‹ La Vie Des ImagesChapitre 105 sur 155 · ACER · texte numérisé non relu

ACER

Cp LEE LE EL S of ©

Fig. 308. — DU SYMBOLISME AU RÉALISME. La première iconographie chrétienne, celle des catacombes et des sarcophages, était de nature toute symbolique. Aucune de ces images peintes ou sculptées ne prétend représenter un événement réel. Sur ce SARCOPHAGE DU LATRAN, dit THÉOLOGIQUE en raison de sa richesse dogmatique, tant de figures juxtaposées ne sont pas les acteurs d'un drame, mais des signes à interpréter. Au centre, deux portraits, les chrétiens endormis dans le tombeau et dont toutes ces images traduisent la pensée. On reconnaît aisément la création d'Adam et d'Ëve, Eve et le Serpent ; l'eau changée en vin, la multiplication des pains, la Résurrection de Lazare; l'adoration des Mages ; la guérison de l'aveugle ; Daniel dans la fosse aux lions; saint Pierre et le coq; la fontaine de Moïse. Autant d'affirmations de la foi du chrétien ; il accepte le dogme du péché originel ; il reconnaît la divinité de celui qui apporte la vie ; qui est le roi des rois ; qui sauve Daniel, etc. Le désordre même de ces épisodes, ou tout au moins le dédain de toute chronologie, prouve suffisamment que l’art ne cherche pas à raconter une histoire, à reconstituer une biographie. Il ne faut reconnaître ici que des professions de foi. Mais la sculpture est d'essence

réaliste ; elle fait croire à une réalité; et de telles images en matérialisant les idées doivent fatalement inspirer des récits.

GHAPIFRE, VIII

Page 1