POST-SCRIPTUM DES NOTES
Noire confrère en journalisme et ami, M. Félix Mornand, a bien voulu nous confier le soin d'ajouter quelques notes scientifiques au charmant volume qu'il préparait, afin que son œuvre ne laissât dans l'ombre aucune partie du sujet qu'il traitait, el satisfit par conséquent toules les exigences des personnes, désœuvrées ou malades, qui fréquentent les eaux.
Pour répondre dignement à l'honneur d'une semblable collaboration, nous avons longuement réfléchi à la manière dont nous devions remplir notre tâche; plusieurs voies nous étaient ouvertes : ou composer un long article, dans lequel, au moyen de transitions plus ou moins bien ménagées, nous aurions passé en revue les propriétés médicales de toutes les eaux ; ou rapporter textuellement les passages les plus saillants des auteurs spéciaux; ou, enfin, analyser dans des paragraphes séparés les travaux les plus récents et de longue haleine.
Le premier mode de procéder exigeait une forme trop scientifique et trop en désaccord avec la variété répandue dans le corps de l'ouvrage ; d'ailleurs les recherches eussent été longues et difficiles à faire, et plus d'un lecteur eût repoussé ce travail comme inintelligible, ou tout au moins fastidieux. — Nous y avons renoncé.
Les deux autres façons de faire offraient tout à la fois des inconvénients graves et des avantages réels ; nous nous sommes attaché à éviter les premiers et à combiner les seconds le mieux qu'il nous a été possible. Tantôt, soit qu'un passage offrît un intérêt capital, soit que les idées de l'auteur ne pussent être analysées, nous avons textuellement reproduit ou un chapitre
tout entier, ou simplement un paragraphe; tantôt, condensant la pensée de l'écrivain et la dégageant d'un entourage trop scientifique ou trop étranger au sujet, nous l'avons réduite en des proportions et en des termes facilement acceptables par les personnes auxquelles s'adresse ce livre. — Nous sommes ainsi parvenu à éviter la monotonie, et à continuer dans ces notes la variété qui est l'essence de cet ouvrage.
Cependant, nous sommes loin d'assumer la responsabilité de toutes les opinions émises dans nos citations ou nos analyses; nous avons toujours pris soin d'indiquer la source où nous puisions, et notre respect pour la propriété intellectuelle a été si grand, que nous n'avons même pas relevé les erreurs que les progrés de la science ont rectifiées, comme, par exemple, le doute émis par le docteur Hartwig sur l'absorption de l'eau par la peau recouverte de son épiderme, ou bien encore sur la présence de particules salines dans l'air marin. — A chacun la responsabilité de ses œuvres.
A nous était dévolue la tache de choisir, au milieu de documents nombreux et divers, ceux d'une importance réelle et générale ; de les présenter sous la forme la plus attrayante, et de répandre sur le terrain ordinairement si aride de la science l'intérêt qui attire et la variété qui séduit. — Sommes-nous constamment resté à la hauteur de ce rôle? — Nous n'oserions l'affirmer. — Le public seul en jugera.
Dr Félix ROUBAUD.