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INFLUENCE DE L AIR DE LA MER

L> célèbre médecin anglais Gilchrist a dit de l'air de la mer : « Cet air est vraiment pectoral; ce fluide renferme tous les éléments propres à l'amélioration de la consomption. Si, dans l'inspiration, il s'applique directement aux poumons, la chaleur douce, la nature balsamique et l'humidité saline de l'air de la mer en font un remède propre à remplir toutes les indications de cette nature.

« Les ouvriers qui travaillent aux salines, dit le savant docteur Richelmi, ne sont point exposés à la phthisie. »

DD MODE D ACTION DES BAINS DE MER, ET DES AFFECTIONS QD ILS ONT PLUS SPÉCIALEMENT POUB OBJET DE COMBATTRE.

Quel est l'effet total qui se manifeste après qu'on a pris plu-

sieurs bains, tout en observant exactement les règles? Le raisonnement nous dit et l'expérience nous prouve qu'il est tonique et excitant. Les bains froids diminuent la sensibilité nerveuse et augmentent là force du système musculaire. Ils donnent du ton à la peau, soit qu'elle ait été trop sensible ou trop torpide. L'excitation qu'ils impriment au corps tout entier influe favorablement sur l'appétit, sur les sécrétions et sur la composition du sang.

Ainsi, l'harmonie de tous les organes, qui constitue l'essence de la santé et vers laquelle les efforts de la nature tendent continuellement à ramener l'homme malade, se trouve puissamment favorisée.

Ces effets bienfaisants, qu'on remarque après l'usage méthodique des bains froids ordinaires, sont encore bien plus manifestes après celui des bains de mer, dont l'action se complique d'un si grand nombre d'influences salutaires.

Les sels contenus dans l'eau de mer impriment à la peau une irritation qui accélère et augmente considérablement la réaction. Celle-ci est si rapide chez les personnes robustes, qu'elle succède presque immédiatement à la première impression du froid. Le choc des vagues et le mouvement de l'eau la favorisent également. Ici nous voyons déjà un grand avantage des bains de mer sur les bains de rivière, dont l'usage occasionne facilement des rhumes, à cause de la réaction tardive et faible qu'ils provoquent. On ne conseillerait à personne, ayant un froid, d'aller se baigner à la rivière; tandis qu'un bain de mer est souvent le meilleur moyen pour dissiper promp'.oment des incommodités de ce genre.

Les personnes faibles, délicates et torpides supportent beaucoup mieux les bains de mer que les bains de rivière; car après les derniers la réaction a beaucoup de peine à s'établir dans ces constitutions débiles, tandis que l'action énergique des bains de mer la réveille promptement. .

C'est une question encore indécise si la peau recouverte de l'épidémie peut absorber de l'eau. 1! est probable que si une

absorption a réellement lieu, elle variei a avec L'étal plus ou moins altéré du corps. Nous ne nous arrêterons donc pas à examiner si des particules salines pénètrent dans l'organisme pendant la durée du bain. Dans tous les cas, leur quantité ne peul être grande el ne saurait avoir beaucoup d'influence. Le sérum du sang et l'eau de mer ayanl à peu près la même pesanteur spécifique (1,027— 1,! 29) ft le premier contenant déjà des sels en dissolu ti m, les luis de l'endosmose ne nous permettent pas de croire qu'il puisse s'opérer un grand transfert de parties entre eux liquides pendant un bain de quelques minutes où la peau esl crispée par le froid et le corps en grande partie hors de l'eau.

Les effets résolutifs des bains de nier s'expliquent très-bien par la puissante excitation qu'ils impriment à toutes les fonctions de l'organisme; pour le comprendre, on n'a pas besoin de recourir à une absorption saline fort problématique.

Le choc des vagues augmente considérablement les effets des bains de mer, d'abord en provoquant une réaction plus forte et plus rapide, ensuite en imprimant une secousse violente à tout slcme nerveux. Une expérience de quelques jours suflil pour démontrer la vérité de ce fait. Aussi n'est-ce à Oslende qu'un concert de plaintes, quand les vents cessent de pousser la marée vers la cote et de briser les vagues sur la grève.

C'est à ce choc salutaire qu'il faut attribuer en grande partie l'action tonique des bains de mer. Plus les vagues sont fortes, plus l'excitation est grande et plus aisément aussi on se f ligue. Ceci suffit pour indiquer au baigneur prudent la marche qu'il doit suivre. Ainsi, les trois influences combinées que nous venons d'examiner (le froid, les parties salines, le choc) donnent aux bains de mer une efficacité qui laisse celle des baius froids ordinaires à mille lieues en arrière. 11 n'existe pas de tonique qui puisse leur être comparé. En effet, quelques minutes passées à l'eau suffisent pour donner au corps une sensation de bien-être, de vigueur et d euphorie qui se prolongera pendant toute la journée. Nous ne connaissons point d'autre remède dont on puisse dire autant.

L'air de la mer diffère de celui de l'intérieur des terres en ce qu'il contient beaucoup moins de gaz acide carbonique, et, à cause de sa plus grande densité, plus d'oxygène dans un volume donné- En outre, étant toujours humide, il n'irrite jamais les poumons et joint à l'avantage d'une grande pureté celui de pouvoir être librement respiré par la poitrine la plus délicate. Que la mer soit agitée ou non, l'air marin renferme toujours des particules salines, bien que dans un temps calme et pluvieux leur quantité, autant que nous le sachions, soit inappréciable. Il serait étonnant qu'il en fût autrement; car, dans ces circonstances, les sels ne peuvent former qu'une très-faible partie des vapeurs d'eau de mer, et celles-ci, à leur tour, n'entrent que pour peu de chose dans la composition de l'air, dont elles diminuent encore la pesanteur spécifique. Cent pouces cubes d'air ne pèsent que trente grains environ; il en faudrait donc un volume énorme pour pouvoir y découvrir un grain du sel et en môme temps cette habileté qui n'appartient qu'aux chimistes distingués qui s'occupent toute leur vie d'expériences micrométriques. C'est là l'affaire d'un Berzélius, d'un Dumas ou d'un Lie'uig.

Les bains de mer fortifient la peau plus efficacement qu'aucun autre agent connu, et doivent être considérés comme le remède par excellence pour détruire une disposition fâcheuse. On conçoit qu'en régularisant les fonctions de cet organe ils empêchent également une foule de maladies cutanées, qui n'ont souvent pour cause qu'un manque d'énergie de la peau, provenant soit de ce qu'on a négligé la propreté, soit de l'usage de vêtements trop chauds.

11 en est de même de beaucoup de maladies interne?, nerveuses et organiques, dont la cause première dépend d'une f; iblesse de la peau, et qui disparaissent à mesure que les bains raniment l'énergie de cet organe.

S'agit-il, après une maladie longue et dangereuse ou après un traitement débilitant} de rétablir les forces de l'organisme, il n'v a encore rien de mieux que les bains de mer.

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