COMPOSITION ET PROPRIETES DES EAUX DE PIERREFONDS
Analyse officielle.
Principes volatils.
Gr. 0 553(i scbstaUces
Acide'earbonique libre, j tort peu
Acide hydrosulfurique
Hvdrosulfate do chaux
Bicarbonates! t Cnhaux-. '• " " ' ( de magnésie. . .
Sulfate de chaux et de soude.. .
««ItSS&i;::
Silice, alumine
Sel de potasse
Matière organique
Kau pure
Gramxei.
Cette eau est signalée comme efficace contre les affections de l'estomac et de la poitrine, les rhumatismes chroniques, les scrofules, dartres, maladies atoniques et toutes celles du sexe.
On en fait usage à jeun, pendant et après le repas, et, suivant la constitution, d'un verre à deux bouteilles par jour : l'agitation ou l'insomnie en indique l'excès.
PROPRIETES DES EAUX D AMELIE-LES-BAINS.
Ces eaux sont très-vantées contre les affections dartreuses, les rhumatismes, les tumeurs scrofuleuses et les ulcères. Elles conviennent aux tempéraments ruinés et au traitement des maladies de poitrine. Nul doute que la faculté exceptionnelle de les prendre en hiver et les délices du climat n'en accroissent et n'en activent les effets.
THERAPEUTIQUE DU CLIMAT DE MCE.
Le séjour de Nice ou de ses environs, par son contraste sous plusieurs rapports avec les pays où la cachexie tuberculeuse est plus fréquente, tendrait à remplir le but qu'on se propose d'atteindre au moyen du climat dans beaucoup de cas, en modiflant favorablement l'état général de l'économie. La présence presque journalière du soleil, la pureté et la sécheresse de l'air, la variété et les agréments que présente la campagne, la société, enjouée sans être bruyante, ne peuvent qu'inûuer d'une manière bienfaisante sur le physique et le moral des malades. L'un des principaux avantages que possèdent les villes de l'Italie en hiver sur celles du Nord est qu'on y peut vivre beaucoup plus en plein air: par ce moyen le système musculaire est exercé, l'équilibre des forces vitales est maintenu, et une concentration vicieuse d'activité vers le cerveau et les viscères abdominaui est
empêchée. La plus grande variété dès impressions qui réclament l'attention pendanl l'exercice au dehors prévient d'ailleuq la prédominance anomale du système sensitif. en donnant un cours (tins libre aux idées. Les fonctions digestives respiratoires et cutanées sont plus actives : le sommeil est plus profond : le bien-être général est mieux senti, et l'on «'vite les nombreux inconvénients (m'entraîne une vie sédentaire dans des climats brumeux.
Une objection a été faite au séjour de Nice, pour les personnes qui ont des poumons délicats, par Fodéré, vu que l'air de la mer, étant imprégné de matières salines, est trop irritant. 11 a été rependant clairement démontré par des expériences que l'air sur les côtes de la Méditerranée, et même à bord des vaisseaux en mer, ne contient pas de matière saline lorsque la mer est calme, comme elle Test presque toujours dans la baie de Nice. Sur les côtes de la Grande-Bretagne et de la France, où la mer est le plus souvent dans un état d'agitation, et où l'air est exposé à l'influence des marées, il en est imprégné jusqu'à un certain point; mais il n'a jamais été prouvé que cette saturation fût nuisible. Au contraire, certaines localités des côtes de l'Angleterre sont considérées comme les meilleures pour les maladies chroniques des poumons.
Le climat de Nice est très-adapté à la plupart des cas de bronchite chronique avec expectoration, surtout chez les personnes âgées, et lorsqu'il n'y a pas de grande tendance inflammatoire. La bronchite sèche, avec beaucoup de susceptibilité des voies aériennes dans les jeunes sujets spécialement, serait au contraire plutôt empirée. L'asthme humide s'y trouverait ordinairement soulagé. Ce qui a été dit d'ailleurs sur le choix des positions peut servir de guide dans les affections des organes respiratoires en général.
Les scrofules étant, comme la cachexie tuberculaire, produites par l'habitation des pays humides, par une ventilation el une alimentation vicieuses, sont, dans la plupart des cas, guéries ou beaucoup améliorées par le climat de Nice, aidé d'un régime et
des médicaments convenables. La sécheresse et le degré d'électricité de l'air impriment un mouvement favorable à la nutrition ot à la sanguification, qui sont généralement si fautives dans celte affection, et tendent à causer la résorption des tumeurs glandulaires. Les positions sur les lignes de la mer devraient être choisies de préférence dans ces cas, à moins de contre-indication spéciale.
Dans quelques affections des voies digestives , le séjour de Nice serait avantageux, surtout lorsqu'elles ont un caractère de faiblesse, ou torpeur avec atonie générale; lorsqu'au contraire ces affections sont marquées par un excès d'irritabilité des viscères, un climat comme Pise, Rome, ou même Pau, convient mieux. Les étrangers , à leur première arrivée à Nice, sont très-sujets à une excitation anomale de ces organes, parce qu'ils n'ont pas assez de soin de régler leur diète, et pèchent souvent en prenant la viande et le vin comme ils feraient dans les pays du Nord. Aces désordres on remédie ordinairement par l'abstinence temporaire et par des moyens simples.
Les mêmes observations peuvent être appliquées à l'hypocondrie, à plusieurs cas de mélancolie et d'autres affections nerveuses, qu'elles soient accompagnées ou non de désordres matériels des organes. Qui ne connaît pas l'influence qu'exercent sur ces malades l'état du temps et les conditions de l'atmosphère? Combien alors doit être bienfaisante une localité qui assure pour la plupart ces circonstances favorables !
Le séjour de Nice conviendrait aussi à plusieurs cas de névralgie; la constitution individuelle, et la nature de la maladie, ainsi que l'expérience de deux ou trois semaines, serviraient de guide pour le choix d'une localité convenable. Rome est ordinairement nuisible dans ces affections.
La goutte et le rhumatisme sont peut-être les maladies dans lesquelles l'influence bienfaisante d'un climat approprié est le mieux sentie. Dans la première, il y a presque toujours une tendance à la stase veineuse, à la congestion viscérale, et à la surexcitation rhénale, tandis que de l'autre côté l'action de la
peau est diminuée. Beaucoup de (fêrsonnes sujettes à la goutte échappent » ses attaques périodiques en passant l'hiver dans âne position qui favorise l'exercice de la promenade, et où l'air, chauffé par le soleil, provoque une circulation et sécrétion plus énergiques des vaisseaux capillaires de la peau, au grand ioulent des organes internes. Ces mêmes influences produisent un effet non moins favorable dans la plupart des rhumatismes, qui sont ordinairement causés par l'action du froid et de l'humidité combinés. Nice est un des meilleurs endroits dans un grand nombre de ces cas, depuis le commencement de novembre jusqu'à mi-févrief. Le choix de l'habitation devrait être réglé d'après les indications individuelles.
Les paralytiques retirent ordinairement un grand avantage du climat; la chaleur du soleil influe d'une manière bienfaisante sur le physique et sur le moral des malades, qui sont moins sujets aux crampes et aux autres symptômes analogues des muscles, dont ils souffrent si fréquemment. Lorsque la paralysie survient à la suite des accès de goutte ou de rhumatisme, de l'exposition à l'humidité, aux émanations marécageuses, etc., on peut s'attendre très-souvent à une guérison complète, par l'influence du climat et des autres moyens appropriés. Comme ces malades sont très-affectés par les vents, les positions abritées devraient être préférées. La Croix-de-Marbre est une des situations les plus favorables.
Docteur Edwin-Lee. Xice et son climat.
TEMPERATURE, PBOPBTETES, MODE D ADMINISTRATION DES EAUX DE HAMMAM-MESKIIOCTIN.
M. F. Lacroix, ancien préfet d'Alger, a fait de visu, à Hammam-Meskhoutin, les observations suivantes :
« La température des sources principales est , à toutes les époques de l'année invariablement, de quatre-vingt-quinze de-
grés centigrades. Ce fait , si remarquable , place Hanimain- Meskhoutin au premier rang des sources thermales; car je ne sache pas qu'il existe en Europe des eaux aussi chaudes. M. le docteur Grellois, étant un jour tombé dans un bassin, lut complètement brûlé de la ceinture aux pieds. Pour avoir un bain de vapeur, il suffit de placer un cabinet au-dessus d'un des principaux jets d'eau bouillante.
« De quelle profondeur viennent les eaux d'IIammam-Meskhoutin? Si Ton admet que leur température résulte non de la présence d'un volcan , mais simplement de la profondeur d'où elles jaillissent, cette question peut recevoir une solution, sinon définitive, du moins approximative et provisoire. On sait, en effet, qu'il a été constaté par des expériences faites au puits de Grenelle par MM. Arago et Walferdin, que la température de la terre s'accroissait en raison directe de la profondeur, et dans la proportion d'un degré par trente-deux métrés. Si l'on reconuaitla rigueur de cette loi de progression (contre laquelle, il faut le dire, se sont inscrits plusieurs physiciens), il sera aisé • le calculer la distance de la nappe souterraine d'où s'échappent les sources en question. De quatre-vingt-quinze, chiffre de la température de ces sources, il faut d'abord retrancher la température constante du sol, qui, dans cette partie de l'Afrique, peut être a priori évaluée à environ quinze degrés; restera donc quatre-vingts à multiplier par trente-deux mètres, ce qui donnera, pour la profondeur totale, deux mille cinq cent soixante mètres, c'est-à-dire plus de la moitié de la hauteur du mont Blanc, et plus du double de celle du Vésuve.
« Les eaux dllarnmam-Meskhoutin répandent une odeur sulfureuse assez forte pour annoncer leur présence à la distance de trois ou quatre cents mètres. Le dégagement du gaz a lien presque entièrement au point ou le liquide surgit du sein de la terre. Du reste, malgré les principes minéraux dont elle est sa« turée, cette eau est parfaitement incolore et sans goût.
« Connue les eaui bien connues de Sainte- Allyre en Auvergne. de \ einii dans l'Yonne, de Carjac dans le Lut. d'Albert «m Pi
cardie, celles d'flammam-Meskhoutm sont incrustantes, c'està-dire qu'elles oui la propriété de recouvrir tous les objets exposés a leur action d'une couche calcaire d'autant plus épaisse* que l'incrustation se l'ail plus prés de la source. Tout ce 4111 trempe dans les ruisseaux, feuilles, brins d'herbe, brandies d'arbres, animaux , détritus quelconques , est presque immédiatement revêtu d'une enveloppe d'un blanc éclatant, et dont chaque jour augmente la solidité. Une semaine suffit pour incruster un nid d'oiseau, de façon que la matière première soit complètement invisible.
« On ne saurait dénombrer les Miurces du plateau d'Hammam- Ifeskhoutin; car, tandis 411e les unes tarissent, d'autres apparaissent à quelque distance. On a constaté Une véritable solidarité entre les fontaines d'un même système, c'est-à-dire que, si l'une diminue d'activité, sa voisine augmente dans la même proportion, tandis que les sources d'un système éloigné et distinct ne subissent pas la même influence.
« Ce qu'il y avait de plus intéressant à constater, c'étaient les propriétés curatives de ces eaux. Des expériences décisives ont été laites : depuis 1 84 i, grâce à l'intelligente sollicitude du général Randon, commandant supérieur de la subdivision de Bone, des militaires malades ont été envoyés à llammam-Meskhoutin et y ont été traités avec un grand succès. Un hôpital temporaire, construit sur la rive gauche du ruisseau d'eau froide, peut contenir quatre-vingts malades. Le docteur Grellois, jeune homme aussi savant que modeste, dirige cet établissement avec une habileté et un dévouement au-dessus de tout éloge.
« Des expériences faites, il résulte que ces eaux thermales sont souveraines contre les engorgements des viscères, conséquencees des lièvres intermittentes (tant il est vrai que la nature place toujours le remède à côté du mal), contre les hydropisies passives, les rhumatismes anciens, les douleurs, les ulcères invétérés, les maladies de la peau, les plaies résultant de blessures (!♦■ langue date, les anémies, la prédominance lymphatique et 1rs abcès scrofùleux. Que bénis soient donc les bains maudits!
« L'établissement est ouvert pendant les mois d'avril, mai et juin. En juillet, la crainte des fièvres en fait fermer les portes. Quand les travaux proposés auront été exécutés, on pourra y recevoir des malades pendant huit mois de Tannée, et il suffira de s'en éloigner pendant les fortes chaleurs.
4 Le zélé ayant suppléé aux ressources matérielles, on a trouvé moyen de rendre aussi complet que possible le traitement par les eaux thermales. Les bains se prennent dans des bassins, ou piscines romaines, remises à neuf. Les douches peuvent s'administrer avec toutes les variétés désirables de puissance et de température. Pour les fumigations, il s'agit tout simplement d'installer le malade dans une guérite au-dessus d'une source. Certains dépôts mous sont utilisés .sous forme de bains de boue ou pour desapplicalions locales. Enfinleseaux sont prisesen boisson.
« Quand il plaira au gouvernement de fonder ici un centre de population et un grand établissement médical, on y trouvera toutes les ressources désirables : d'abord un plateau admirablement situé, et qui semble avoir été créé tout exprés; pour les constructions, la pierre, la chaux, le calcaire en abondance, le bois de chêne dans les montagnes voisines; pour l'agriculture, des terres arables d'excellente qualité, un sol propre à la culture du coton, du tabac, du nopal, du sésame, une grande puissance de végétation; sur les coteaux, composés de détritus de calcaires, de marnes et de grés, un terrain favorable à la vigne, au mûrier, à l'olivier, au figuier, au grenadier. »
L'HYDROTHERAPIE l
L'hydrothérapie, c'est la jeunesse jouant comme les fées de Walter Scott au milieu des lacs et des cascades; c'est la santé
1 L'examen des propriétés médicales îles eaux serait forcément incomplet si nous ne parlions |»a^ d'one médication qui, bien que récente,
bercée sur les eaux, comme Vénus Anadyoméne qu'entoure un cortège de Grâces el d'Amours.
Il y a dix ans. il n'y avait là, disait-on, qu'une rêverie aile— mande. Tins tard, on a dit une réalité barbare. Plus lard encore, une recette empirique, dangereuse par Bes succès mêmes.
— Aujourd'hui, comme les villes nui se sont disputé le berceau d'Homère, divers médecins revendiquent, l'un, l'honneur d'avoir adopté le premier cette puissante thérapeutique, l'autre, de l'avoir introduite en France Aucun n'est plus fondé que l'illustre et regrettable Récamier, qui se vantait, à bon droit, d'avoir inauguré la nouvelle doctrine de sa propre idée dés 182G, précisément la même année où Priessnitz en faisait les premiers essais en Allemagne. Enfin le dernier venu se complaît à croire qu'il a, avant ses aines, rêvé, ouï parler, parlé même de la chose; en tout cas, il prétend être le premier et le seul à comprendre rationnellement le système.
Dans ce zélé et cette rivalité, qu'ont à voir les profanes, sinon beaucoup d'honneur et un beau triomphe... pour l'eau froide?
Comment l'eau froide peut-elle opérer les merveilles qui lui concilient les tendresses de la docte Facuité, cette sévère gardienne du dépôt de la science, cette douanière intraitable vis-àvis des importations douteuses, sourde à l'homœopathie, au magnétisme, à tous les arcanes, à toutes les propriétés miraculeuses qui éclosent chaque matin dans le champ de la presse?
— La Faculté a analysé et compris ces effets de l'eau méthodiquement employée, tout étranges qu'ils paraissent aux yeux du monde. Ces effets ont été déjà expliqués par divers médecins: en France, MM. Scoutetten, Schedel, James; M. le professeur Gibert, dans un savant rapport à l'Académie de médecine; enfin les chefs de quelques établissements hydrothérapiques français.
a su déjà conquérir l'approbation des savants et l'attention du publie. Nous voulons parler de l'hydrothérapie ou du traitement des maladies par Peau froide. L'article suivant, dû à M. le docteur Graftin, nous paraît assez intéressant pour trouver place ici.
Notre tâche n'est point de présenter ici l'ensemble de ces théories ni aucune d'elles. Les médecins sont édifiés sur ce chapitre; le monde a autre chose à faire que d'étudier la pathologie et la thérapeutique avec tout ce qui relie ces deux termes. Aussi nous bornerons-nous à un court passage emprunté à M. le docteur Guettet, afin d'amener le lecteur, par cette voie de persuasion, à la confiance où il est sage de se tenir en face de tout objet élevé, dés que, impuissants à le connaître par nousmêmes, nous avons la certitude de sa valeur et de son contrôle au creuset de la science:
« Ce n'est pas d'aujourd'hui que le public sait qu'une application prolongée de la glace ou de la neige resserre nos tissus, engourdit nos organes, et peut aller jusqu'à les détruire, comme il arrive dans les expéditions militaires au milieu des neiges; tandis qu'une application autrement faite nous réchauffe, rougit notre peau, nous rend insensibles à l'action ultérieure du froid. C'est ainsi que beaucoup de personnes ont le bon esprit de se garantir de la sensation d'un air glacé en se frottant le visage, dés le matin, avec la neige; et c'est ainsi encore que les enfants, après avoir touché ce corps quelques minutes, continuent à le manier, le façonnent en boule des heures entières, en s'échauffant de plus en plus.
« Au moyen d'un seul agent, l'eau froide, le médecin hydrothérapeute dispose à son gré de Yexcitation et de la sédation. En dirigeant convenablement ces deux phénomènes physiologiques, il est peu d'organes qu'il ne puisse atteindre directement ou médiatement, peu d'actes fonctionnels qu'il ne puisse exalter ou déprimer. De là la dérivation, la révulsion; de là des changements dans le mouvement des fluides de l'économie, changements calculés quant à l'étendue, dirigés quant au lieu. Si vous amenez l'excitation sur un point, et la sédation sur le point opposé; si les agents que vous employez dans l'un comme dans l'autre sens sont énergiques, il sera difficile que les phénomènes résistent à cette direction artificielle. Si vous opérez une soustraction brusque ci considérable du calorique, de manière
à amener d'utiles perturbations; c'est-à-dire si. dans une organisation délicate, enrayée par la fausse position d'un rou d'une pièce quelconque, vous produisez une secousse bi«-n eombinée, vous pouvez de ce seul coup annihiler l'obstacle et finir les effets anomaux. Si enfin à l'homme de l'art, qui manie tout le jour et tous les jours un même agent, on accorde à la fin une aisance à le bien manier, on comprendra que beaucoup de cures soient rationnellement entre les mains du médecin disciple tout à la l*<»is de Bichat et de Priessnitz. s
Le même auteur dit ailleurs :
« Dans la sudation que nous provoquons, à la manière de Priessnitz, le calorique accumulé à la périphérie dilate les pores el lait passer abondamment la sueur. 11 se passe là des actions physiologiques remarquables, parmi lesquelles une expansion centrifuge îles fluides et un renouvellement louable des humeurs. Dans cet état, le mouvement général de la circulation n*est point accéléré. Si donc on immerge subitement le corps dans l'eau froide, il y a bien arrêt subit de la transpiration et ralentissement de la circulation périphérique, mais point de choc en retour, comme cela arrive dans les immersions froides à la suite d'un violent exercice. Dans ce dernier cas, le sang violemment lancé par le cœur et par la systole consécutive des artères, trouvant rétrécie, obstruée, sa voie dans les vaisseaux de la périphérie, étant en outre refoulé par le reflux que produit la constriction des tissus, pénètre partout, où la trame cède, envahit les muqueuses, les séreuses, les organes parenchymateux; y produit rhyperhémie et l'inflammation elle-même, là où des prédispositions la favorisent. Enfin la durée du bain hydrothérapique se compte par minutes et secondes, ce qui est d'un effet tout autre que ces immersions qui tuent par un refroidissement continu, sans permettre de réaction calorifique. »
L'emploi méthodique do frokl rend la santé à ceux qui l'ont perdue et la fortifie chez ceux qui en jouissent, ou chez ceux qui, sans être malades, sont dans un état de faiblesse et de langueur, ou bien dans l'occasion prochaine de la maladie par
cause d'une constitution altérée ou d'une cachexie, comme la scrofule, les dartres, le scorbut, etc. Il serait long d'énumérer toutes les affections qui ont été traitées avec un succès inespéré par cette méthode; mais, pour ne parler que des genres dans lesquels elle offre une merveille qu'on peut dire incessante, nous nommerons les rhumatismes, la goutte, les affections des voies digestives, les fièvres, entre autres la fièvre typhoïde, beaucoup de névroses, les affections cutanées. Certains états où il y a infection du sang, soit par des virus, soit par des miasmes, ont été traités fort avantageusement par l'hydrothérapie.
L'hydrothérapie, si l'on en juge par sa prospérité sur le premier théâtre de ses merveilles et par sa langueur dans les lieux où les conditions extérieures sont autres, ne donnerait ses fruits qu'en des régions privilégiées, et qu'aux mortels assez courageux pour mépriser la peine, assez forts pour s'arracher quelque temps cà leurs habitudes, à leur foyer, à leurs occupations, au milieu qui produit ou entretient leur mal ; assez entreprenants pour braver l'inclémence des saisons ou l'âpreté des climats. Jugez-en par deux échantillons.
Gnefenberg, le berceau de l'hydrothérapie, est situé à dixhuit cents pieds au-dessus de la mer, dans les montagnes de la Silésie, où les neiges durent sept mois de l'année, et l'hiver neuf mois. Là, sans doute, il est pittoresque de voir hommes et femmes botlés jusqu'aux hanches, marcher en caravanes sous les dômes d'une immense forêt de sapins, ou gravir la montagne. Ce serait là un plaisir assez piquant pour plusieurs de nos amazones. Mais y feraient-elles un bail de trois, six ou neuf mois comme leurs sœurs des pays slaves et germains? Et les élégants du boulevard des Italiens trouveraient-ils réconfortant, après l'exercice que je viens de dire, l'usage, à l'intérieur connu»- à l'extérieur, de l'eau la plus fraîche du monde, mais sans le plus petit mélange de bordeaux ni de mâcon? Trouveraient-ils suffisants quatre degrés ou huit au plus de chaleur centigrades, ruisselant mu- la peau, pour émoustiller leurs facultés sensitîyes? — Eh! que dis-je? oui, les femmes délicates et mourantes, les