BAGNÈRES-DI-LUCHON
do genre sulfureux, dont elles tiennent, pour nous servir d'une expression usuelle, la lête. Pourtant, leur histoire n'esl pas ancienne, et du voyage du duc du Maine, fils naturel de Louis XIV et de madame de Montespan, qui y fut conduit par madame de Maintenon, en 1675, pour y être traite d'une difformité naturelle, date seulement le commencement de la vogue de ces eaux, aujourd'hui encore pourvues d'un établissement qui n'est nullement en harmonie avec leur grande importance. Bordeu a contribué à les mettre en honneur, bien qu'il en ait été lui-même, tout porte du moins à le présumer, la victime. Ces eaux sont souveraines contre les vieilles blessures, les vieilles cicatrices mal fermées, les vieilles entorses, quelques paraplégies, certaines maladies de la peau, certaines affections secrètes. Au contraire, les maladies qui ont leur siège dans le thorax les contre-indiquent, et les névroses n'en reçoivent aucun soulagement. On les prend surtout en bains.
Baréges est le lieu le plus sauvage du monde, mais d'une sauvagerie grandiose qui plaira aux vrais amants de la nature. On y manque un peu de confort, et on y compte trop de béquilles pour que la diversion d'un bal par soirée y suit d'une grande ressource.
BAGNÈRES-DE-LUCHON. - Haute-Garonne.
C'est au contraire un séjour riant, où tout est disposé à souhait pour le plaisir et la convenance des malades. C'est un des plus beaux sites des Pyrénées. Les sources sulfureuses de Bagnères-de-Luchon sont très-nombreuses, et ont à peu près les mêmes vertus curatives que celles de Baréges. On les prend de toutes façons. Elles servent aussi elles-mêmes d'antidote à l'excitation extrême qu'elles im-
priment à l'organisme. Les bains émollients de Bagnères sont composés de décoctions empruntées à la flore pyrénéenne.
BAGNÈRES-DE-BIGORRE. — Hautes -Pyrénées.
Tant par l'exubérance de ses sources que par le luxe el la commodité de ses établissements, par les délices du pays qui l'avoisine , Bagnères-de-Bigorre mérite le nom de métropole des thermes pyrénéens, que lui attribue, dans son savant Guide pratique aux eaux minérales, M. le docteur Constantin James. Les eaux des innombrables sources qui jaillissent a Bagnères-de-Bigorre ne sont point sulfureuses, malgré la prétention contraire des habitants, mais bien plutôt ferrugineuses, et, à ce titre, doucement stimulantes. Elles conviennent à merveille à ces demi-malades dont il a été souvent question dans le cours de cet écrit, et pour qui l'adjuvant d'un plaisir modéré forme la moitié du remède. Eaux mondaines, par conséquent propres à soulager, si ce n'est à guérir, des maux réels sans doute, puisqu'on s'en plaint, mais trop souvent
HAMM Utl-MESKHOUTIN