HOTES
grands seigneurs, les princes, uni accepté ce régime, et ne l'ont pas trouvé trop dur au prix de la santé qu'il leur a rendue...
Saint-Seine, en France, entre la Suisse et Paris, ne s'éf pas si liant à travers les sommets aériens. L'écho n'y renvoie
pas à vos oreilles le conflit des consonnes tudesques; l'hiver n'y est rigoureux que trois â quatre mois, les automnes y sont magnifiques. Et, toutefois, ce lieu n'esl que il»' cent métrés au-
dessous de la hauteur de Gnrfenberg; on l'appelle, les uns, Suisse bourguignonne, les autres, Sibérie delà Bourgogne, ce qui n'annonce pas une température napolitaine, ni les printemps éternels de -Nice. Là, comme à Graefenberg, vous gagnerez la santé à la sueur de votre front. Là, nageant dans les sources les plus pures de France, vous serez tenu de conquérir, sur leur température à huit degrés et sur l'atmosphère piquante des montagnes, la chaleur qui doit réveiller votre vie languissante. Là, vous tonitierez cette débilité qui vous fait frissonner à l'idée seule du froid, et une prompte vigueur dans vos organes condensera en sang et en chair l'air si riche de ces régions. Là... je pourrais parler de jolies promenades, de paysages délicieux, de sources et de rochers; puis de la Saône et puis de la Seine, que l'hydropathe saint-seinois visite et goûte Lune et l'autre à vingt minutes de distance... Mais, j'en conviens, tous ces agréments dans le domaine dePriessnitz ne sont point des délices à la seule condition de jouir. A plus t.ird la jouissance entière. Tour aujourd'hui, voyez sous ces fleurs, toutes vraies qu'elles sont, une autre vérité plus grave; un appel à votre force morale en face d'une médication énergique, à votre raison en faveur de l'hygiène, à vos jambes en faveur de l'exercice : le tout loin des causes détériorantes qui ont altéré vos fonctions et vos organes. Quand le médecin verse des douceurs dans la coupe, c'est qu'il y a quelque amertume dans la boisson. Mais, s'il vous guérit, buvez
Gnrfenberg, le pins froid, le mieux abreuvé, le plus isolé h le plus rigoureux de tons les établissements du inonde, a fourni
à Priessnitz, son habile créateur, l'instrument le plus parfait pour ce genre de curation.
Saint-Seine, le plus froid, le plus riche en air et en eau, le plus isolé et le plus austère de tous les établissements de France, vous frappe depuis quelques années par sa renommée en France, et est devenu le type d'une maison de ce genre.
Concluez : le temple de l'eau froide est-il un foyer d'Opéra? ou bien est-ce une de ces Sirtes qu'on rencontre sur la mer du monde et ou le passager laisse sombrer le temps, l'or et la santé qui l'embarrassent? L'hydrothérapie est elle une baguette qu'on trempe d'un bout dans Feau et qui guérit ceux qu'elle touche?...
Est-ce rendre un service à Madame que de lui persuader que l'hydrothérapie la guérira, au milieu du monde et des affaires?
Monsieur est-il fondé à se plaindre de l'hydrothérapie, quand il reste malade après avoir été touché delà baguette trempée dans l'eau?
Il serait dur pourtant de finir sans vous rassurer, mesdames, sur le chapitre de la toilette, sur certains amusements bien vus par l'hygiène, sur la vie du monde enfin, dans une limite assez large encore pour être fort agréable. >'ous avons vu en Allemagne, et dans les établissements importants de France, ces usages en vigueur à tel point, que, par le mouvement et la bonne humeur qui régnent en ces lieux, un étranger est loin •le deviner une réunion de malades. Et, toutefois, il faut être sérieusement atteint pour y venir subir une hygiène et un traitement comme nous les avons signalés. A Saint-Seine, la plus sévère de ces maisons, la toilette est générale au repas du villa soirée est animée par la musique et par divers jeux; la joie (h- l'esprit naît du rétablissement du corps. Diane et Axéthuse, après avoir été les guides du jour, sont encore la le soir pour animer les chœurs. La forci' et 1rs grâces oui trouvé le secret de fixer la jeunesse, qu'elles enchaînent au milieu des fleurs. — En vérité, les choses en sont au point de transformer en
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réalité ces idylles du style mythologique. Louis XIV coucha plusieurs fois à Saint-Seine, qui était alors une abbaye royale, comme l'atteste la bague, que pqrtaienl des abbés grefcds seigneursj tels que les princes « l * - Conti et le cardinal de Mazariu. Le grand roi en eût fait Versailles s'il eût connu la propriété hvdrothérapique des sources dont il travail et dej montagnes qu'il parcourait. Car on comprend que la machine de Marly ne puisse remplacer la plus importante de ces admirables conditions.
SOURCES M1HKRALES DE Là FRANCE.
La France compte plus de mille sources thermales, sur lesquelles soixante-dix-sept seulement sont fréquentées par les malades et les étrangers; six établissements thermaux appartiennent à l'État; vingt-quatre sont la propriété des communes ou des hospices: quarante-sept, celle des particuliers. (Document ofticiel cité par MM. Magnitot et Delamarre, Dictionnaire du droit public et administratif, t. I, p. -481.)
M. Isidore Bourdon, dans son Guide aux eaux minérales, s'éloigne un peu de cette statistique. « Nous avons dans le royaume, dit-il, disséminées dans quarante départements, et composant à peu près trois cents sources distinctes, environ quatre-vingts eaux plus ou moins renommées, que le gouvernement fait inspecter en son nom, quoique l'Etat n'en possède que huit en toute propriété... Quant aux communes, elles en possèdent en tout environ quarante-quatre, et les particuliers trente-cinq; total, soixante-dix-neuf, nombre des eaux reconnues par le gouvernement. »
Les médecins-inspecteurs sont tenus d'adresser annuellement un rapport au minisire de l'agriculture et du commerce; les règles qui doivent présider à la rédaction de ce rapport sont contenues dans une instruction rédigée par l'Académie natio-
nale de médecine. L'instruction actuelle, qui date de 1850, n'est plus à la hauteur de la science : le ministre Ta compris et a demandé une nouvelle instruction à l'Académie.
Celle-ci a chargé la commission des eaux minérales d'étudier la question; et M. Isidore Bourdon, son rapporteur, a lu un travail remarquable sur ce sujet, dans la séance du 15 février 1849.
La question des eaux minérales n'avait été envisagée jusqu'à ce jour qu'au point de vue médical. La commission pense que le gouvernement doit appeler l'attention des médecins-inspecteurs sur les propriétés physiques et chimiques des eaux, et M. Isidore Bourdon dresse à cet égard des tableaux complets que les médecins-inspecteurs devront remplir dans leurs rapports annuels. Ces tableaux, qui embrassent la question des eaux minérales sous toutes ses faces, ne peuvent trouver place ici, et nous renvoyons aux Bulletins de l 'Académie nationale de médecine, t. XIV, p. 490, ainsi qu'au Rapport de M. Pâtissier, sur les eaux minérales considérées au point de vue de V assistance publique, mêmes Bulletins, t. XV, pag. 117.
Annuaire médical et thérapeutique de la France, par le docteur F. Roubaud.