieu presque entièrement au point où le liquide surgit du sein de la terre. Du reste, malgré les principes minéraux dont elle est saturée, cette eau est parfaitement incolore et sans goût.

« Comme les eaux bien connues de Saint e-Allyre en Auvergne, de Véron dans l'Yonne, de Carjac dans le Lot, d'Albert en Pi

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cardie, celles d'flammam-Meskhoutin sont incrustantes, c'éstà-dire qu'elles out la propriété de recouvrir tous les objets exposés à leur action d'une couche calcaire d'autant plus épaisse, que l'incrustation se fait plus prés de la source. Tout ce qui trempe dans les ruisseaux, feuilles, brins d'herbe, branches d'arbres, animaux, détritus quelconques, est presque immédiatement revêtu d'une enveloppe d'un blanc éclatant, et dont chaque jour augmente la solidité. Une semaine suffit pour incruster un nid d'oiseau, de façon que la matière première soit complètement invisible.

« On ne saurait dénombrer les sources du plateau d'Hammam- Meskhoutin ; car, tandis que les unes tarissent, d'autres apparaissent à quelque distance. On a constaté une véritable solidarité entre les fontaines d'un même système, c'est-à-dire que, si l'une diminue d'activité, sa voisine augmente dans la même proportion, tandis que les sources d'un système éloigné et distinct ne subissent pas la même influence.

« Ce qu'il y avait de plus intéressant à constater, c'étaient les propriétés curatives de ces eaux. Des expériences décisives ont été laites : depuis 1844, grâce à l'intelligente sollicitude du général Randon, commandant supérieur de la subdivision de Bone, des militaires malades ont été envoyés à Hammam-Meskhoutin et y ont été traités avec un grand succès. Un hôpital temporaire, construit sur la rive gauche du ruisseau d'eau froide, peut contenir quatre-vingts malades. Le docteur Grellois, jeune homme aussi savant que modeste , dirige cet établissement avec une habileté et un dévouement au-dessus de tout éloge.

« Des expériences faites, il résulte que ces eaux thermales sont souveraines contre les engorgements des viscères, conséquencees des fièvres intermittentes (tant il est vrai que la nature place toujours le remède à côté du mal), contre les hydropisies passives, les rhumatismes anciens, les douleurs, les ulcères invétérés, les maladies de la peau, les plates résultant de blessures de longue date, les anémies, la prédominance lymphatique et les abcès scrofuleux. Que bénis soient donc les bains maudits !

« L'établissement est ouvert pendant les mois d'avril, mai et juin. En juillet, la crainte des fièvres en fait fermer les portes. Quand les travaux proposés auront été exécutés, on pourra y recevoir des malades pendant huit mois de Tannée, et il suffira de s'en éloigner pendant les fortes chaleurs.

*< Le zèle ayant suppléé aux ressources matérielles, on a trouvé moyen de rendre aussi complet que possible le traitement par les eaux thermales. Les bains se prennent dans des bassins, ou piscines romaines, remises à neuf. Les douches peuvent s'administrer avec toutes les variétés désirables de puissance et de température. Pour les fumigations, il s'agit tout simplement d'installer le malade dans une guérite au-dessus d'une source. Certains dépôts mous sont utilisés sous forme de bains de boue ou pour desapplicalions locales. Rnfin les eaux sontprisesen boisson.

« Quand il plaira au gouvernement de fonder ici un centre de population et un grand établissement médical, on y trouvera toutes les ressources désirables : d'abord un plateau admirablement situé, et qui semble avoir été créé tout exprès ; pour les constructions, la pierre, la chaux, le calcaire en abondance, le bois de chêne dans les montagnes voisines; pour l'agriculture, des terres arables d'excellente qualité, un sol propre à la culture du coton, du tabac, du nopal, du sésame, une grande puissance de végétation; sur les coteaux, composés de détritus de calcaires, de marnes et de grés, un terrain favorable à la vigne, au mûrier, à l'olivier, au figuier, au grenadier. »

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