Voir p
Bissera de B à C (pièce triangulaire de bois) grâce à ne nouvelle qualité c } commune à B et C (forme trianulairè). D'où le schème suivant :
N a Ah in* e cd
C'est ainsi que, par une série d'oublis consécutifs et ar une autre série de caractères communs, toilette, près avoir signifié petite toile , et spécialement petite oile blanche qui recouvre un lavabo, désigne le lavabo, 'ensemble des objets servant à la parure, la paure, etc. Bureau , étoffe de bure, de gros drap vert, Lésigne la table de travail couverte de cette étoffe, .out meuble de travail d'écriture, la salle où se .rouvent ces meubles, les gens qui se tiennent dans la salle, etc. Roman veut dire au moyen âge composition en langue romane, c'est-à-dire en français, et spécialement, comme les compositions le plus en honneur sont les chansons de geste, il prend le sens de chanson de geste. A la fin du moyen âge, il veut dire successivement chanson de geste mise en prose (roman de chevalerie), histoire en prose de quelques grandes aventures imaginaires, puis histoire en prose de quelques aventures inventées à plaisir, et finalement récit inventé à plaisir. Qu'on aille retrouver dans cette dernière évolution de sens la poésie écrite en roman !
Dans un caractère ombrageux, qui reconnaîtrait l'origine (ombrage), si l'on ne trouvait le trait intermé-
diaire, cheval ombrageux, qui voit son ombre et en i peur? Quel rapport y a-t-il entre le ramage d'un enfan et un rameau (ramas) ? le souvenir des oiseaux gazouil lant dans la ramée 1 .
§ 39. Les caractères b, c, d, e, etc., qui font passer 1< nom N successivement aux objets B y C y D, E, F, etc. sont quelconques, et le plus souvent ne présentent au
\. Voici encore quelques exemples :
Banal : 1° qui appartient au ban, au territoire où le seigneui fait proclamer les bans ou édits : territoire banal; 2° qui est établi dans le ban : four, moulin banal , four, moulin du ban, oi tous les gens du village devaient aller faire moudre ou faire cuire leur farine ; 3° objet banal, qui est a la disposition de tous ; 4° pensées banales, que tous répètent et qui sont sans originalité.
Cadeau ; 1° enjolivement de lettres (consistant en traits d< plume); 2° amusement; 3° divertissement donné en l'honneu d'une personne ; 4° présent donné & une personne.
Fermer : 1° fixer, rendre ferme (lat. firmare) ; 2° fixer le battai d'une porte contre le poteau; 3° clore.
Fol, fou : 1° soufflet (en lat. vulgaire follem) ; 2° qui grims en gonflant la bouche ; 3° insensé, fou.
Gagner: 1° (en vieux français) faire paître (cf. gagnage, gain, etc.) ; 2° diriger une exploitation rurale ; 3° récolter, t ? des bénéfices; 4° acquérir, d'où la suite de tous les sem gurés.
Galetas : 1° palais à la Corne d'or à Constantinople (Gala 2° aile d'un château; 3° étage supérieur d'une cour; 4° gre
Grève : 1° sable au bord de la rivière (cf. grav-ier, grav- 2° spécialement à Paris, la place de THÔtel-de- Ville (au bo la Seine); 3° plus spécialement faire grève, se tenir sur la de Grève, en Grève, se disait des ouvriers sans travail attendaient pour être embauchés ; 4° par extension, faire refuser de travailler ; d'où : les grèves des ouvriers, une in ruinée par les grèves.
Grivois: 1° soldat de troupes allemandes qui se servf grivoises (tabatières à râpes à tabac); 2° soldat aux n
m rapport entre eux. Etant indifférents, ils peuvent re contradictoires et amener des bizarreries qui ne >nt qu'apparentes. Nous avons cité précédemment teval ferré d'argent, pavé en bois. Il y a, ce semble, mtradiction entre ferré et argent, entre pavé et bois. ais, en fait, ferré ne signifie plus garni de fer, mais axni d'un objet de forme spéciale (qu'on appelle tou-
rossières et lestes (comme ces soldats allemands); 3° individu .ux manières, au langage leste, indécent; 4° qui a quelque taose de leste et d'indécent.
Losange : 1° (dérivé du vieux français los) louange; 2° devise (a la gloire du seigneur) peinte ou gravée sur les armoiries dans un encadrement rhomboïdal; 3° la figure géométrique dite rhombe; — comparez le provençal lauza : 1° louange ; 2° inscription funéraire (à la gloire du défunt); 3° pierre tombale ; 4° dalle d'église; 5° pierre plate.
Lubrique: 1° en latin classique, lubricus, glissant; 2° dans le latin ecclésiastique, périlleux au point de vue des mœurs, sens dans lequel le mot, par formation savante, pénètre en français :
Et tous ces lieux communs de morale lubrique Que Lulli réchauffa des feux de sa musique.
(Boileau, sat. x.)
3°, de nos jours, qui est d'une sensualité immonde.
Plume : 1° plume de l'oiseau ; 2° plume (d'oie) servant à écrire ; 3° pièce métallique servant à écrire.
Potence: i° puissance, appui ; 2° béquille ; 3° gibet (en forme de ^quille).
Poulaine : 1° Pologne ; 2° chaussure (en pointe) faite de peau de Pologne; 3° saillie en pointe, construction de planches sur lavant d'un navire où sont les latrines.
Rôle: 1° rouleau ; 2° chose écrite sur un rouleau de parchemin 0,1 de papier; 3° partie d'une pièce dramatique écrite sur un r ^e et que doit réciter un acteur; 4° part d'un personnage agis- SaQ t dans une affaire.
Rubrique : i° terre rouge ; 2° encre rouge ; 3° titre de chapitre à e ucre rouge.
jours fer à cheval, mais où l'idée de fer a disparu). Pavé n'indique plus la pierre qui le constitue, mais toute masse dure et compacte qui sert à couvrir la chaussée.
Autres exemples : cadran, chasser.
Quelle est l'étymologie de cadran? le latin quadrantem, surface rectangulaire; or nos cadrans sont circvr laires.
D'où vient chasser? du latin populaire captiare, chercher à prendre. Or, on chasse un importun, on chasse un mauvais domestique pour s'en débarrasser.
Là non plus, il n'existe aucune contradiction dans la pensée.
Les premiers cadrans ont été des cadrans solaires à surface rectangulaire; on les a dénommés par un caractère secondaire, la forme géométrique de la surface. Puis on a oublié le sens étymologique, et cadran a signifié surface qui porte indication des heures. Quand les horloges, les pendules, etc., entrèrent dans l'usage général, on appliqua à la surface émaillée indicatrice des heures le nom de cadran; le hasard veut que cette surface soit circulaire; mais la langue ne voyait plus dans le mot la forme géométrique.
Entre chasser le cerf, le gibier, et chasser un importun, se place comme expression intermédiaire chasser Vennemi, qu'on cherche soit à prendre comme le gibier, soit à faire fuir comme l'importun.
§ 40. Le plus souvent le rayonnement et l'enchaînement sont mêlés et confondus.
On pourrait donner de ce mélange le schème idéal suivant , très clair, malgré sa complexité apparente, après les explications précédentes :
G**Ma. I*> J*K* IcMeNeO? ,/z*. MT ÎJtm—> »*S—
Tl
Le nom N passera successivement, par divers embranchements, de l'objet A à tous les objets B, C, D, E, F, G, H, I, J,K, L, M, N, 0, P, Q, R, S, T y U, etc.
Soit par exemple le mot timbre. Ouvrons le dictionnaire de Littré ; nous trouverons pour ce mot les significations et classifications suivantes :
1° Timbre d'un tambour, corde à boyau tendue en double sur le fond inférieur d'un tambour pour le faire mieux résonner.
2° Cloche sans battant, qui est frappée en dehors par un marteau.
3° Son que rend le timbre.
4° Qualité sonore d'une voix, d'un instrument.
5° Caractère d'un son indépendamment de son rang dans l'échelle, caractère tenant à des'sons harmoniques qui coexistent avec le son fondamental.
6° Premier vers d'un vaudeville connu, qu'on écrit au-
dessus d'un vaudeville parodié pour indiquer sur quel air ce dernier doit être chanté.
7° Marque imprimée sur le papier, que la loi rend obligatoire pour les actes et pour certaines impressions.
8° Marque particulière que chaque bureau de poste imprime sur les lettres, indiquant le lieu et le jour du départ pour celles qui parlent, et le lieu et le jour de l'arrivée pour celles qui arrivent.
9° Timbre-poste. *
10° Terme de construction. Dans un mémoire de travaux , résultat des quantités trouvées par le calcul , et que l'on porte en regard de chaque article, en mettant au-dessus de ces chiffres la nature des travaux auxquels ils appartiennent.
11° Partie arrondie du casque qui s'applique sur la tête.
12° Tout ornement placé sur le sommet de l'écu des armoiries et servant à désigner la qualité de la personne qui le porte : tiare, chapeau rouge, mitre et crosse, mortier et heaume.
Classons ces sens dans Tordre des développements, et nous aurons timbre (N), du latin populaire tympanu limbanu, tambour (A). Tambour par voie d'enchaînement donne : corde à boyau qui résonne dans le tambour (B) et de là, par l'idée de résonnance , cloche sans battant que frappe un marteau en dehors (C). Ici, le sens se partage. Dans cette cloche on saisit d'un côté le son, de l'autre la forme arrondie.
Suivons la première division, le son de la cloche;
de là, par enchaînement, qualité sonore du son (Z>), d'où, par rayonnement: 1° caractère physique des sons, combinaison des harmoniques avec le son fondamental (jE); 2° vers d'un vaudeville connu qu'on met en tête d'une chanson pour en indiquer Tair {F). Voilà la première série épuisée.
Arrivons à la seconde. La forme arrondie du timbre entraînera la partie arrondie du casque (G), qui amènera les ornements de cette partie (77), caractéristique de la noblesse. Ces ornements appelleront la marque officielle imposée par l'administration sur certains papiers (7). De là: a) bureau de timbre (J), b) instrument à timbrer (K), c) timbre-poste et timbre-quittance [L, M). Enfin le chiffre représentatif se rattachera au timbre officiel (TV) 1 . De là le schème suivant :
cOd
M iS iLj
1. Exemple tiré du Dictionnaire général de la langue française de MM. Ad. Hatzfeld et A. Darmesteter.